Sukiyaki japonais dans une poêle en fonte, sauce sombre peu profonde au fond, bœuf tranché fin, poireau grillé, tofu et jaune d'œuf cru

Plat

Sukiyaki : on ne mouille jamais, ce sont les légumes qui font le bouillon

Un sukiyaki n'est pas une soupe : au fond de la poêle, il n'y a qu'un fond de sauce soja et de mirin. Tout le liquide vient ensuite des légumes, qui rendent leur eau, et c'est pour cela que la sauce se concentre au fil du repas.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 1 h au congélateur pour trancher le bœuf finement
  • Élevé
  • 4 personnes
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • une poêle en fonte PEU PROFONDE (L'USTENSILE DU PLAT : une marmite haute en ferait une soupe)
  • un réchaud de table (le sukiyaki se cuit devant les convives, par petites fournées)
  • un bol par convive (pour l'œuf cru battu, personnel et non partagé)
  • des baguettes longues (on retourne les tranches sans les sortir de la poêle)
  • un petit pichet de saké (il sert à rallonger la sauce quand elle devient trop concentrée)
  • un morceau de gras de bœuf (il graisse la poêle au départ, à la façon du Kansai)

L'astuce du chef

Un sukiyaki n'est pas une soupe. Il n'y a qu'un centimètre de warishita au fond, et les ingrédients ne sont jamais immergés.

La poêle est peu profonde. C'est un ustensile de sauté, pas de mijotage : dans une marmite haute, tout finit dans le liquide.

Les légumes apportent l'eau. Chou chinois, poireaux, champignons et shungiku en sont faits en très grande partie, et la chaleur la leur fait rendre en minutes.

Le niveau monte donc tout seul. C'est prévu, et c'est pour cela qu'on part avec si peu de liquide.

Puis la sauce se concentre. L'eau s'évapore au fil du repas, et le fond devient de plus en plus salé et sucré.

On rallonge au saké, jamais au warishita. Ajouter de la sauce doublerait le sel : ce qui manque, c'est du liquide, pas de l'assaisonnement.

Les poireaux se grillent à sec d'abord. C'est la seule caramélisation du plat, et elle donne la profondeur que le soja seul n'apporte pas.

Le premier morceau de bœuf grille avant tout liquide. C'est la façon du Kansai : la viande touche la fonte graissée, pas la sauce.

Les ingrédients restent en groupes séparés. Chaque famille a son temps de cuisson, et mélangés, ils cuisent tous mal.

Le bœuf cuit en quelques secondes. Tranché très fin, il doit rester à peine rosé : c'est pour cela qu'on le raffermit au congélateur avant de le couper.

L'œuf cru n'est pas un condiment. Il refroidit la bouchée brûlante, l'enrobe d'une pellicule qui adoucit le sel, et sa richesse équilibre le sucre.

Sans lui, le plat est trop assaisonné. Le warishita est volontairement fort parce qu'il est conçu pour être tempéré par l'œuf.

Préparation pas à pas

  1. Trancher le bœuf très fin, viande raffermie au froid 20 min

    Une heure au congélateur d'abord. Il doit cuire en quelques secondes, comme pour une fondue chinoise.

  2. Griller les poireaux à sec dans la poêle 5 min

    Jusqu'aux faces brunes. C'est la seule caramélisation du plat, et elle compte.

  3. Graisser la poêle au gras de bœuf 2 min

    À la façon du Kansai. Le premier morceau de viande y grille avant tout liquide.

  4. VERSER UN CENTIMÈTRE DE WARISHITA, PAS PLUS 2 min

    Soja, mirin, saké, sucre. Les ingrédients ne doivent jamais être immergés.

  5. Ranger les ingrédients en groupes séparés 5 min

    Chacun sa zone, jamais mélangés. Chaque famille a son temps de cuisson.

  6. Laisser les légumes rendre leur eau 8 min

    Le niveau monte tout seul. C'est eux qui font le liquide, on n'ajoute rien.

  7. Cuire le bœuf quelques secondes seulement 5 min

    Une tranche à la fois, à peine rosée. Trempée aussitôt dans l'œuf cru battu.

  8. RALLONGER AU SAKÉ quand la sauce se concentre 3 min

    Au fil du repas, l'eau s'évapore. Jamais de warishita en plus, ce serait doubler le sel.

Le conseil du caviste

Le sukiyaki est salé et franchement sucré, et c'est ce sucre qui décide, bien plus que le bœuf.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C est l'accord le plus juste : fruité et souple, il tient tête au soja sans durcir.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 15 °C pour un peu plus de matière, si le bœuf est très persillé.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C si vous suivez la version la plus sucrée : un plat sucré rend sec tout vin qui ne l'est pas.

