Deux bocaux de cornichons maison serrés debout avec estragon, petits oignons blancs, poivre et graines de moutarde dans un vinaigre clair, cornichons coupés et tranches de pâté de campagne sur une assiette, plan de travail en chêne

Entrée

Cornichons maison : la recette au vinaigre et à l'estragon

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 0 min
  • Repos : 6 semaines
  • Faible
  • 2 bocaux de 1 l
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

2 bocaux de 1 l

Ustensiles

  • DES BOCAUX EN VERRE À COUVERCLE (L'OUTIL DU PLAT : 2 de 1 litre ou 4 de 50 cl, ébouillantés, les cornichons debout et serrés)
  • un torchon rugueux ou une brosse douce (le duvet et les épines frottés, sans laver)
  • un grand saladier (la nuit au gros sel)
  • une passoire (le rinçage rapide)
  • des torchons propres (chaque cornichon séché complètement)
  • un couteau d'office (les queues au ras)

L'astuce du chef

Petits et du jour. Un cornichon de 4 à 5 cm n'a pas encore de graines et sa chair est dense ; à 8 cm, il est creux au centre et mou. Cueilli ou acheté le matin, mis en bocal le soir : un cornichon qui a passé deux jours au frais a déjà perdu son croquant, et rien ne le lui rend.

Frottés, pas lavés. Le duvet et les petites épines partent au torchon rugueux, à sec ; laver les cornichons avant le sel les gorge d'eau et dilue la saumure. On les rince après le sel, brièvement.

Une nuit au gros sel. Le sel tire l'eau du cornichon par osmose, resserre sa chair et la prépare à absorber le vinaigre : c'est ce dégorgeage qui fait le cornichon croquant six mois plus tard. Sans lui, l'eau du cornichon dilue le vinaigre et le cornichon ramollit en un mois.

Séchés complètement. Après le rinçage, chaque cornichon est essuyé dans un torchon jusqu'à être sec : l'eau restante dilue le vinaigre et trouble le bocal, et c'est par elle que la conserve tourne. Un torchon par livre de cornichons.

Les aromates au fond. L'estragon, les petits oignons, l'ail, le poivre, la moutarde, le clou de girofle et le laurier au fond du bocal, sous les cornichons, où ils restent immergés et parfument le vinaigre par le bas ; posés dessus, ils flottent et brunissent. L'estragon est l'aromate du cornichon français ; l'aneth, celui du cornichon de l'Est.

Debout, serrés. Les cornichons rangés verticalement, les gros contre la paroi et les petits au centre, tassés sans les casser : ils ne flottent pas, ils ne remontent pas hors du vinaigre, et le bocal en contient un tiers de plus. Un cornichon qui émerge du vinaigre moisit.

Du vinaigre blanc à 8 %. Le vinaigre d'alcool blanc à 8 % d'acidité, ou un vinaigre de vin blanc à 7 %, non dilué : c'est l'acidité qui conserve et qui fait le cornichon net et piquant. Le vinaigre de cidre colore et adoucit ; le vinaigre à 5 % ne conserve pas assez longtemps.

Froid, jamais bouillant. C'est la différence entre le cornichon français et le pickle anglais : le vinaigre versé froid ne cuit pas le cornichon, qui reste dur et croquant ; le vinaigre bouillant l'attendrit en dix secondes et donne un cornichon souple. Sans cuisson, sans stérilisation : l'acidité suffit.

Un centimètre de vinaigre au-dessus. Tout ce qui émerge moisit ; le vinaigre couvre les cornichons et l'estragon du dessus d'un bon centimètre, et le bocal est tapé sur le plan de travail pour chasser les bulles d'air prises entre les cornichons.

Six semaines. Le vinaigre entre lentement dans le cornichon, remplace l'eau que le sel a tirée, et l'estragon et les épices le parfument ; à deux semaines, le cornichon est encore fade au cœur ; à six, il est fait. Il continue de s'améliorer trois mois.

Sans sucre. Le cornichon français est acide et net, sans une once de sucre ; le sucre est l'affaire des pickles aigres-doux allemands et américains, qui sont une autre chose. Sur une charcuterie, c'est l'acidité pure qu'on cherche.

