Assiette de nouilles sautées au bœuf, poivron, pak choï, verre de vin rouge léger

Plat principal

Nouilles sautées au bœuf : recette traditionnelle

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 10 min
  • Repos : 30 min de veloutage du bœuf
  • Moyen
  • 4 personnes
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN WOK EN ACIER OU UNE GRANDE POÊLE EN FER (L'OUTIL DU PLAT : il doit fumer avant l'huile)
  • un couteau long bien affûté (le bœuf raffermi tranché à 3 mm)
  • une grande casserole (les nouilles dans beaucoup d'eau)
  • une passoire (rincer à l'eau froide, bien secouer)
  • des bols (chaque ingrédient prêt, la sauce mêlée)
  • une spatule de wok (sauter et racler)

L'astuce du chef

Le plat qui a fait connaître la cuisine chinoise au monde. Dégradé en chemin : sauce épaisse, nouilles bouillies, bœuf en semelle.

À Canton, un plat sec, brillant, fumé. Chaque nouille séparée, chaque lamelle tendre.

Une organisation militaire. Tout prêt avant le feu ; une fois lancé, rien ne s'arrête.

Le bœuf raffermi vingt minutes au congélateur. On le tranche à 3 mm sans effort.

Contre le grain. Les fibres coupées court comptent plus que le morceau.

Le veloutage au bicarbonate. La surface alcalinisée, les protéines ne se contractent plus : tendre même saisi.

La fécule gaine et retient les jus. Trente minutes, pas plus d'une heure.

Les nouilles une minute de moins, rincées, huilées. Elles ne collent plus et finissent de cuire au wok.

Le wok fume avant l'huile. Une fumée bleue, l'huile qui ondule.

Chaque ingrédient saisi séparément, par petites quantités. Entassé, tout bout dans son jus.

Les nouilles laissées sans bouger une minute. Elles grillent et prennent le fumé : le wok hei.

La sauce versée sur le bord brûlant du wok. Elle grésille et caramélise au lieu de bouillir.

Préparation pas à pas

  1. Bœuf raffermi au congélateur, tranché fin contre le grain 10 min

    Les fibres courtes.

  2. Velouté : bicarbonate, soja, Shaoxing, fécule, huile ; 30 min au frais 30 min

    Le secret du bœuf tendre des restaurants.

  3. Nouilles cuites 1 min de moins, rincées froides, huilées ; légumes taillés ; sauce mêlée 15 min

    Tout est prêt avant le feu.

  4. Wok fumant, huile ; bœuf en deux fois, 40 s sans toucher, 30 s, retiré rosé 3 min

    Entassé, il bout et grisonne.

  5. Ail, gingembre, blanc d'oignon 10 s ; poivron, pak choï 1 min ; germes 30 s ; retirés 2 min

    Toujours à feu maximal.

  6. Nouilles étalées, 1 min sans bouger, puis sautées 1 min 2 min

    Elles grillent par en dessous : le wok hei.

  7. Bœuf et légumes de retour, sauce sur le bord brûlant, 30 s de sauts 1 min

    Elle grésille et caramélise.

  8. Vert des oignons, huile de sésame ; assiettes chaudes, à l'instant 1 min

    Quatre minutes de feu.

Le conseil du caviste

Du bœuf saisi et laqué de soja et de sauce d'huître, des nouilles fumées, un plat salé et caramélisé.

Le Château Beynat Léonard à 14 °C, léger, servi frais.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, souple, le rouge de tous les jours.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 15 °C, un peu plus de fruit.

La sauce soja est un sel liquide, et le sel durcit le tanin : sur un plat au soja, le rouge doit avoir le tanin le plus fondu possible. On pense qu'un bœuf appelle un rouge de caractère, et c'est vrai d'un bœuf grillé au sel et au poivre. Mais un bœuf sauté au soja et à la sauce d'huître baigne dans une laque salée et fermentée, et le sel a un effet précis sur le vin : il accentue l'amertume et la sécheresse du tanin, un rouge jeune et extrait devient râpeux et métallique sur les nouilles. Il faut un rouge dont le tanin est déjà fondu, léger, servi frais, fruité, un merlot souple, un Bergerac de soif : le fruit répond à la caramélisation de la sauce, et la fraîcheur de service tient tête au wok brûlant. Moins un plat est salé, plus le rouge peut être tannique ; plus il est salé, plus le rouge doit être souple. Le soja est au sommet de cette échelle.

