Chapatis indiens sur une planche, l'un gonflé en ballon au-dessus de la flamme, les autres empilés à plat avec du ghee fondu

Accompagnement

Chapati : s'il ne gonfle pas en ballon, c'est que la première face a durci

Un chapati n'a ni levure ni levain : son ballon est uniquement de la vapeur. Pour qu'elle soulève la galette, les deux faces doivent être scellées par un contact rapide avant l'exposition à la flamme.

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 15 min
  • Repos : 30 min de repos de la pâte, indispensable pour qu'elle s'étale sans se rétracter
  • Économique
  • 12 chapatis
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

12 chapatis

Ustensiles

  • un tawa ou une poêle en fonte (À SEC ET BRÛLANTE : c'est le contact rapide qui scelle les deux faces)
  • une flamme nue, ou un linge propre (la troisième étape : soit sur le gaz, soit en pressant doucement à la poêle)
  • une pince (pour passer la galette au-dessus de la flamme sans se brûler)
  • un rouleau fin (on étale à 2 mm, régulièrement : une épaisseur inégale ne gonfle pas)
  • un torchon propre (les chapatis cuits s'empilent dessous et restent souples)
  • un bol couvert (la pâte y repose 30 minutes, sans sécher)

L'astuce du chef

Un chapati n'a aucun agent levant. Ni levure, ni levain, ni bicarbonate : son ballon ne peut venir que de l'eau de la pâte.

Cette eau devient de la vapeur au contact de la plaque. Elle cherche à sortir, et si elle ne le peut pas, elle écarte les deux couches de la galette.

Les deux faces doivent donc être scellées. Une face encore humide laisse la vapeur s'échapper, et la galette reste plate.

La première face ne dure que trente secondes. Assez pour sécher la surface, trop peu pour la durcir : c'est là que tout se joue.

Une face trop cuite devient rigide. Elle ne peut plus se soulever, et le ballon n'a plus aucune chance de se former.

Le troisième temps se fait à la flamme. Le choc de chaleur directe achève de vaporiser l'eau restante, et le ballon se forme en deux secondes.

Sans gaz, un linge fait l'affaire. On presse doucement le tour de la galette sur la poêle : la vapeur est forcée vers le centre et le soulève.

La pâte doit être souple, presque collante. C'est son eau qui fera le ballon : une pâte ferme n'a rien à vaporiser.

La plaque cuit à sec. Une matière grasse fait frire la surface au lieu de la sécher, et le sceau ne se forme pas.

L'épaisseur doit être régulière. Un point plus fin ou plus épais devient le point faible par lequel la vapeur s'échappe.

La pâte repose trente minutes. La farine complète est lente à s'hydrater, et le gluten détendu s'étale sans revenir en arrière.

Le ghee entre après cuisson. Posé avant, il empêcherait le contact direct qui scelle la surface.

Préparation pas à pas

  1. Pétrir une pâte SOUPLE, presque collante 10 min

    Eau ajoutée peu à peu. Une pâte sèche n'a pas d'eau à vaporiser : elle ne gonflera jamais.

  2. Laisser reposer 30 minutes sous un linge 30 min

    Le gluten se détend et la farine complète finit de s'hydrater. Sans repos, la pâte se rétracte au rouleau.

  3. Diviser et étaler à 2 mm, régulièrement 10 min

    Des disques de 15 cm. Une épaisseur inégale crée un point faible par où la vapeur s'échappera.

  4. Chauffer le tawa À SEC, très fort 5 min

    Une goutte d'eau doit y danser. Aucune matière grasse : elle empêcherait la surface de se sceller.

  5. PREMIÈRE FACE : 30 SECONDES, PAS PLUS 1 min

    Jusqu'à ce qu'elle blanchisse et se pique de bulles. Plus longtemps, elle durcit et rien ne gonflera.

  6. Retourner : 1 minute sur la seconde face 1 min

    Jusqu'aux premières taches brunes. Les deux peaux sont maintenant scellées, la vapeur est prisonnière.

  7. TROISIÈME TEMPS : LA FLAMME NUE 20 s

    À la pince, au-dessus du gaz, ou en pressant au linge. Il gonfle en ballon en deux ou trois secondes.

  8. Beurrer au ghee et empiler sous un torchon 1 min

    Aussitôt sorti. Empilés et couverts, ils s'attendrissent mutuellement par leur propre vapeur.

Le conseil du caviste

Le chapati est neutre, sec et discret : il ne choisit jamais le vin, il accompagne celui du plat qu'il sert à saucer.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Blanc à 10 °C s'il accompagne un plat végétarien doux comme un palak paneer.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C s'il vient avec un curry relevé : c'est alors le piment qui commande.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C sur un plat de viande mijotée sans piment.

