Fesenjan, poulet en sauce brune aux noix et à la grenade, graines de grenade, riz safrané à la croûte dorée, nappe blanche

Plat

Fesenjan, le poulet aux noix et à la grenade : les noix broyées cuisent une heure seules, jusqu'à rendre leur huile et foncer la sauce

Le fesenjan est le plat des fêtes iraniennes, du Nouvel An et des mariages : du poulet dans une sauce épaisse, brun acajou, sucrée-acide, faite de noix broyées et de mélasse de grenade. Le secret est de cuire les noix une heure seules, dans l'eau, avant tout : elles libèrent leur huile, la sauce fonce et s'épaissit d'elle-même, sans farine, et perd toute amertume.

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 2 h 15
  • Repos : Meilleur le lendemain
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UN ROBOT OU UN MOULIN POUR BROYER LES NOIX (L'OUTIL DU PLAT : fin comme une farine grossière)
  • une cocotte à fond épais (les noix attachent en fin de cuisson)
  • une cuillère en bois (on remue régulièrement)
  • une poêle (pour dorer le poulet et l'oignon à part)
  • un plat creux (le fesenjan se sert avec le riz à côté)
  • un couteau et un bol d'eau (pour égrener la grenade sans se tacher)

L'astuce du chef

Il y a des plats qu'on ne comprend pas à la première bouchée. Le fesenjan est de ceux-là.

Une sauce brune, épaisse comme une crème, sucrée, acide et amère. Puis on y revient.

Deux choses : des noix broyées très fin, et de la mélasse de grenade. Et tout le secret est dans l'ordre.

On cuit d'abord les noix seules, dans l'eau, une heure. En remuant.

Les noix libèrent leur huile, qui remonte et donne la brillance. Première chose.

Les tanins de leur peau, amers à cru, se transforment et foncent la sauce. Jusqu'au brun acajou.

L'amidon et les protéines de la noix épaississent le liquide. Sans farine ni fécule.

Une sauce où les noix n'ont cuit que vingt minutes est claire, granuleuse et amère. Il faut l'heure.

Ensuite seulement, la mélasse de grenade, le sucre, le poulet doré. Une heure encore.

L'équilibre sucré-acide se règle à la fin, à la cuillère. Téhéran aime sucré, le Nord aime acide.

Sur du riz safrané, avec des graines de grenade fraîches. Leur croquant réveille la sauce.

Le plat des mariages. Meilleur le lendemain.

Préparation pas à pas

  1. Broyer les noix très fin au robot 3 min

    Sans aller jusqu'à la pâte.

  2. Les cuire SEULES dans 75 cl d'eau, feu doux, 1 h, en remuant 1 h

    L'huile remonte, la sauce fonce et épaissit.

  3. Pendant ce temps, dorer les cuisses de poulet et l'oignon, curcuma 15 min

    Réserver.

  4. Ajouter aux noix la mélasse de grenade, le sucre, la cannelle, sel, poivre 2 min

    Mélanger.

  5. Ajouter le poulet et l'oignon, couvrir, feu doux 1 h 1 h

    La sauce nappe, le poulet fond.

  6. Découvrir 15 min pour épaissir si besoin 15 min

    Consistance de crème épaisse.

  7. Goûter, régler sucré-acide : mélasse ou sucre 2 min

    Téhéran sucré, le Nord acide.

  8. Servir sur le riz safrané, graines de grenade par-dessus 3 min

    Le croquant réveille la sauce.

Le conseil du caviste

Un plat sucré-acide, riche en noix, brun et profond, servi aux fêtes.

Le Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, un peu de sucre et des bulles.

Le Château du Rooy Rosette à 9 °C, un blanc tendre de Bergerac, à peine doux.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé à 9 °C, fruité.

Le sucré-acide se boit avec un vin qui a les deux. Un plat où le sucre et l'acide sont à égalité, fesenjan, canard à l'orange, porc à l'aigre-doux, met en échec les vins qui n'ont qu'une des deux qualités : le sec paraît aigre à côté du sucre, le liquoreux paraît lourd à côté de l'acide. Il faut un vin qui porte lui-même un peu de sucre et une acidité franche : un demi-sec, un blanc tendre comme la Rosette, un rosé bien fruité. Le vin doit ressembler au plat.

À éviter : un rouge tannique, doublement gêné par le sucre et par les tanins des noix, et un blanc sec et maigre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma sauce est claire et granuleuse

Les noix n'ont pas assez cuit seules. Une heure dans l'eau avant d'ajouter quoi que ce soit : l'huile remonte, la sauce fonce et lisse.