À éviter : un rouge jeune et tannique, râpeux et métallique sur le soja, et un blanc boisé, lourd sur la sauce d'huître.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 6,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le bœuf est dur et gris

Tranché épais ou dans le sens du grain, pas velouté, ou entassé. À 3 mm contre le grain, trente minutes de bicarbonate et de fécule, saisi en deux fois sans toucher.

Les nouilles sont collées en bloc

Trop cuites, pas rincées ni huilées. Une minute de moins, rincées froides, secouées, huilées au sésame.

Tout est mou et bouilli

Wok pas assez chaud, ou trop plein. Il fume avant l'huile, et chaque ingrédient est saisi séparément, retiré, puis réuni.

Ça n'a pas le goût de fumé

Feu trop faible, nouilles remuées sans cesse. Feu maximal, les nouilles laissées sans bouger une minute pour griller.

C'est trop salé

Soja foncée en trop, ou sauce réduite à sec. Une cuillère de soja foncée seulement, et trois cuillères d'eau dans la sauce.

Les légumes ont rendu de l'eau

Pak choï mouillé, wok tiède. Légumes bien essorés, feu maximal, une minute, et retirés.

Conservation & préparation anticipée

Les nouilles sautées se mangent aussitôt : réchauffées, elles sont acceptables 1 jour au wok très chaud, sans eau, mais elles perdent le fumé.

Elles ne se congèlent pas : les nouilles deviennent molles et le bœuf sec.

Le bœuf velouté cru se garde 1 jour au réfrigérateur, pas plus : le bicarbonate finirait par le rendre spongieux.

Les nouilles cuites et huilées se gardent 2 jours au réfrigérateur, dans une boîte.

La sauce mêlée se garde 1 semaine en bocal : on en fait le double pour le prochain sauté.

Variantes

Sans nouilles

Notre bœuf sauté au brocoli, le même bœuf velouté, avec du riz.

Les nouilles de Thaïlande

Notre pad see ew, des nouilles de riz larges au bœuf et au soja foncé, sautées de la même façon, avec l'œuf en plus.

Au tofu et aux légumes

Notre version au tofu, le même wok, pour un soir sans viande.

Au poulet ou aux crevettes

Des blancs de poulet en lamelles, veloutés de même sans bicarbonate ; ou des crevettes crues, une minute au wok : la même recette, le même feu.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le veloutage ?

La technique des restaurants chinois : la viande crue massée avec du bicarbonate, du soja et de la fécule, trente minutes. Le bicarbonate empêche les fibres de se contracter, la fécule retient les jus : le bœuf reste tendre même saisi à feu violent.

Quel morceau de bœuf ?

Bavette, flanchet, rumsteck, des morceaux à fibres longues et au goût franc. Tranchés fin contre le grain, ils sont plus tendres qu'un filet mal coupé. Vingt minutes au congélateur facilitent la coupe.

Quelles nouilles ?

Des nouilles aux œufs chinoises, fraîches ou sèches, fines ou moyennes. À défaut, des ramen sèches. Cuites une minute de moins, rincées froides et huilées : elles finissent au wok.

Pas de wok ?

Une grande poêle en fer ou en fonte, la plus large possible, chauffée à fumer. On saisit par petites quantités, plus encore qu'au wok, parce que la surface est plus petite.

Qu'est-ce que le wok hei ?

Le « souffle du wok », ce goût de fumée des cuisines cantonaises : il vient d'un wok brûlant, d'une huile qui fume, et des nouilles laissées griller sans bouger une minute. Un feu de gaz puissant l'obtient mieux qu'une plaque.