Un pain ne décide jamais de la bouteille : on regarde ce qu'il y a dans le plat, et rien d'autre.

À éviter : de choisir le vin sur le pain, ce qui revient à ne pas choisir du tout.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
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Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le chapati ne gonfle pas

La première face a cuit trop longtemps et a durci. Trente secondes suffisent, juste le temps qu'elle blanchisse et se pique de bulles.

Il gonfle puis se dégonfle par un trou

L'épaisseur était inégale, ou la pâte percée au rouleau. Un point faible laisse la vapeur s'échapper.

Il est dur et cassant

La pâte était trop sèche, ou la cuisson trop longue. Elle doit être souple, presque collante, et chaque face compte en secondes.

Il colle à la poêle

La poêle n'était pas assez chaude. Une goutte d'eau doit y danser avant que le premier chapati n'arrive.

La pâte se rétracte au rouleau

Elle n'a pas reposé. Trente minutes sous un linge suffisent à détendre le gluten et à hydrater la farine complète.

Ils durcissent en refroidissant

Ils ont été posés à l'air. On les empile chauds sous un torchon, où leur vapeur les garde souples.

Conservation & préparation anticipée

Les chapatis se gardent 2 jours empilés dans un torchon puis dans une boîte, et se réchauffent 20 secondes à la poêle.

Ils se congèlent cuits, 2 mois, séparés par du papier cuisson, et se réchauffent directement congelés.

La pâte crue se garde 24 h au réfrigérateur, filmée, et se travaille même mieux le lendemain.

Ils s'empilent chauds sous un torchon : leur propre vapeur les attendrit mutuellement, et c'est indispensable.

Ils durcissent à l'air libre en dix minutes : jamais posés à plat sur une assiette découverte.

Variantes

Phulka

Le même chapati, mais toujours fini à la flamme nue plutôt qu'au linge. Le mot désigne justement le gonflement.

Paratha

Feuilleté au ghee et plié plusieurs fois. Il ne gonfle pas en ballon, il feuillette : ce sont deux techniques opposées.

Le pain indien au levain

Tout l'inverse, une poêle brûlante et une pâte levée : notre naan.

La même vapeur, en Grèce

Un pain plat qui s'ouvre en poche : notre pain pita maison.

Questions fréquentes

Pourquoi mon chapati ne gonfle-t-il pas ?

Parce que la première face a cuit trop longtemps et a durci. Trente secondes suffisent : au-delà, la surface devient rigide et la vapeur ne peut plus la soulever.

Faut-il de la levure dans un chapati ?

Jamais. Il n'y en a pas, et le ballon vient uniquement de l'eau de la pâte transformée en vapeur entre deux peaux scellées.

Peut-on le faire sans flamme nue ?

Oui, en pressant doucement le tour de la galette sur la poêle avec un linge propre. La vapeur est alors forcée vers le centre et le soulève.

Quelle consistance doit avoir la pâte ?

Souple, presque collante. C'est son eau qui fera le ballon : une pâte ferme n'a rien à vaporiser et restera plate.

Faut-il huiler la poêle ?

Non, elle cuit à sec. Une matière grasse fait frire la surface au lieu de la sécher, et le sceau qui retient la vapeur ne se forme pas.

Quel vin servir avec des chapatis ?

Celui du plat qu'ils accompagnent. Un pain neutre ne décide jamais de la bouteille : c'est le curry, et surtout son piment, qui commande.

Le chapati est la galette quotidienne du nord de l'Inde : farine complète, eau, sel. Pas de levure, pas de levain, pas de matière grasse dans la pâte. Et pourtant, bien fait, il gonfle d'un coup en ballon parfait sur le feu, avant de retomber en deux couches minces séparées par de l'air.

Puisqu'il n'y a aucun agent levant, ce ballon ne peut venir que d'une chose : l'eau de la pâte transformée en vapeur. Cette vapeur ne peut soulever la galette que si elle est emprisonnée, c'est-à-dire si les deux surfaces ont été rapidement séchées et scellées par le contact avec la plaque brûlante. Si une face reste humide, la vapeur s'échappe par là, et le chapati reste plat.

D'où la séquence, qui n'a l'air de rien mais qui est toute la recette. Trente secondes sur la première face, jusqu'à ce qu'elle blanchisse et se pique de petites bulles. On retourne, une minute sur la seconde, jusqu'aux premières taches brunes. Puis on retourne à nouveau et on expose à la flamme nue, ou on presse doucement avec un linge : la vapeur, prisonnière entre deux peaux scellées, n'a plus qu'à écarter les couches.

Le piège classique est de laisser la première face trop longtemps : elle durcit au lieu de simplement se sceller, la galette perd sa souplesse, et rien ne gonfle plus.

Avant de partir

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