Chirashi japonais en bol laqué noir, tranches de thon, saumon et daurade aux faces de coupe lisses et brillantes, œufs de saumon

Plat

Chirashi : le poisson se coupe en un seul geste tiré, jamais en sciant

Une tranche de poisson cru bien coupée a une face plate et brillante comme un miroir. Une lame qui scie déchire les fibres et laisse une surface mate et râpeuse, qui n'accroche plus la lumière et rend le poisson pâteux en bouche.

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 20 min
  • Repos : Le riz refroidit à température ambiante, jamais au réfrigérateur
  • Élevé
  • 4 personnes
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN COUTEAU LONG ET TRÈS AFFÛTÉ (L'OUTIL DU PLAT : la lame doit traverser le poisson en UNE SEULE passe)
  • un linge humide (on essuie la lame entre chaque tranche : un résidu la fait accrocher)
  • une planche stable et propre (posée sur un linge mouillé pour qu'elle ne bouge pas d'un millimètre)
  • un hangiri ou un grand plat en bois (le riz s'y assaisonne et refroidit à plat)
  • une spatule en bois (le riz se tranche à la spatule, il ne se remue jamais)
  • un éventail ou un morceau de carton (on évente le riz pendant qu'on le coupe : c'est ce qui le rend brillant)

L'astuce du chef

La chair d'un poisson est faite de feuillets musculaires courts. Ils sont séparés par des cloisons de tissu conjonctif très fines et très fragiles.

Une lame qui scie arrache ces cloisons. Elle ne les tranche pas : elle les tire et les déchire à chaque aller-retour.

La surface devient mate et râpeuse. Elle n'accroche plus la lumière, et c'est visible immédiatement, à l'œil nu.

Et la chair paraît pâteuse. Les fibres déchirées libèrent leur humidité, et le poisson perd sa fermeté sous la dent.

Le geste s'appelle hikizukuri, couper en tirant. On pose le talon de la lame et on tire le couteau vers soi en un seul mouvement continu.

On ne revient jamais en arrière. Un aller, et la pointe termine la coupe : c'est toute la technique, et elle ne souffre aucune exception.

On n'appuie pas. La lame descend par son propre poids : appuyer écrase la chair avant même de la couper.

La lame doit être longue. Elle doit traverser tout le poisson en une seule passe : un couteau court oblige à scier, quoi qu'on fasse.

Et très affûtée. Un couteau émoussé oblige à appuyer, et appuyer produit exactement le défaut qu'on cherche à éviter.

On essuie la lame entre chaque tranche. Un résidu de chair la fait accrocher et transforme la passe suivante en sciage involontaire.

Le poisson se coupe froid et sec. Épongé, il ne glisse pas sous la lame ; à température ambiante, il devient mou et se déforme.

Le riz se sert tiède. Sorti du réfrigérateur, il est dur et sans parfum : c'est la seconde règle du chirashi.

Préparation pas à pas

  1. Rincer le riz jusqu'à l'eau parfaitement claire 10 min

    Six ou sept fois. L'amidon de surface le rendrait collant au lieu de le laisser en grains.

  2. Cuire le riz, puis l'assaisonner BRÛLANT 25 min

    Vinaigre, sucre, sel. À la spatule, en tranchant, jamais en remuant, et en éventant.

  3. Laisser refroidir à température ambiante 20 min

    Couvert d'un linge humide. Jamais au réfrigérateur : le riz durcirait et perdrait son brillant.

  4. Sortir le poisson du froid, l'éponger 5 min

    Il se coupe bien froid et parfaitement sec : humide, la lame glisse et la coupe part de travers.

  5. POSER LE TALON DE LA LAME ET TIRER 10 min

    Un seul mouvement continu vers soi, sans appuyer. La lame descend par son propre poids.

  6. Ne jamais revenir en arrière 5 min

    La pointe termine la coupe et la tranche tombe. Un aller-retour arrache les cloisons et rend la face mate.

  7. Essuyer la lame entre chaque tranche 3 min

    Au linge humide. Un résidu de chair fait accrocher la lame et ruine la tranche suivante.

  8. Dresser sur le riz tiède et servir aussitôt 5 min

    Poisson en éventails, ikura, tamagoyaki, shiso. Le riz doit être tiède, jamais froid.

Le conseil du caviste

Le chirashi est iodé, délicat, vinaigré par le riz et relevé par le wasabi. Il demande un blanc très net et très frais.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C est l'accord le plus juste : son acidité répond au vinaigre du riz sans couvrir le poisson.

Le Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 8 °C pour un service à plusieurs, où les poissons se croisent.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C si le bol comprend beaucoup de saumon, plus gras.