Le cornichon ne se boit pas, il remet le palais à zéro. On ne cherche pas un vin pour le cornichon, aucun vin ne résiste à une bouchée de vinaigre pur ; on choisit le vin de ce qu'il accompagne, la charcuterie, le pot-au-feu, la raclette, et le cornichon joue le rôle inverse de l'accord : il efface. Une bouchée de cornichon entre deux tranches de pâté et deux gorgées de rouge léger nettoie le gras et l'arôme, et la gorgée suivante est la première. Le vin des cornichons est donc celui de la charcuterie, rouge léger et frais ou bulles brut, et on ne boit pas dessus, on boit après.

Préparation pas à pas

  1. Cornichons frottés un à un au torchon rugueux, duvet et épines retirés, queues coupées au ras 20 min

    Sans les laver.

  2. Couverts de 100 g de gros sel dans un saladier, mêlés ; une nuit, 12 h 12 h

    Ils rendent leur eau.

  3. Rincés rapidement à l'eau froide, séchés un à un dans un torchon 15 min

    Pas une goutte d'eau.

  4. Au fond des bocaux ébouillantés : estragon, petits oignons, ail, poivre, moutarde, girofle, laurier, piment 5 min

    Les aromates d'abord.

  5. Cornichons debout, tassés serrés, gros contre la paroi ; une branche d'estragon dessus 5 min

    Sans forcer.

  6. Vinaigre blanc froid versé à 1 cm au-dessus des cornichons ; bocaux tapés pour les bulles 2 min

    Froid, jamais bouillant.

  7. Couvercles fermés, sans stérilisation ; placard sombre, retournés une fois la première semaine

    Le vinaigre s'éclaircit.

  8. 6 semaines d'attente ; puis avec la charcuterie et le pot-au-feu 6 semaines

    Croquants jusqu'à l'été suivant.

Le conseil du caviste

Des cornichons maison à la française, dégorgés au sel, mis en bocal au vinaigre froid avec estragon, petits oignons et épices, prêts en six semaines pour la charcuterie et le pot-au-feu.

Château Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs à 14 °C, le rouge léger et frais de Bergerac, sur la planche de charcuterie où le cornichon fait la pause.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles brut, sur les rillettes, la terrine de campagne et la raclette.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le bergerac rouge souple, sur le pot-au-feu et la viande froide du lendemain, cornichons et moutarde à côté.

Le cornichon ne se boit pas, il remet le palais à zéro : chercher un vin pour le cornichon est un contresens, aucun vin au monde ne survit à une bouchée de vinaigre pur, ni le plus vif des blancs ni le plus fruité des rosés, et ce n'est pas son rôle ; le cornichon n'est pas un plat, c'est une ponctuation, il se mange entre deux tranches de pâté, entre deux bouchées de pot-au-feu, et il fait exactement l'inverse d'un accord, il efface le gras, le sel et l'arôme de ce qui précède, si bien que la gorgée de vin qui suit est comme la première ; on choisit donc le vin de la charcuterie ou du plat, et on boit après le cornichon, jamais dessus. C'est la règle de tous les condiments au vinaigre, les pickles, les câpres, les oignons au vinaigre : ils ne s'accordent pas, ils remettent à zéro, et le vin est celui du plat. Les Frangins Flingueurs de Moulin Caresse, un bergerac rouge léger, frais, tout en fruit, à 14 °C, sont le vin de la planche de charcuterie où le cornichon fait la pause entre le pâté et le saucisson ; le Tour du Roy brut prestige, en bulles sèches, sur les rillettes et la terrine, dont il coupe le gras, et sur la raclette, où le cornichon et les bulles travaillent ensemble contre le fromage fondu ; et le Bergerac du domaine de Mayat, un rouge souple, sur le pot-au-feu et sur la viande froide du lendemain, avec cornichons et moutarde. La règle des cornichons : le vin est celui du plat, et le cornichon lui prépare la place.

À éviter : boire une gorgée de vin, quel qu'il soit, la bouche encore pleine de cornichon ; et un grand vin de garde sur une table à cornichons, que le vinaigre gâcherait.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les cornichons sont mous

Trop gros, pas du jour, pas dégorgés, ou vinaigre versé chaud. Des cornichons de 4 à 5 cm mis en bocal le jour même, une nuit au gros sel, et le vinaigre froid ; ils se raffermissent dans le vinaigre.

Le vinaigre est trouble

Cornichons mal séchés, ou trouble normal de la première semaine. Séchés un à un au torchon ; un trouble léger qui s'éclaircit en dix jours est normal, un trouble laiteux qui persiste avec une odeur est une conserve à jeter.

