Gratin de cardons à la provençale

Accompagnement

Gratin de cardons à la provençale : recette facile

  • Préparation : 45 min
  • Cuisson : 1 h 45
  • Repos : Aucun
  • Économique
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UN ÉCONOME ET DES GANTS (L'OUTIL DU PLAT : effiler les côtes sans se noircir les mains)
  • un saladier d'eau citronnée (les tronçons y tombent au fur et à mesure)
  • une grande casserole et un fouet (le blanc, la farine délayée sans grumeaux)
  • un linge (sécher les cardons cuits)
  • une sauteuse (la sauce provençale)
  • un plat à gratin en terre (il garde la chaleur à table)

L'astuce du chef

Un chardon domestiqué, blanchi comme une endive. Le légume d'hiver le plus courant jusqu'au XIXe siècle.

Réfugié à Lyon, à Genève et en Provence. Obligatoire au gros souper de Noël provençal.

Seules les côtes blanches et pleines. Les vertes et creuses sont amères et filandreuses.

Les épines des bords retirées au couteau. Elles ne fondent pas à la cuisson.

Effilé des deux faces, comme un céleri. Un fil oublié se retrouve entre les dents.

Dans l'eau citronnée aussitôt. Il noircit en une minute à l'air ; les mains aussi.

Cuit dans un blanc. Farine et citron : la méthode classique des légumes qui s'oxydent.

Une heure à petit frémissement. Tendre mais entier ; bouilli fort, il se défait.

Séché sur un linge avant la sauce. Mouillé, il détend la sauce en eau.

Les anchois fondus dans l'huile. Ils disparaissent et laissent le sel et la profondeur.

La chapelure à l'huile d'olive. Elle dore et croustille au lieu de sécher.

Une pointe d'amertume, c'est le cardon. La tomate à l'anchois la porte ; on ne cherche pas à l'effacer.

Préparation pas à pas

  1. Cardons parés, épines retirées, côtes effilées, pelées, en tronçons dans l'eau citronnée 40 min

    Le légume se défend : patience.

  2. Blanc : farine délayée, eau, citron, sel, huile, à ébullition 5 min

    Sans grumeaux.

  3. Cardons 1 h à petit frémissement dans le blanc, jusqu'à tendres 1 h

    Le couteau traverse, ils restent entiers.

  4. Égouttés, rafraîchis, séchés sur un linge 5 min

    Blancs.

  5. Huile, oignon 5 min, ail, anchois fondus 7 min

    Les anchois disparaissent dans l'huile.

  6. Tomates, concentré, thym, laurier, sucre ; 20 min jusqu'à épaisse 20 min

    La sauce provençale.

  7. Plat frotté d'ail, cardons, sauce mêlée, parmesan, chapelure à l'huile 5 min

    Chaque tronçon enrobé.

  8. Four 200 °C, 25 min, doré et bouillonnant ; gril 2 min si besoin 25 min

    Chaud, dans son plat, avec le gigot ou le pain.

Le conseil du caviste

Un légume amer et fondant, une sauce de tomate à l'anchois, un gratin à l'huile d'olive.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé à 9 °C, fruité, la Provence en Périgord.

Le Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux à 8 °C, le rosé de fête.

Le Villa Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne à 8 °C, blanc, pour ceux qui n'aiment pas le rosé.

L'amertume d'un légume s'accorde au rosé, jamais au rouge : l'amer et le tanin s'additionnent, l'amer et le fruit se compensent. Le cardon, comme l'artichaut, l'endive, le chicon, le radicchio, a une amertume qui fait son caractère et qui pose un problème au vin : le tanin d'un rouge est lui-même une amertume, et sur un légume amer les deux s'ajoutent, la bouche devient âpre et le vin paraît dur. Un blanc sec très vif ajoute une aigreur à l'amer, autre addition. Ce qui compense l'amertume, c'est le fruit et une pointe de rondeur : un rosé sec mais fruité, gorgé de fraise, dont le fruit fait contrepoids à l'amer du cardon et dont la fraîcheur répond à la tomate et à l'anchois ; c'est le vin des gratins provençaux depuis toujours, et ce n'est pas une facilité. La règle des légumes amers : le fruit compense, le tanin additionne ; sur l'amer, on passe au rosé.