Le riz vinaigré compte autant que le poisson dans l'accord : c'est lui qui exige un vin vif, et non l'inverse.

À éviter : un rouge, dont les tanins deviennent franchement métalliques au contact du poisson cru.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les tranches sont mates et râpeuses

La lame a scié. Il faut un seul geste tiré vers soi : les allers-retours arrachent les cloisons de tissu conjonctif au lieu de les trancher.

Le poisson paraît pâteux en bouche

Même cause. Les fibres déchirées libèrent leur humidité et la chair perd sa fermeté.

La lame n'arrive pas au bout

Le couteau est trop court. Il doit traverser le poisson en une seule passe, sinon on est obligé de scier.

La tranche s'écrase

On a appuyé, ou la lame était émoussée. Le couteau descend par son propre poids, sans aucune pression.

La lame accroche

Elle n'a pas été essuyée. Un résidu de chair transforme la passe suivante en sciage involontaire.

Le riz est dur et sans goût

Il est passé au réfrigérateur. Il se garde à température ambiante sous un linge humide, et se sert tiède.

Conservation & préparation anticipée

Le chirashi ne se garde pas : le poisson cru se mange le jour même, et le riz durcit au réfrigérateur.

Le poisson entier se garde 24 h au plus froid du réfrigérateur, non tranché, sur un lit de glace.

Il se tranche au dernier moment : une tranche coupée s'oxyde et perd son brillant en une heure.

Le riz assaisonné se garde 6 h à température ambiante sous un linge humide, jamais au froid.

Le tamagoyaki se prépare la veille et se garde 2 jours, ce qui allège vraiment le travail du jour même.

Variantes

Bara chirashi

Poisson coupé en petits dés et mêlé au riz, la version quotidienne. La règle de coupe compte moins, puisqu'on ne cherche plus la tranche.

Végétarien

Avocat, concombre, tofu mariné, champignons shiitake. Le riz reste rigoureusement le même.

Le riz, en détail

Assaisonné brûlant, tranché à la spatule : notre maki maison.

La même loi, sur le bœuf

Coupé au couteau, jamais haché : notre tartare de bœuf.

Questions fréquentes

Pourquoi ne faut-il pas scier le poisson ?

Parce que la chair est faite de feuillets séparés par des cloisons très fines. Un aller-retour les arrache au lieu de les trancher, et la surface devient mate et râpeuse.

Comment couper correctement ?

On pose le talon de la lame et on tire le couteau vers soi en un seul mouvement continu, jusqu'à ce que la pointe termine la coupe. Un aller, jamais de retour.

Faut-il appuyer sur le couteau ?

Jamais. La lame descend par son propre poids : appuyer écrase la chair avant même de la couper.

Quel couteau utiliser ?

Une lame longue et très affûtée. Elle doit traverser le poisson en une seule passe : un couteau court oblige mécaniquement à scier.

Le poisson doit-il être froid ?

Oui, froid et parfaitement épongé. À température ambiante il ramollit et se déforme sous la lame ; humide, il glisse.

Quel vin servir avec un chirashi ?

Un sauvignon à 10 °C. C'est le riz vinaigré autant que le poisson qui exige un vin vif : jamais de rouge, dont les tanins deviennent métalliques.

Le chirashi est un bol de riz vinaigré couvert de poisson cru. Le riz, c'est notre page maki maison qui l'explique. Ici, tout se joue sur le poisson, et plus précisément sur la façon dont on le coupe, qui est un métier à elle seule au Japon.

La chair d'un poisson est faite de feuillets musculaires courts séparés par des cloisons de tissu conjonctif, très fines et très fragiles. Un couteau qu'on fait aller et venir, comme on scie du pain, arrache ces cloisons au lieu de les trancher : la surface obtenue est mate, floue, râpeuse, et la chair se délite. En bouche, elle paraît molle et pâteuse.

Le geste japonais s'appelle hikizukuri, littéralement « couper en tirant ». On pose le talon de la lame sur le poisson, et on tire le couteau vers soi d'un seul mouvement continu, en le laissant descendre par son propre poids, jusqu'à ce que la pointe termine la coupe. Un aller. Jamais de retour.

La face obtenue est parfaitement plate et réfléchit la lumière, et c'est exactement à cela qu'on reconnaît une belle tranche. Ce n'est pas une question d'esthétique : une surface lisse ne libère pas d'humidité, elle reste ferme et nette sous la dent.

Deux conditions rendent ce geste possible : une lame vraiment longue, qui doit traverser le poisson en une seule passe, et un couteau très affûté, qui coupe sans qu'on ait à appuyer.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €

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