Le vin chaud est la boisson la plus recherchée de l'hiver français, et probablement la plus mal faite. Sa réputation de recette impossible à rater lui a coûté cher : on jette dans une casserole ce qui reste d'un rouge dont personne ne voulait, on porte à ébullition, et on s'étonne du résultat.
Or il n'y a que deux décisions dans cette recette, et elles se prennent avant même d'ouvrir le placard à épices : quel vin, et à quelle température. Le reste — la cannelle, le girofle, l'orange — se dose au goût et se rattrape toujours. Ces deux-là, non.
Son usage a peu changé : on le boit debout, dehors ou près du feu, et il se sert dans un verre à anse ou une tasse épaisse plutôt que dans un verre à pied fin, qui ne tient ni la chaleur ni la main. En Dordogne on le fait plutôt à la cannelle et à l'orange, là où les Allemands y ajoutent une badiane et les Nordiques de la cardamome.