Quel vin servir avec ?

Un rouge léger au tanin fondu, servi frais à 14 °C : le sel du soja durcit le tanin, et un rouge jeune et extrait devient métallique. Un Bergerac souple ou un Bordeaux fruité, jamais un rouge tannique.

Le chow mein, « nouilles sautées » en cantonais, est le plat qui a fait connaître la cuisine chinoise au monde, de San Francisco à Londres, et il s'est dégradé en chemin : une sauce épaisse et sucrée, des nouilles bouillies, du bœuf en semelle. À Canton et à Hong Kong, c'est un plat sec, brillant, fumé, où chaque nouille est séparée et chaque lamelle de bœuf tendre et caramélisée. Il ne demande pas d'équipement rare, un wok ou une grande poêle en fer, mais une organisation militaire : tout est prêt avant que le feu ne soit allumé, parce qu'une fois lancé, rien ne s'arrête.

Le bœuf : 400 g de bavette, de rumsteck ou de flanchet, mis vingt minutes au congélateur pour raffermir, puis tranchés en lamelles de 3 mm, contre le grain, les fibres coupées court, ce qui compte plus que le morceau. Le veloutage, la technique des restaurants chinois : les lamelles mêlées à une demi-cuillère à café de bicarbonate de soude, une cuillère à soupe de sauce soja, une cuillère à soupe de vin de Shaoxing ou de xérès sec, une cuillère à café de fécule de maïs et une cuillère à café d'huile, massées aux mains, trente minutes au frais. Le bicarbonate alcalinise la surface et empêche les protéines de se contracter : le bœuf reste tendre même saisi à feu violent. La fécule le gaine et retient les jus. C'est le secret du bœuf tendre de tous les restaurants chinois, et il coûte trente minutes.

Les nouilles : 400 g de nouilles aux œufs chinoises fraîches, ou 250 g sèches, cuites dans une grande eau bouillante une minute de moins que le paquet ne l'indique, égouttées, rincées à l'eau froide pour ôter l'amidon et arrêter la cuisson, bien secouées, mêlées à une cuillère d'huile de sésame : elles ne collent plus, et elles finiront de cuire dans le wok. Les légumes, en quantité mesurée, c'est un plat de nouilles et non de légumes : 1 poivron rouge en lanières, 2 pak choï en quartiers ou 150 g de chou chinois, 100 g de germes de soja, 3 oignons nouveaux en tronçons, le blanc et le vert séparés, 2 gousses d'ail et 1 cuillère de gingembre hachés. La sauce, mêlée dans un bol : 2 cuillères à soupe de sauce soja claire, 1 cuillère de soja foncée, pour la couleur, 2 cuillères de sauce d'huître, 1 cuillère de Shaoxing, 1 cuillère à café de sucre, un tour de poivre blanc, 3 cuillères d'eau.

Le feu : le wok vide chauffé à feu maximal jusqu'à ce qu'il fume, une fine fumée bleue, puis 2 cuillères d'huile neutre qui ondule aussitôt. Le bœuf en deux fois, étalé en une couche, sans toucher quarante secondes, retourné, trente secondes, retiré encore rosé, réservé : entassé, il bout dans son jus et grisonne. Un trait d'huile, l'ail, le gingembre et le blanc des oignons dix secondes, le poivron et le pak choï une minute en sautant, les germes de soja trente secondes, retirés. Un trait d'huile, les nouilles étalées, laissées sans bouger une minute pour qu'elles grillent et prennent le fumé par en dessous, puis sautées une minute. Tout revient dans le wok, le bœuf et son jus, les légumes, la sauce versée sur le bord brûlant du wok, où elle grésille et caramélise, trente secondes de sauts pour enrober, le vert des oignons, une cuillère d'huile de sésame. Servi à l'instant, dans des assiettes chaudes, avec de l'huile pimentée pour qui veut. Quatre minutes de feu, trente minutes de préparation : c'est la proportion de toute la cuisine chinoise.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 6,00 €

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