Nasi goreng indonésien, riz brun laqué aux grains bien détachés, œuf au plat, krupuk et bouteille de kecap manis

Plat

Nasi goreng : le kecap manis entre dans les trente dernières secondes

Le kecap manis n'est pas une sauce soja : c'est un sirop de sucre de palme. Versé tôt dans un wok à 200 °C, son sucre passe du caramel au brûlé en quelques secondes, et le plat devient amer.

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 12 min
  • Repos : Le riz doit être cuit la veille et bien froid
  • Économique
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • un wok en acier, très chaud (au-delà de 200 °C : c'est justement pour ça que le sucre doit entrer tard)
  • une spatule large (on saute en soulevant, on n'écrase jamais les grains)
  • une poêle à part pour les œufs (ils se font pendant que le riz saute, et se posent dessus)
  • un mortier ou un petit mixeur (échalotes, ail et piment se broient en pâte, jamais hachés grossièrement)
  • une minuterie (trente secondes, c'est court, et c'est tout ce que dure l'étape du kecap)
  • un plat de service chaud (le riz sauté refroidit très vite en fine couche)

L'astuce du chef

Le kecap manis est un sirop de sucre. Le sucre de palme y représente souvent plus de la moitié du poids : ce n'est pas une sauce soja liquide.

Un wok travaille au-dessus de 200 °C. C'est ce qui fait la qualité d'un riz sauté, et c'est aussi ce qui condamne le sucre versé trop tôt.

Le sucre caramélise vers 170 °C puis brûle. La fenêtre entre le caramel et l'amertume se compte en secondes sur du métal nu.

Il entre donc dans les trente dernières secondes. Sur le riz déjà chaud, jamais sur le fond du wok, et le feu peut même être coupé.

Le riz tempère le sirop. Plus froid que le métal, il le répartit et le laisse laquer au lieu de brûler.

La pâte de crevettes brûle vite aussi. Deux minutes de friture, en remuant sans arrêt, et pas une de plus.

Le riz doit être de la veille et bien froid. Ses grains ont perdu de l'eau et se séparent ; un riz du jour colle et s'écrase.

Il s'égrène à la main avant de commencer. Un paquet resté compact cuit à la vapeur au centre du wok au lieu de sauter.

Le wok chauffe à blanc. Il doit fumer légèrement avant l'huile : tiède, il fait bouillir les ingrédients dans leur propre eau.

On saute en soulevant. Écrasés à la spatule, les grains libèrent leur amidon et se mettent à coller.

Les ingrédients entrent par étapes. Tout ensemble, ils font chuter la température du wok et rien ne saisit.

L'œuf se fait à part. Il se pose sur le riz au moment de servir, jaune coulant : brouillé dedans, il masque tout le reste.

Préparation pas à pas

  1. Égrener le riz froid à la main 5 min

    Aucun bloc ne doit rester. Un paquet de riz cuit à la vapeur dans le wok au lieu de sauter.

  2. Broyer échalotes, ail et piments en pâte 8 min

    Avec la pâte de crevettes grillée. C'est le bumbu, la base de tout le plat.

  3. Chauffer le wok À BLANC, puis l'huile 3 min

    Il doit fumer légèrement. Un wok tiède fait bouillir le riz au lieu de le saisir.

  4. Frire la pâte 2 minutes, jusqu'à ce qu'elle fonce 2 min

    Sans la laisser noircir. La pâte de crevettes brûle vite, on remue sans arrêt.

  5. Saisir poulet et crevettes, puis le chou 4 min

    À feu vif, par étapes. Le chou doit rester croquant, il entre en dernier.

  6. Ajouter le riz et le sauter 3 minutes 3 min

    En soulevant à la spatule. Il doit crépiter et les grains rester bien séparés.

  7. VERSER LE KECAP MANIS, 30 SECONDES 1 min

    Sur le riz chaud, jamais sur le métal nu. On laque, on ne caramélise pas : au-delà, c'est amer.

  8. Dresser, poser l'œuf au plat, servir 2 min

    Krupuk, concombre, tomate, sambal. Aussitôt : le riz sauté refroidit en deux minutes.

Le conseil du caviste

Le nasi goreng est sucré-salé, fumé, et plus ou moins piquant selon le sambal. Le sucre du kecap manis compte autant que le piment.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C est l'accord le plus juste : un plat sucré rend sec un vin qui ne l'est pas.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C, servi très frais, pour une version peu pimentée.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C si vous allégez le kecap manis, ce qui change vraiment le plat.

Ici ce n'est pas seulement le piment, c'est le sucre : les deux poussent dans la même direction, vers un vin qui a du sucre résiduel.