À éviter : un rouge tannique, âpre sur l'amertume du cardon, et un blanc très vif, aigre sur l'amer.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Villa Dria Jardin Secret Côtes de GascogneVilla Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne 8,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les cardons sont noirs

Laissés à l'air, cuits sans blanc. Dans l'eau citronnée aussitôt coupés, et cuits dans un blanc à la farine et au citron.

Ils sont filandreux

Mal effilés, ou côtes vertes gardées. Effilés des deux faces à l'économe, seules les côtes blanches et pleines.

Ils sont durs

Pas assez cuits. Une heure à frémissement, jusqu'à ce que le couteau traverse sans résistance ; certains cardons demandent une heure et demie.

Ils sont très amers

Cardons verts, ou mal blanchis au champ. Les côtes blanches seulement, et une pincée de sucre dans la sauce ; une pointe d'amertume est normale.

Le gratin baigne

Cardons mouillés, sauce liquide. Séchés sur un linge, et la sauce mijotée jusqu'à épaisse.

La chapelure est sèche et pâle

Sans huile. Mêlée à l'huile d'olive avant d'être répandue, et deux minutes sous le gril.

Conservation & préparation anticipée

Le gratin se garde 3 jours au réfrigérateur et est meilleur réchauffé, 20 min au four à 180 °C couvert, puis 5 min à découvert.

Il se congèle 2 mois cuit, en portions ; réchauffé au four sans décongeler, 35 min.

Les cardons cuits dans le blanc se gardent 3 jours au réfrigérateur dans leur cuisson, et se congèlent : la corvée d'effilage se fait une fois pour deux gratins.

Les cardons crus se gardent 2 jours au réfrigérateur enveloppés d'un linge humide ; ils flétrissent vite.

La sauce provençale se garde 4 jours et sert aussi aux pâtes.

Variantes

À la moelle, de Lyon

Notre cardons à la moelle, la version lyonnaise, blanche, avec un jus de viande et de la moelle.

À la sauce blanche

Les cardons cuits nappés d'une béchamel au gruyère et gratinés : la version de Noël provençal la plus courante, douce, pour les enfants.

Le tian de l'été

Notre tian de légumes, la même Provence en juillet, avec les légumes du soleil.

L'anchoïade

Notre anchoïade, pour tremper les cardons cuits et froids, en apéritif du gros souper.

Questions fréquentes

Où trouver des cardons ?

Sur les marchés du Sud, de Lyon et de Genève, de novembre à février, en bottes de côtes blanches ; chez les maraîchers qui le cultivent, sur commande ; parfois en bocal, déjà cuits, honnêtes pour un gratin. Ils se travaillent le jour de l'achat.

Qu'est-ce qu'un blanc ?

Une eau de cuisson liée d'un peu de farine et acidulée de citron, avec un film d'huile en surface : elle empêche les légumes qui s'oxydent, cardons, salsifis, fonds d'artichaut, de noircir, et les garde clairs. La méthode classique.

Comment ne pas se noircir les mains ?

Des gants, ou les mains frottées de citron avant et après. Le cardon tache comme l'artichaut, et cela part en deux jours.

Pourquoi des anchois ?

Fondus dans l'huile, ils disparaissent et laissent un sel profond et un umami qui portent l'amertume du cardon. C'est la signature provençale ; sans eux, la sauce est une simple tomate. Ils ne goûtent pas le poisson.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Oui, c'est fait pour : les cardons cuits la veille dans leur blanc, la sauce la veille, le gratin monté le matin et enfourné au moment. Il se réchauffe très bien et il est meilleur le lendemain.

Quel vin servir avec ?