Le sucre du warishita se comporte comme du piment dans l'accord : il pousse vers un vin qui a du fruit, voire du sucre résiduel.

À éviter : un rouge tannique, que le soja rendrait dur et métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est devenu une soupe

Trop de warishita au départ, ou une marmite trop haute. Un centimètre au fond d'une poêle peu profonde : les légumes apporteront le reste.

La sauce est immangeable de sel

Elle s'est concentrée par évaporation. On rallonge au saké ou au bouillon, jamais avec du warishita, qui doublerait le sel.

Le bœuf est gris et dur

Il a cuit trop longtemps, ou il était trop épais. Tranché très fin, il ne reste que quelques secondes dans la poêle.

Tout cuit en même temps et mal

Les ingrédients ont été mélangés. Chaque famille a son temps de cuisson et doit rester dans sa zone.

Le plat est écœurant

L'œuf cru a été sauté. Il n'est pas décoratif : il refroidit, enrobe et adoucit un assaisonnement volontairement fort.

Ça manque de profondeur

Les poireaux n'ont pas été grillés à sec. C'est la seule caramélisation du plat, et le soja ne la remplace pas.

Conservation & préparation anticipée

Le sukiyaki ne se garde pas : c'est un plat de table, cuit et mangé par petites fournées devant les convives.

Le warishita se garde 1 mois au réfrigérateur, et c'est une base précieuse à avoir d'avance.

Le reste de poêle fait un excellent riz le lendemain : on y verse du riz et un œuf, à la japonaise.

Le bœuf tranché se garde 24 h filmé au réfrigérateur, ou 1 mois au congélateur.

Les légumes se préparent 2 h à l'avance et attendent sur leur plat, ce qui rend le service très simple.

Variantes

Style Kanto

Le warishita est préparé à l'avance et versé d'un coup. Plus simple, mais on perd la caramélisation du premier morceau de viande.

Au porc

Courant dans le nord du Japon, et bien moins cher. Le porc demande quelques secondes de plus que le bœuf.

Le même bœuf, en bol

Mêmes assaisonnements, servi sur du riz : notre gyudon.

La même laque sucrée-salée

Soja, mirin, sucre : notre poulet teriyaki.

Questions fréquentes

Faut-il du bouillon dans un sukiyaki ?

Non. Il n'y a qu'un centimètre de warishita au fond de la poêle : ce sont les légumes qui apportent tout le liquide en rendant leur eau.

Pourquoi la sauce devient-elle trop salée ?

Parce que l'eau des légumes s'évapore au fil du repas et concentre le fond. On rallonge alors au saké ou au bouillon, jamais avec du warishita.

Quelle poêle utiliser ?

Une poêle en fonte peu profonde. Dans une marmite haute, les ingrédients se retrouvent immergés et le plat devient une soupe.

À quoi sert l'œuf cru ?

Il refroidit la bouchée brûlante, l'enrobe d'une pellicule qui adoucit le sel, et sa richesse équilibre le sucre. Le warishita est fort parce qu'il est conçu pour être tempéré par lui.

Combien de temps cuire le bœuf ?

Quelques secondes, tranché très fin. C'est pour cela qu'on raffermit la pièce une heure au congélateur avant de la couper.

Quel vin servir avec un sukiyaki ?

Un bergerac rouge souple à 15 °C. C'est le sucre du warishita qui décide : il pousse vers un vin fruité, voire un moelleux si votre version est très sucrée.

Servi en France, le sukiyaki se transforme presque toujours en marmite de bouillon où tout flotte. Ce n'est pas le plat. Un sukiyaki se fait dans une poêle en fonte peu profonde, et il n'y a au fond qu'un centimètre de warishita, ce mélange de sauce soja, de mirin, de saké et de sucre. Les ingrédients ne sont jamais immergés.

Ce fond suffit parce que les ingrédients apportent eux-mêmes le liquide. Le chou chinois, les poireaux, les champignons et le shungiku sont faits en très grande partie d'eau, et la chaleur la leur fait rendre en quelques minutes. Le niveau monte donc tout seul, et la sauce se dilue progressivement.

Puis l'inverse se produit : à mesure que le repas avance et que la poêle continue de chauffer, cette eau s'évapore et la sauce se concentre. Elle devient de plus en plus salée et sucrée, et c'est exactement ce qu'il faut surveiller. Le geste japonais consiste à rallonger au saké ou au bouillon au fil du service, jamais à ajouter du warishita.

Reste l'œuf cru battu, dans lequel chacun trempe sa bouchée brûlante. Ce n'est pas un condiment : il refroidit la viande d'un coup, il l'enrobe d'une pellicule qui adoucit le sel, et sa richesse équilibre le sucre. Sans lui, un sukiyaki est franchement trop assaisonné.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €

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