La Última Palabra est née en 2007 derrière le bar du Death & Co, à New York, sous la main de Phil Ward. Le principe tient en une substitution : reprendre le Last Word — publié en 1951 par Ted Saucier dans Bottoms Up!, mais servi au Detroit Athletic Club dès les années 1920 — et remplacer le gin par du mezcal. Le nom espagnol dit la même chose que l'anglais, et la construction ne bouge pas d'un millimètre : quatre volumes égaux.
Ce qui rend l'échange convaincant, c'est que la fumée d'agave et l'amertume alpine de la Chartreuse verte travaillent sur le même registre — végétal, résineux, un peu médicinal. Là où le gin apportait du genièvre sec, le mezcal apporte de la cendre et de la terre cuite, et la liqueur de marasquin pose dessus une note d'amande et de noyau qui empêche l'ensemble de tourner à l'infusion de plantes.
La même construction circule dans les bars sous un second nom, Closing Argument. Les deux désignent aujourd'hui le même verre : l'usage n'a jamais tranché, et il n'y a pas lieu de le faire à sa place.
C'est un verre d'ouverture de soirée, court et frontal, servi glacé sans glace. À l'automne, il remplace un apéritif sucré sans peine : sa fraîcheur vient de l'acidité du citron vert autant que du froid, et il tient devant une planche de charcuterie ou des olives grillées.