Un rosé sec et fruité à 9 °C : le cardon est amer, et l'amertume s'additionne au tanin d'un rouge tandis qu'elle se compense par le fruit d'un rosé. Le rosé de fête pétillant à Noël ; jamais un rouge tannique.

Le cardon est un chardon domestiqué, cultivé pour ses côtes charnues que l'on blanchit en les enterrant ou en les enveloppant, comme les endives, et il a été l'un des légumes d'hiver les plus courants de la cuisine française jusqu'au XIXe siècle, avant de se réfugier à Lyon, où on le sert à la moelle, à Genève, et en Provence, où il est obligatoire aux treize desserts de Noël sous forme de gratin. Il se trouve de novembre à février, sur les marchés du Sud et de Lyon, en bottes de côtes blanches d'un mètre, et chez les maraîchers qui le cultivent encore ; il se travaille le jour de l'achat, parce qu'il flétrit.

La préparation, la plus longue étape : 1,5 kg de cardons, soit une botte, les côtes séparées, les feuilles et les épines des bords retirées au couteau, les côtes trop vertes et creuses écartées, seules les côtes blanches et pleines gardées. Chaque côte effilée comme une branche de céleri, les fils tirés à l'économe ou au couteau des deux faces, la peau fine de la face bombée pelée, puis coupée en tronçons de 5 cm, jetés au fur et à mesure dans un saladier d'eau citronnée, le jus d'un citron, parce que le cardon noircit en une minute à l'air. Les mains aussi noircissent : des gants, ou du citron. Il reste environ 900 g de cardons nets.

La cuisson dans un blanc, la méthode classique pour les légumes qui s'oxydent, cardons, salsifis, artichauts : dans une grande casserole, 2 cuillères à soupe de farine délayées dans un peu d'eau froide, 2 litres d'eau ajoutés en fouettant, le jus d'un citron, 2 cuillères à café de sel, 2 cuillères d'huile d'olive qui font un film en surface ; portés à ébullition, les cardons égouttés plongés dedans, et cuits à petit frémissement une heure, à découvert, jusqu'à ce qu'un couteau les traverse sans résistance, tendres mais entiers. La farine et le citron gardent les cardons blancs, et l'ébullition douce les attendrit sans les défaire ; en cocotte-minute, vingt minutes. Égouttés, rafraîchis, égouttés encore sur un linge.

La sauce provençale, pendant la cuisson : 4 cuillères d'huile d'olive, 1 oignon émincé fondu cinq minutes, 3 gousses d'ail hachées, 6 filets d'anchois à l'huile, fondus à la cuillère dans l'huile chaude jusqu'à disparaître, ils sont le sel et la profondeur du plat ; 400 g de tomates concassées, en boîte en hiver, une cuillère de concentré, une branche de thym, une feuille de laurier, du poivre, une pincée de sucre, mijotés vingt minutes jusqu'à une sauce épaisse. Une pointe de piment, une cuillère de câpres ou d'olives noires hachées pour qui veut. Le gratin : le four à 200 °C, un plat à gratin frotté d'ail et huilé, les cardons rangés dedans, la sauce versée dessus et mêlée délicatement pour enrober chaque tronçon, 50 g de parmesan ou de gruyère râpé, 4 cuillères de chapelure mêlée à 2 cuillères d'huile d'olive et une cuillère de persil, en couche régulière. Au four vingt-cinq minutes, jusqu'à ce que la chapelure soit dorée et croustillante et que la sauce bouillonne sur les bords ; sous le gril deux minutes si besoin. Servi chaud, dans son plat, avec un gigot, une daube, un rôti de porc, ou seul avec du pain de campagne et une salade, le soir de Noël provençal ou n'importe quel soir de décembre. Le cardon a un goût d'artichaut, une pointe d'amertume, et la tomate à l'anchois le porte comme rien d'autre.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Villa Dria Jardin Secret Côtes de GascogneVilla Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne 8,50 €

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