Última Palabra en coupe de cristal sur un comptoir de marbre près d'une fenêtre à petits carreaux, robe vert pâle, zeste de citron vert

Cocktail · Au shaker, double filtrage

Última Palabra : le Last Word au mezcal

Le Last Word passé au mezcal : quatre ingrédients à parts égales, une amertume herbacée qui tient tête à la fumée d'agave, et un verre monté au shaker en trois minutes.

  • Préparation : 3 min
  • Verre : Coupette placée au congélateur
  • Glace : Cubes pleins au shaker, servi sans glace dans le verre
  • Au shaker, double filtrage
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

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Ustensiles

  • shaker
  • passoire à cocktail
  • passoire fine (double filtrage : le citron vert laisse de la pulpe)
  • verre doseur gradué (les parts égales ne pardonnent pas l'à-peu-près)
  • économe

La méthode

Les proportions sont canoniques : quatre volumes rigoureusement égaux, 2,25 cl chacun. C'est la forme sous laquelle la recette a été publiée et c'est celle qu'on trouve partout dans la littérature de bar. Toute la difficulté est là : à parts égales, un demi-centilitre de trop se voit immédiatement.

Dosez au verre gradué, jamais à l'œil. La Chartreuse verte titre haut et couvre vite ; le marasquin est le plus sucré des quatre et devient collant dès qu'il dépasse.

La dilution est courte. Douze à quinze secondes de shaker avec de gros cubes pleins suffisent : le verre est déjà riche en liqueurs, il n'a pas besoin d'eau supplémentaire pour s'ouvrir. Un shaker prolongé donne un cocktail mou où la fumée disparaît la première.

Double filtrage obligatoire. Le verre se sert sans glace : les éclats issus du shaker continueraient de fondre dans la coupette et casseraient l'équilibre au bout de deux gorgées.

Préparation pas à pas

  1. Glacer la coupette 10 min

    Placez la coupette au congélateur, ou remplissez-la de glace et d'eau pendant que vous préparez le reste. Un verre tiède ruine un cocktail servi sans glace.

  2. Doser au verre gradué 1 min

    Versez 2,25 cl de chacun des quatre ingrédients : mezcal, Chartreuse verte, marasquin, jus de citron vert. L'équilibre tient à cette égalité.

  3. Shaker court et franc 15 s

    Remplissez le shaker de gros cubes pleins et secouez douze à quinze secondes, jusqu'à ce que la paroi givre. Pas davantage : la dilution est déjà comptée dans la recette.

  4. Double filtrage 20 s

    Videz la coupette, puis versez à travers la passoire à cocktail et la passoire fine. Le verre doit être trouble mais sans éclats de glace ni pulpe.

  5. Zester et servir 20 s

    Prélevez un large ruban de zeste de citron vert, pressez-le au-dessus du verre côté peau pour projeter les huiles, posez-le sur le bord. Servez aussitôt.

Le conseil du caviste

Le réflexe, quand on découvre ce verre, est de sortir son plus beau mezcal. C'est l'erreur. Un agave sauvage — tobalá, jabalí — a un dessin aromatique fin, presque floral, qui n'a aucune chance de traverser trois liqueurs et un jus d'agrume : vous payez cher un détail que personne ne goûtera. Gardez-le pour la dégustation pure.

Ce qu'il faut ici, c'est un espadín joven de cuisson artisanale, franc et fumé, avec assez d'épaule pour se faire entendre. C'est le seul des quatre ingrédients qu'on peut choisir : les trois autres sont des produits d'une seule maison chacun, sans alternative réelle.

Dernière chose sur le citron vert. Pressez-le au moment, et ne jetez pas la peau : le ruban de zeste que vous passez au-dessus du verre change la première gorgée plus sûrement que le dernier centilitre de mezcal.

Dépannage

La Chartreuse écrase tout, on ne sent plus l'agave

C'est presque toujours un mezcal trop discret. Prenez un espadín artisanal plutôt qu'un agave industriel, ou descendez la Chartreuse à 2 cl en gardant le reste à 2,25 cl.

Le verre est écœurant, sirupeux en finale

Le marasquin employé est un sirop de cerise et non une liqueur sèche. À défaut d'en changer, réduisez-le à 1,5 cl et remontez le citron vert à 2,5 cl.

Le cocktail est aqueux et sans relief

Shaker trop long ou glace en petits cubes creux. Douze à quinze secondes avec de gros cubes pleins, pas plus.

Des paillettes de glace flottent en surface

Le double filtrage a été sauté. La passoire fine n'est pas décorative sur un verre servi sans glace.

Variantes

Closing Argument

Le même verre sous un autre nom, entré dans les cartes au début des années 2010. La construction ne change pas ; seule l'attribution diffère selon les sources.

Golden Argument

Chartreuse jaune à la place de la verte : moins de puissance herbacée, plus de miel et de safran. Un verre plus rond, plus facile pour qui découvre le mezcal.

Final Ward

L'autre déclinaison de Phil Ward : whisky de seigle à la place du mezcal, citron jaune à la place du citron vert. Plus épicé, plus sec, tout aussi équilibré.

Naked and Famous

On garde le mezcal et le citron vert, on remplace la Chartreuse verte par de la jaune et le marasquin par un apéritif amer orangé. Plus léger en degré, plus amer en finale.

Questions fréquentes

Quelle différence entre la Última Palabra et le Last Word ?

Un seul ingrédient : le Last Word est au gin, la Última Palabra au mezcal. Les trois autres volumes — Chartreuse verte, marasquin, citron vert — et les proportions à parts égales sont identiques.

Peut-on remplacer la Chartreuse verte par la jaune ?

Oui, mais ce n'est plus la même recette : la jaune est plus douce et plus miellée, elle donne un verre appelé Golden Argument. La verte apporte l'amertume résineuse qui répond à la fumée du mezcal.

Quel mezcal choisir pour un cocktail au citron vert ?

Un espadín joven, non vieilli en fût. Les agaves sauvages type tobalá ou jabalí ont des arômes trop fins pour être noyés dans trois autres ingrédients : on les garde pour la dégustation pure.

Faut-il shaker ou remuer la Última Palabra ?

Au shaker. Le jus de citron vert impose l'agitation : un cocktail qui contient du jus d'agrume ne se remue jamais à la cuillère, il resterait plat et mal mélangé.

La Última Palabra est née en 2007 derrière le bar du Death & Co, à New York, sous la main de Phil Ward. Le principe tient en une substitution : reprendre le Last Word — publié en 1951 par Ted Saucier dans Bottoms Up!, mais servi au Detroit Athletic Club dès les années 1920 — et remplacer le gin par du mezcal. Le nom espagnol dit la même chose que l'anglais, et la construction ne bouge pas d'un millimètre : quatre volumes égaux.

Ce qui rend l'échange convaincant, c'est que la fumée d'agave et l'amertume alpine de la Chartreuse verte travaillent sur le même registre — végétal, résineux, un peu médicinal. Là où le gin apportait du genièvre sec, le mezcal apporte de la cendre et de la terre cuite, et la liqueur de marasquin pose dessus une note d'amande et de noyau qui empêche l'ensemble de tourner à l'infusion de plantes.

La même construction circule dans les bars sous un second nom, Closing Argument. Les deux désignent aujourd'hui le même verre : l'usage n'a jamais tranché, et il n'y a pas lieu de le faire à sa place.

C'est un verre d'ouverture de soirée, court et frontal, servi glacé sans glace. À l'automne, il remplace un apéritif sucré sans peine : sa fraîcheur vient de l'acidité du citron vert autant que du froid, et il tient devant une planche de charcuterie ou des olives grillées.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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