Deux bocaux de moutarde maison, une lisse de Dijon et une à l'ancienne en grains, jambon et cornichon sur une assiette, table de bois, verre de vin rouge

Condiment

Moutarde maison : la recette de Dijon et à l'ancienne

  • Préparation : 10 min
  • Cuisson : 0 min
  • Repos : 24 h de trempage, 1 semaine de mûrissement
  • Bon marché
  • 1 bocal de 30 cl
  • Très facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

1 bocal de 30 cl

Ustensiles

  • UN MIXEUR PLONGEANT OU UN BLENDER (L'OUTIL DU PLAT : cinq minutes pour la Dijon, vingt secondes pour l'ancienne)
  • un bol et un couvercle (le trempage de 24 heures)
  • une passoire fine (les graines rincées)
  • un bocal de 30 cl à couvercle (une semaine de mûrissement au réfrigérateur)
  • une cuillère en bois (le métal ordinaire noircit au vinaigre)
  • une étiquette (la date : elle est au mieux à un mois)

L'astuce du chef

Romaine, puis bourguignonne. Dijon a remplacé le vinaigre par le verjus ; Meaux garde les grains.

Deux graines. La jaune fait la couleur et le corps, la brune fait la force ; le mélange fait la moutarde.

Le trempage de 24 heures. La graine gonfle et s'attendrit ; sèche, elle casse le mixeur et donne du sable.

Le liquide froid. Le piquant naît de l'enzyme au contact de l'eau, et l'enzyme aime le froid ; tiède, elle travaille moins.

Le vinaigre fixe. L'acide arrête l'enzyme au niveau atteint : c'est ce qui conserve la force.

La mouture décide. Broyée fine, la graine libère tout ; en grains, le piquant reste dedans.

Le sucre arrondit. Une cuillère : pas pour sucrer, pour ôter l'amer.

Le curcuma colore. Le jaune vif de Dijon vient de là ; sans lui, jaune pâle.

Une semaine de patience. Fraîche, amère et brutale ; à la semaine, elle-même.

Au mieux à un mois. Ensuite elle décline doucement, comme celle du commerce.

Le bois, pas le métal. Le vinaigre noircit la cuillère ordinaire.

La moutarde forte se règle. Plus de brunes et tout froid ; ou plus de jaunes et tiède.

Préparation pas à pas

  1. Graines jaunes et brunes rincées 2 min

  2. Trempées 24 à 48 h dans vinaigre et eau froide 24 h

    Doublées, tendres.

  3. Sel, sucre, curcuma 1 min

  4. Dijon : mixée 3 à 5 min, lisse 5 min

    Ou l'ancienne : 20 s par impulsions.

  5. Une cuillère d'eau si trop épaisse

  6. En bocal fermé 2 min

  7. Une semaine au réfrigérateur avant de goûter 1 semaine

    Fraîche, elle est brutale.

  8. Au mieux à un mois ; vinaigrette, jambon, lapin

    Un pot en cadeau.

Le conseil du caviste

Un condiment piquant et vinaigré, lisse ou en grains, sur le jambon, le lapin, la vinaigrette.

Château Beynat Léonard à 15 °C, le rouge léger et simple, pour la moutarde à l'ancienne sur la charcuterie.

Château Tour de Biot Blanc Sec à 9 °C, le blanc sec et droit, pour la moutarde de Dijon.

Moulin Caresse Le Sauvignon à 9 °C, le blanc vif de la vinaigrette à la moutarde.