Les cornichons du dessus ont moisi

Ils émergeaient du vinaigre. Le vinaigre 1 cm au-dessus, les cornichons tassés debout pour qu'ils ne flottent pas, et un morceau de branche d'estragon coincé sous le col pour les tenir.

Les cornichons sont creux

Cueillis trop gros, les graines formées. Pas plus de 5 cm ; les gros se coupent en quatre dans la longueur et font des cornichons de second choix.

Ils sont trop salés

Pas rincés après le dégorgeage. Un rinçage rapide à l'eau froide, puis séchés ; le sel a fait son travail, il ne doit pas rester dessus.

Ils sont fades après six semaines

Vinaigre trop faible, ou dilué par l'eau des cornichons. Un vinaigre à 8 %, non coupé, des cornichons séchés ; et deux semaines de plus, le cœur prend plus lentement que le bord.

Conservation & préparation anticipée

Les cornichons en bocaux fermés se gardent 1 an dans un placard frais et sombre, sans stérilisation, grâce au vinaigre ; ils sont à leur meilleur de 6 semaines à 6 mois, encore très bons après.

Un bocal ouvert se garde 3 mois au réfrigérateur, les cornichons toujours couverts de vinaigre ; une fourchette propre, jamais les doigts.

Le vinaigre d'un bocal fini, parfumé à l'estragon, sert pour une vinaigrette, une sauce gribiche ou un déglaçage ; on ne le jette pas.

Les cornichons frais ne se gardent pas : du marché au bocal dans la journée, ou au plus tard le lendemain après une nuit au frais dans un torchon humide.

Les petits oignons et l'ail du bocal se mangent comme les cornichons ; l'estragon se jette.

Variantes

Les pickles express

Nos pickles express, la version au vinaigre chaud, prête en deux jours, plus douce.

La moutarde maison

Notre moutarde, l'autre condiment de la charcuterie et du pot-au-feu.

Le museau vinaigrette

Notre museau vinaigrette, l'entrée de bistrot où le cornichon est dans l'assiette.

Les cornichons aigres-doux à l'aneth

Les mêmes cornichons dégorgés et séchés, avec des bouquets d'aneth frais et des graines d'aneth à la place de l'estragon, une lame de raifort, et un vinaigre de vin blanc dans lequel on a dissous à froid 100 g de sucre et 1 cuillère de sel par litre : la version allemande et alsacienne, Gewürzgurken, plus douce et plus ronde, qui accompagne le jambon, la choucroute et le pain noir, et qui, avec son sucre, supporte mieux qu'un cornichon français qu'on boive dessus un blanc sec vif.

Questions fréquentes

Vinaigre froid ou vinaigre chaud ?

Froid, pour un cornichon à la française, dur et croquant : le vinaigre cru n'attendrit pas la chair, et l'acidité suffit à conserver sans cuisson ni stérilisation. Le vinaigre bouillant, celui des pickles anglais et des conserveries, cuit le cornichon en quelques secondes et le rend souple et plus doux ; il est prêt plus vite, en deux semaines, mais il ne croque plus pareil. Les deux méthodes sont sûres ; c'est une question de texture.

Où trouver de petits cornichons ?

Sur les marchés de juillet à septembre, chez les maraîchers, vendus en vrac par saison courte ; il faut souvent les commander, parce que la plupart partent aux conserveries. Ou dans son potager, deux pieds de cornichons donnant de quoi remplir dix bocaux, à cueillir tous les deux jours à 4 ou 5 cm. Les concombres du supermarché ne conviennent pas, trop gros et trop pleins d'eau.

Faut-il stériliser les bocaux ?

Non : un vinaigre à 8 % d'acidité conserve seul, sans chaleur, et c'est même la condition du croquant, une stérilisation cuisant le cornichon. Les bocaux sont simplement ébouillantés et séchés avant usage, les cornichons complètement couverts de vinaigre, et les couvercles fermés. Un an dans un placard frais et sombre, sans risque.

Pourquoi les dégorger au sel ?

Parce que le sel tire l'eau du cornichon par osmose, resserre sa chair et lui permet d'absorber le vinaigre au lieu de le diluer : c'est le dégorgeage qui fait qu'un cornichon maison croque encore six mois après. Sans lui, l'eau du légume passe dans le vinaigre, l'affaiblit, et le cornichon devient mou en quelques semaines. Une nuit au gros sel, un rinçage rapide, un séchage complet.