C'est amer

Même cause : les tanins des noix crues. Une heure de cuisson les transforme. Et une cuillère de sucre de plus à la fin.

C'est trop acide

Mélasse de grenade trop dosée, ou trop acide selon la marque. On rectifie au sucre, cuillère par cuillère.

C'est trop sucré

Une cuillère de mélasse de plus, ou le jus d'un demi-citron.

L'huile s'est séparée en flaque

C'est normal en fin de cuisson : on remue pour la réincorporer, et la sauce brille. Trop d'huile ? On en retire une cuillère.

Ça a attaché

Les noix attachent en fin de cuisson. Fond épais, feu doux, et on remue toutes les dix minutes.

Conservation & préparation anticipée

Le fesenjan se garde 4 jours au réfrigérateur et il est meilleur le lendemain : la sauce s'arrondit.

On le réchauffe à feu doux, avec une cuillère d'eau : la sauce épaissit encore au froid.

Il se congèle 3 mois : les noix et la grenade supportent très bien le froid.

La sauce seule se garde 1 semaine : on peut y pocher un autre poulet.

Les graines de grenade se posent au moment : elles rendent leur jus en une heure.

Variantes

Fesenjan au canard

La version des grandes fêtes, avec un canard en morceaux : plus riche, plus long à cuire.

Fesenjan aux boulettes

Des boulettes d'agneau haché pochées dans la sauce : la version du quotidien.

L'autre volaille sucrée-acide

Notre canard aux navets.

Questions fréquentes

Pourquoi cuire les noix seules une heure ?

Pour qu'elles rendent leur huile, que leurs tanins se transforment et que leur amidon épaississe : la sauce fonce, lisse et perd son amertume, sans farine.

Qu'est-ce que la mélasse de grenade ?

Du jus de grenade réduit en sirop épais et acide. En épicerie orientale, et elle se garde un an au frais.

Sucré ou acide ?

Les deux, et chacun règle à la fin : plus de sucre à Téhéran, plus de mélasse dans le Nord. On goûte.

Poulet ou canard ?

Poulet, cuisses, pour tous les jours ; canard pour la fête, avec une heure de plus.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Oui, c'est même conseillé : meilleur le lendemain, il se garde quatre jours et se congèle.

Quel vin servir avec ?

Un vin qui a un peu de sucre et de l'acidité, comme le plat : demi-sec, Rosette ou rosé fruité. Le sucré-acide se boit avec un vin qui a les deux.

Il y a des plats qu'on ne comprend pas à la première bouchée. Le fesenjan (khoresh-e fesenjān) est de ceux-là : une sauce brune, presque noire, épaisse comme une crème, à la fois sucrée, acide et amère, où l'on a du mal à reconnaître les noix et la grenade qui la composent. Puis on y revient, et l'on comprend pourquoi c'est le plat que les Iraniens servent aux mariages.

La sauce est faite de deux choses : des noix broyées très fin, presque en farine, et de la mélasse de grenade, ce sirop épais et acide obtenu en réduisant du jus de grenade. Et tout le secret est dans l'ordre. On ne mélange pas les noix à la mélasse et au poulet ; on cuit d'abord les noix seules, dans de l'eau, à petit feu, pendant une heure, en remuant. Pendant cette heure, trois choses se passent : les noix libèrent leur huile, qui remonte en surface et donne à la sauce sa brillance ; les tanins de leur peau, amers à cru, se transforment et foncent la sauce jusqu'au brun acajou ; et l'amidon et les protéines de la noix épaississent le liquide, sans farine ni fécule, jusqu'à la consistance d'une crème. Une sauce de fesenjan où les noix n'ont cuit que vingt minutes est claire, granuleuse et amère.

Ce n'est qu'après cette heure qu'on ajoute la mélasse de grenade, une pointe de sucre, et le poulet, des cuisses dorées à part avec de l'oignon. Puis une heure encore, à feu doux, jusqu'à ce que la sauce nappe et que le poulet fonde. L'équilibre sucré-acide se règle à la fin, à la cuillère : plus de mélasse pour l'acide, plus de sucre pour le doux, selon le goût et la région (Téhéran aime sucré, le Nord aime acide).

On sert sur du riz safrané, avec des graines de grenade fraîches par-dessus, dont le croquant et l'acidité vive réveillent la sauce.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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