La mouture décide du piquant, et le piquant décide du vin : une moutarde à l'ancienne, dont les grains entiers retiennent leur enzyme, est deux fois moins forte qu'une moutarde de Dijon lisse faite des mêmes graines, et elle accepte un rouge léger là où la Dijon, qui libère tout son piquant, ne tolère qu'un blanc sec et simple. Le piquant de la moutarde est un composé volatil qui monte au nez et anesthésie la langue ; face à lui, un vin qui a du tanin ou de l'alcool devient brûlant, et un vin qui a de la finesse est perdu, on ne le sent plus. Sur une Dijon, il ne reste qu'un blanc sec, droit, sans bois et sans prétention, qui rafraîchit sans chercher à être compris ; sur une moutarde en grains, plus douce, avec son craquant et son vinaigre apparent, un rouge léger et frais tient encore, et c'est celui du jambon et des saucisses qu'elle accompagne. La règle des moutardes et des condiments qui piquent par le nez : plus le piquant est libéré, plus le vin est simple ; et l'on juge la force au pot, pas à la recette.

À éviter : un rouge tannique ou alcoolisé, brûlant sur le piquant, et un grand vin, qu'on ne sentira pas.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La moutarde est amère

Trop fraîche. Une semaine au réfrigérateur ; l'amertume part avec le temps. Une cuillère de miel si elle reste.

Elle est trop forte, elle arrache

Trop de graines brunes, tout froid, mouture fine. Plus de jaunes, un liquide tiède ; et elle s'adoucit en deux semaines.

Elle est fade, sans piquant

Liquide chaud ou graines vieilles. Vinaigre et eau froids, des graines fraîches, plus de brunes.

Le mixeur n'arrive pas à la lisser

Graines pas assez trempées ou pas assez de liquide. Quarante-huit heures, une cuillère d'eau, et le mixeur par temps d'une minute.

Elle est trop liquide

Trop d'eau. Une cuillère de graines jaunes moulues, ou 24 heures au réfrigérateur : elle épaissit.

Elle a bruni

Oxydation à l'air, normale. Le bocal bien fermé, la surface lissée ; le curcuma ralentit.

Conservation & préparation anticipée

La moutarde maison se garde 3 mois au réfrigérateur en bocal fermé ; le vinaigre et le sel la conservent, et elle perd sa force lentement.

Au mieux à un mois : le piquant est arrondi, le goût est là ; à trois mois, elle est douce.

Elle ne se congèle pas.

Les graines sèches se gardent 2 ans dans un bocal, à l'abri de la lumière.

Une moutarde qui a séché en surface se remélange avec une cuillère de vinaigre.

Variantes

Le lapin à la moutarde

Notre lapin à la moutarde, le plat pour lequel la moutarde de Dijon a été inventée.

La violette de Brive

10 cl de vin rouge et une cuillère de moût ou de confiture de raisin noir dans le trempage : la moutarde violette du Limousin, pour le boudin et le magret.

Au miel

Deux cuillères de miel dans le mixage : la moutarde douce des vinaigrettes et du rôti de porc.

Les rognons

Nos rognons de veau à la moutarde, où la moutarde à l'ancienne entre dans la sauce à la fin.

Questions fréquentes

Où trouver les graines ?

Au rayon épices des grandes surfaces, en magasin bio en vrac, ou en épicerie indienne, où elles sont trois fois moins chères ; jaunes et brunes, parfois noires, plus fortes encore. Cent grammes pour un bocal de 30 cl.

Pourquoi tremper les graines ?

Pour qu'elles gonflent et s'attendrissent : sèches, elles cassent le mixeur et donnent une poudre qui ne lie pas. Vingt-quatre à quarante-huit heures dans le vinaigre et l'eau, elles doublent de volume et boivent le liquide.

Comment régler la force ?

Par trois leviers : la proportion de graines brunes, la température du liquide, froid pour fort, tiède pour doux, et la mouture, fine pour libérer le piquant, en grains pour le retenir. Et le temps : elle s'adoucit chaque semaine.

Pourquoi attendre une semaine ?

Une moutarde fraîchement mixée est amère, âpre et brutale ; en une semaine au réfrigérateur, l'amertume disparaît et le piquant s'arrondit. Elle est à son mieux à un mois et décline ensuite doucement.

Dijon ou à l'ancienne ?

Les mêmes graines, la même recette, seule la mouture change : cinq minutes de mixeur pour la Dijon lisse et forte, vingt secondes par impulsions pour l'ancienne en grains, plus douce et craquante. On fait souvent les deux avec le même trempage.