Avec quoi manger les cornichons ?

Avec toute la charcuterie, pâtés, terrines, rillettes, jambon, saucisson ; avec le pot-au-feu et la viande froide, la raclette et la fondue ; hachés dans une sauce gribiche, une rémoulade, un tartare, une sauce ravigote ; sur un croque-monsieur, dans un sandwich au jambon-beurre. Le cornichon français est acide et non sucré, il fait la pause entre deux bouchées grasses.

Quel vin servir avec ?

Aucun sur le cornichon lui-même, que rien ne supporte : on choisit le vin de la charcuterie ou du plat, un rouge léger et frais à 14 °C ou un crémant brut, et on boit après le cornichon, jamais dessus. Le cornichon remet le palais à zéro entre deux gorgées ; c'est son rôle, et il le fait bien.

Le cornichon est le concombre cueilli enfant, à quatre centimètres, avant que ses graines se forment, et c'est pour cela qu'il croque ; il se récolte de juillet à septembre, tous les deux jours dans un potager, parce qu'il grossit en une nuit, et se met en bocal le jour même. La méthode française, celle des grands-mères de toutes les régions, est à froid : sel, puis vinaigre cru, sans aucune cuisson, ce qui donne le cornichon dur, acide et net qu'on trouve sur les tables de charcuterie ; la méthode au vinaigre bouillant, celle des pickles anglais et des conserveries, donne un cornichon plus mou et plus doux. On fait ici la méthode à froid.

Les cornichons : 1 kg de petits cornichons de 4 à 5 cm, fermes, vert sombre, du jour ; frottés un à un avec un torchon rugueux ou une brosse douce pour retirer le duvet et les petites épines, sans les laver ; les queues coupées au ras. Dans un grand saladier, couverts de 100 g de gros sel, mêlés, une nuit, 12 heures : ils rendent leur eau, deviennent souples et se raffermiront dans le vinaigre. Le lendemain, rincés rapidement à l'eau froide, puis séchés un à un dans un torchon, complètement, l'eau étant l'ennemie de la conserve au vinaigre. Certains les passent au vinaigre chaud une seconde et les ressèchent, ce qui blanchit moins la peau ; ce n'est pas obligatoire.

Les bocaux : des bocaux en verre à couvercle, 2 de 1 litre ou 4 de 50 cl, ébouillantés et séchés ; au fond de chacun, 2 branches d'estragon frais, 5 ou 6 petits oignons blancs pelés, 1 gousse d'ail, 1 cuillère à café de grains de poivre, 1 cuillère à café de graines de moutarde, 2 clous de girofle, 1 feuille de laurier, un petit piment pour qui aime ; puis les cornichons debout, tassés serrés, sans forcer, les gros contre la paroi, les petits au milieu ; encore une branche d'estragon par-dessus. Le vinaigre : 1 litre de vinaigre blanc d'alcool à 8 % ou de vinaigre de vin blanc, froid, versé jusqu'à couvrir les cornichons de 1 cm, les bocaux tapés sur le plan pour chasser les bulles ; les couvercles fermés, sans stérilisation. Six semaines dans un placard sombre, retournés une fois la première semaine ; le vinaigre trouble un peu les premiers jours puis s'éclaircit.

Le service : avec la charcuterie, pâtés, rillettes, terrines, jambon ; avec le pot-au-feu, la raclette, la fondue, la viande froide ; hachés dans une sauce gribiche, une rémoulade, un tartare. Les variantes : les cornichons aigres-doux, 100 g de sucre dissous dans le vinaigre, à l'allemande ; les cornichons à l'aneth, aneth à la place de l'estragon, la version de l'Est ; les gros cornichons, malossol, en saumure au sel sans vinaigre, fermentés, une autre famille ; et les cornichons de fin de saison, plus gros, coupés en quatre dans la longueur, moins fins mais utiles.

Les cornichons : sur les marchés de juillet à septembre, chez les maraîchers, en vrac, à choisir petits, très fermes, sans taches jaunes ; ou du potager, cueillis tous les deux jours. L'estragon : frais, l'estragon français à feuilles fines et parfumées, pas l'estragon russe, sans goût.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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