À éviter : un rouge, et tout blanc sec très tendu, que le kecap manis rendrait acide.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le riz est amer

Le kecap manis est entré trop tôt. C'est du sirop de sucre, et sur un wok à plus de 200 °C il passe du caramel au brûlé en quelques secondes.

Il n'est pas assez coloré

Pas assez de kecap manis, ou versé feu coupé trop tôt. Trente secondes sur le riz chaud suffisent à le laquer.

Le riz colle

Il était du jour, ou il a été écrasé à la spatule. Il faut du riz de la veille, bien froid, sauté en soulevant.

Ça a bouilli au lieu de sauter

Le wok n'était pas assez chaud, ou trop chargé. Il doit fumer légèrement, et les ingrédients entrent par étapes.

La base a un goût de brûlé

La pâte de crevettes a trop cuit. Deux minutes en remuant sans arrêt, jusqu'à ce qu'elle fonce, sans noircir.

Le plat est fade

Le bumbu a été haché au lieu d'être broyé. En pâte, il enrobe chaque grain ; en morceaux, il reste à côté.

Conservation & préparation anticipée

Le nasi goreng se garde 2 jours au réfrigérateur, mais il ne retrouve jamais ses grains séparés.

Il se réchauffe au wok très chaud, jamais au micro-ondes, qui le rend pâteux.

Il ne se congèle pas : le riz déjà sauté devient farineux à la décongélation.

La pâte d'épices se garde 1 semaine au réfrigérateur et 3 mois au congélateur, ce qui rend le plat faisable en dix minutes.

Le riz de la veille est le vrai secret d'organisation : on en cuit toujours trop la veille, exprès.

Variantes

Nasi goreng kampung

La version villageoise, aux anchois séchés et sans viande. Plus salée, plus rustique, et encore plus dépendante du kecap.

Mie goreng

Les mêmes assaisonnements, avec des nouilles au lieu du riz. Le kecap manis y entre exactement au même moment.

La règle du riz de la veille

Pourquoi le riz du jour colle : notre riz cantonais.

Le cousin thaï

Autre équilibre, sans sirop sucré : notre khao pad.

Questions fréquentes

Pourquoi mon nasi goreng est-il amer ?

Le kecap manis est entré trop tôt. C'est un sirop dont le sucre représente plus de la moitié du poids, et sur un wok à plus de 200 °C il brûle en quelques secondes.

Quand exactement ajouter le kecap manis ?

Dans les trente dernières secondes, versé sur le riz déjà chaud et jamais sur le métal nu. Le feu peut même être coupé.

Le kecap manis est-il une sauce soja ?

Pas au sens habituel. C'est un sirop épais de soja et de sucre de palme, et c'est le sucre qui domine et qui commande la technique.

Faut-il du riz de la veille ?

Oui. Ses grains ont perdu de l'eau et se séparent ; un riz du jour colle, s'écrase et cuit à la vapeur dans le wok.

Pourquoi cuire l'œuf à part ?

Pour qu'il reste au plat, jaune coulant, posé sur le riz. Brouillé dans le wok, il masque le goût du bumbu et du kecap.

Quel vin servir avec un nasi goreng ?

Un côtes de bergerac moelleux à 8 °C. Ici ce n'est pas seulement le piment : le sucre du kecap manis rendrait sec tout vin qui n'en a pas.

Le nasi goreng se reconnaît à sa couleur brun acajou et à son goût sucré-salé profond. Les deux viennent du kecap manis, la sauce soja sucrée indonésienne, et c'est aussi elle qui fait rater le plat une fois sur deux : le riz sort amer, avec un arrière-goût de brûlé qu'aucun ajout ne rattrape.

La cause tient à ce qu'est réellement le kecap manis. Ce n'est pas une sauce soja liquide : c'est un sirop épais, dont le sucre de palme représente souvent plus de la moitié du poids. C'est du sucre, dans une bouteille.

Or un wok correctement chauffé travaille bien au-dessus de 200 °C. À cette température, le sucre passe très vite par ses étapes : il fond, il caramélise vers 170 °C, puis il se décompose et brûle. La fenêtre entre le caramel et l'amertume se compte en secondes, pas en minutes. Un kecap manis versé en début de cuisson, sur un wok vide et brûlant, est déjà brûlé quand le riz arrive.

Le geste correct est donc de le réserver pour la toute fin : on le verse sur le riz déjà chaud, dans les trente dernières secondes, ou même feu coupé. Le riz, plus froid que le métal, tempère le sirop, qui laque au lieu de brûler.

Pour le reste, la règle du riz de la veille s'applique comme à tout riz sauté, et notre page riz cantonais l'explique en détail.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €

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