Le Serendipity est né au Bar Hemingway de l'hôtel Ritz à Paris, sous la main de Colin Field, qui l'a publié dans son propre recueil de cocktails de la maison. C'est l'une des rares créations contemporaines à s'être installée durablement dans le répertoire, et elle le doit à une idée simple : traiter le calvados comme on traite le rhum blanc.
L'intuition est bonne. Un calvados jeune est un distillat de fruit vif, légèrement acide, qui supporte très bien la glace pilée, la menthe et un allongement généreux — exactement ce qu'on demande à un rhum agricole dans un mojito. Ce qui l'en distingue, c'est le champagne à la place de l'eau gazeuse, qui apporte de la tension et une trame de vin sous le fruit.
C'est un verre de fête qui ne pèse pas. Sur une table de réveillon, après deux heures de champagne nature, un long drink glacé à la menthe fait un bien considérable, et il se sert aussi bien en fin de repas qu'en début de soirée.
La pomme, enfin, est un fruit de saison exactement quand on en a besoin. Les variétés de garde donnent leur meilleur jus entre novembre et février, et c'est à ce moment-là que ce cocktail est le plus juste.