Quel vin servir avec ?

Sur une moutarde de Dijon, un blanc sec simple et droit à 9 °C, le seul vin qui survit au piquant ; sur une moutarde à l'ancienne, deux fois moins forte, un rouge léger à 15 °C, celui du jambon. Jamais un rouge tannique ni un grand vin qu'on ne sentira pas.

La moutarde est le condiment le plus ancien d'Europe, romain avant d'être bourguignon, et Dijon en a fait sa spécialité au dix-huitième siècle en remplaçant le vinaigre par du verjus, le jus de raisin vert, qui donnait une moutarde plus fine et plus forte ; la moutarde à l'ancienne, en grains, est celle de Meaux. Les deux se font à la maison avec les mêmes graines, et seule la mouture change.

Les graines : 100 g de graines de moutarde, en épicerie, en magasin bio ou en rayon épices, de deux sortes, jaunes, douces, qui donnent la couleur et le corps, et brunes, piquantes, qui donnent la force ; 70 g de jaunes et 30 g de brunes pour une moutarde de Dijon, moitié-moitié pour une moutarde forte, jaunes seules pour une moutarde douce à l'américaine. Les graines rincées, puis mises à tremper dans un bol avec 10 cl de vinaigre de vin blanc ou de cidre et 10 cl d'eau froide, ou 5 cl de vin blanc sec pour une partie de l'eau, à la bourguignonne ; couvertes, 24 à 48 heures à température ambiante : elles gonflent, doublent de volume, s'attendrissent, et boivent presque tout le liquide. Sans ce trempage, la moutarde est un sable qui casse le mixeur.

Le mixage : les graines gonflées et leur liquide dans un mixeur ou un blender, avec une cuillère à café et demie de sel, une cuillère à café de sucre ou de miel qui arrondit, et, pour la Dijon, une pincée de curcuma pour la couleur jaune vif ; mixées 3 à 5 minutes pour une moutarde de Dijon, lisse, crémeuse, jaune pâle, en ajoutant une cuillère d'eau si elle est trop épaisse ; ou mixées 20 secondes par impulsions pour une moutarde à l'ancienne, où la moitié des graines restent entières dans une pâte grossière. C'est la mouture qui décide de la force : broyer une graine de moutarde libère son enzyme, la myrosinase, qui produit le piquant au contact de l'eau ; fine, tout le piquant sort ; en grains, il reste enfermé et la moutarde est plus douce, plus ronde, avec le craquant.

Le mûrissement : la moutarde mise en bocal propre, fermée, et laissée une semaine au réfrigérateur avant d'être goûtée : fraîche, elle est amère, âpre et brutale, un piquant qui monte au nez comme le raifort ; en une semaine, l'amertume disparaît, le piquant s'arrondit et la moutarde trouve son goût ; en un mois, elle est à son mieux, et elle décline ensuite lentement, la moutarde perdant sa force avec le temps, ce qui est vrai aussi des pots du commerce. Pour une moutarde plus douce, le liquide de trempage tiède à 40 °C ; pour une moutarde plus forte, tout froid et plus de graines brunes ; le piquant définitif se juge à la semaine, jamais le jour même.

Les variantes : à l'estragon, une cuillère d'estragon haché dans le mixage ; au miel, 2 cuillères, pour le porc et les vinaigrettes ; au vin rouge, la moutarde violette de Brive, avec 10 cl de vin rouge et une cuillère de moût de raisin ou de confiture de raisin ; aux herbes de Provence ; au piment d'Espelette ; à la bière à la place du vin, plus douce, pour les saucisses. Elle sert partout où sert la moutarde, et mieux : la vinaigrette, la mayonnaise, le lapin à la moutarde, les rognons, le jambon, le pot-au-feu, les saucisses grillées ; et un pot maison, avec son étiquette écrite à la main, est un cadeau qui fait plus d'effet qu'il ne coûte.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €

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