Korma de poulet dans un plat en cuivre, sauce ivoire très épaisse, noix de cajou grillées, cardamome et safran

Plat

Korma : ce qui lie la sauce, c'est une purée de noix, pas de la crème

La sauce d'un korma est ivoire et très épaisse, et cette texture ne vient pas de la crème : elle vient d'une purée de noix de cajou ou d'amandes. La crème, ajoutée seule, donne une sauce riche mais qui reste liquide.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : 30 min de trempage des noix, indispensable pour obtenir une pâte lisse
  • Modéré
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • un mixeur puissant ou un mortier (la pâte de noix doit être PARFAITEMENT lisse, sinon la sauce est granuleuse)
  • un bol pour tremper les noix (30 minutes d'eau chaude : sèches, elles ne se broient jamais lisses)
  • une cocotte à fond épais (la pâte de noix attache très vite, il faut une bonne inertie)
  • une cuillère en bois (on racle le fond en permanence après l'ajout de la purée)
  • un petit bol (pour tempérer le yaourt avec de la sauce chaude avant de le verser)
  • AUCUNE ébullition après le yaourt (il trancherait immédiatement)

L'astuce du chef

C'est la purée de noix qui lie un korma. Cajou, amandes ou pavot trempés et broyés : la crème n'est qu'une finition.

Elle épaissit physiquement. Ce sont des solides finement dispersés dans le liquide, et c'est ce qui donne à la sauce sa densité veloutée.

Elle apporte son propre gras. Une noix de cajou est grasse à près de la moitié de son poids : la richesse ne vient pas d'un ajout de crème.

Et son propre goût. Sucré, lacté, légèrement torréfié : c'est exactement le goût qu'on cherche dans un korma.

Les noix se trempent trente minutes. Sèches, elles se broient en poudre sableuse et la sauce reste granuleuse quoi qu'on fasse.

La pâte doit être parfaitement lisse. On la teste au doigt : le moindre grain se retrouvera en bouche.

Elle attache très vite. Une fois dans la cocotte, on ne cesse plus de racler le fond, à feu doux.

Le yaourt tranche à l'ébullition. Ses protéines coagulent et se séparent du petit-lait, et la sauce devient grumeleuse.

On le tempère donc. Quelques cuillères de sauce chaude fouettées dedans avant de le verser : il monte en température progressivement.

Plus aucune ébullition après. Le yaourt reste stable à feu doux, mais un seul bouillon suffit à le faire trancher.

Les oignons ne se colorent pas. Un korma est un curry pâle : des oignons dorés le feraient virer au brun et changeraient son identité.

Un korma ne pique pas. Ses épices sont aromatiques et non brûlantes, et c'est ce qui le distingue de tous les autres curries.

Préparation pas à pas

  1. Tremper les noix 30 minutes à l'eau chaude 30 min

    Elles doivent gonfler et s'attendrir. Sèches, elles donnent une pâte sableuse et une sauce granuleuse.

  2. Broyer en pâte PARFAITEMENT lisse 5 min

    Avec un peu de leur eau. On passe le doigt dedans : on ne doit sentir aucun grain.

  3. Faire fondre les oignons SANS les colorer 20 min

    À feu doux, longuement. Un korma est un curry pâle : des oignons dorés le feraient virer au brun.

  4. Griller les épices entières dans le ghee 3 min

    Cardamome, cannelle, girofle, jusqu'à ce qu'elles embaument. Aromatiques, jamais brûlantes.

  5. Saisir le poulet et mouiller à peine 10 min

    Sans coloration, puis un fond d'eau. La sauce sera épaissie par les noix, pas par la réduction.

  6. AJOUTER LA PURÉE DE NOIX, RACLER LE FOND 15 min

    Elle épaissit à vue d'œil et attache très vite : on remue en permanence, à feu doux.

  7. TEMPÉRER LE YAOURT AVANT DE LE VERSER 3 min

    Trois cuillères de sauce chaude fouettées dedans, puis le tout dans la cocotte. Plus aucune ébullition ensuite.

  8. Crème, safran, repos hors du feu, servir 5 min

    Feu coupé. Le safran infusé au lait chaud apporte la couleur et le parfum, jamais un colorant.

Le conseil du caviste

Le korma est doux, lacté, parfumé et sans aucun piquant. C'est le plat indien le plus facile à accorder, précisément parce qu'il ne brûle pas.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est l'accord le plus juste : sa fraîcheur relance une sauce très riche.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Blanc à 10 °C pour un peu plus de rondeur, si vous chargez en crème et en safran.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C uniquement si vous avez relevé la recette, ce qui n'est plus vraiment un korma.

C'est la dose de piment qui décide de la bouteille, jamais le nom du plat : le korma en est la preuve inverse, il n'en a pas, donc un blanc sec suffit.

À éviter : un rouge, dont les tanins deviennent secs au contact d'une sauce aussi grasse et aussi douce.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
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Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La sauce reste liquide

Le liant manquait. Ce n'est pas la crème qui épaissit un korma mais la purée de noix trempées et broyées, qui apporte de la matière solide.

La sauce est granuleuse

Les noix n'ont pas été trempées, ou pas assez broyées. Trente minutes d'eau chaude, puis une pâte lisse au toucher.

Le yaourt a tranché

Il a bouilli, ou il est entré froid. On le tempère avec trois cuillères de sauce chaude, et on ne fait plus jamais bouillir ensuite.

La sauce a attaché au fond

La purée de noix accroche très vite. Feu doux et raclage permanent dès qu'elle est dans la cocotte.

Le korma est brun, pas ivoire

Les oignons ont doré. Ils se font fondre longuement à feu doux, sans prendre de couleur.

C'est écœurant

Trop de crème par-dessus les noix. Les noix apportent déjà le gras : la crème n'est qu'une cuillère de finition.

Conservation & préparation anticipée

Le korma se garde 3 jours au réfrigérateur, et il épaissit encore : on le détend avec un peu d'eau au réchauffage.

Il se réchauffe à feu très doux, sans jamais bouillir, sous peine de faire trancher le yaourt une fois de trop.

Il se congèle 2 mois, mais le yaourt supporte mal : mieux vaut congeler avant de l'ajouter et finir la sauce au moment de servir.

La pâte de noix se prépare la veille et se garde 3 jours : c'est l'étape la plus longue de la recette.

Elle se congèle en petites portions, et devient alors un raccourci pour tous les curries crémeux.

Variantes

Navratan korma

La version végétarienne aux neuf joyaux, légumes et fruits secs. La base de noix est rigoureusement la même.

Shahi korma

Avec des graines de pavot blanc en plus des amandes, et du safran en quantité. Encore plus épais, encore plus pâle.

Le curry qui pique, lui

L'exact opposé, vinaigre et piment : notre vindaloo.

La règle des épices

Frites dans le gras avant tout liquide : notre poulet au curry.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui épaissit la sauce d'un korma ?

Une purée de noix de cajou ou d'amandes trempées et broyées. Ce sont des solides finement dispersés qui épaississent physiquement le liquide, ce que la crème ne fait pas.

Faut-il tremper les noix ?

Oui, trente minutes à l'eau chaude. Sèches, elles se broient en poudre sableuse et la sauce reste granuleuse quoi qu'on fasse ensuite.

Pourquoi mon yaourt a-t-il tranché ?

Il a bouilli, ou il est entré froid dans une sauce chaude. On le tempère avec quelques cuillères de sauce avant de le verser, et on ne fait plus bouillir.

Un korma doit-il piquer ?

Jamais. Ses épices sont aromatiques et non brûlantes : cardamome, cannelle, girofle, macis. C'est exactement ce qui le distingue des autres curries.

Pourquoi la sauce est-elle brune ?

Les oignons ont doré. Un korma est un curry pâle : ils se font fondre longuement à feu doux, sans prendre la moindre couleur.

Quel vin servir avec un korma ?

Un bordeaux blanc sec à 10 °C. C'est le plat indien le plus facile à accorder, précisément parce qu'il ne pique pas : c'est le piment qui décide, jamais le nom du plat.

Le korma est le curry doux par excellence, et la recette qu'on en donne en Occident se résume souvent à « du poulet, des épices douces et beaucoup de crème ». Le résultat est riche, mais toujours un peu liquide, et il manque quelque chose qu'on n'arrive pas à nommer.

Ce quelque chose, c'est la purée de fruits secs. Un korma authentique est lié par des noix de cajou, des amandes ou des graines de pavot trempées puis broyées en pâte lisse. Cette pâte apporte trois choses qu'aucune crème ne donne : de la matière, puisque ce sont des solides finement dispersés qui épaississent physiquement le liquide, du gras naturel, la cajou en contenant près de la moitié de son poids, et un goût sucré et lacté qui est précisément le goût du korma.

Le second point technique est le yaourt, qui accompagne presque toujours cette base. Il tranche à la moindre ébullition, parce que ses protéines coagulent et se séparent du petit-lait. La parade est indienne et simple : on le tempère, c'est-à-dire qu'on lui incorpore d'abord quelques cuillères de sauce chaude avant de le verser dans la casserole, et on ne le laisse plus jamais bouillir ensuite.

Un korma ne pique pas. C'est un curry aux épices aromatiques et non brûlantes : cardamome, cannelle, clou de girofle, macis. C'est aussi ce qui en fait, dans toute la cuisine indienne, le plat le plus facile à accorder avec un vin sec.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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