Pompe à l'huile dorée incisée en rayons, un morceau rompu à la main, huile d'olive, figues sèches et noix, bougies, table de réveillon provençale

Dessert

Pompe à l'huile : la brioche provençale à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger des treize desserts, qu'on rompt à la main et qu'on ne coupe jamais

La pompe à l'huile est la fougasse sucrée des treize desserts du Noël provençal : une pâte levée à l'huile d'olive, au sucre et à la fleur d'oranger, incisée en rayons, cuite dorée et plate. L'huile remplace le beurre de la brioche et donne une mie serrée, un peu élastique, et un parfum d'olive qui marie le sucre. Deux levées lentes, la seconde longue, font le moelleux. On la rompt à la main à table : la couper au couteau porterait malheur, dit la tradition, et cela change réellement la texture.

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 20 min
  • Repos : 2 h de première levée, 1 h 30 à 2 h de seconde levée
  • Économique
  • 8 personnes, une pompe de 25 cm
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

8 personnes, une pompe de 25 cm

Ustensiles

  • UN COUPE-PÂTE OU UNE LAME (L'OUTIL DU PLAT : inciser les rayons jusqu'au fond sans traverser le bord)
  • un grand saladier (pétrissage à la main, 10 min)
  • un linge (les deux levées, à couvert)
  • une plaque et un papier cuisson (disque de 25 cm)
  • un pinceau (huile avant et après cuisson)
  • une corbeille (trois jours sur la table, avec les douze autres desserts)

L'astuce du chef

Le gros souper provençal se termine par les treize desserts, laissés trois jours sur la table. La pompe au centre.

Une brioche sans beurre : le beurre était rare dans la Provence des oliviers. De l'huile d'olive, généreusement.

Farine, levure, eau, huile, sucre, fleur d'oranger. Rien d'autre.

L'huile ne se travaille pas comme le beurre : elle s'incorpore d'un coup. Dix minutes de pétrissage.

Elle donne une mie plus serrée, plus élastique. Plus fougasse que brioche.

Première levée, deux heures au tiède. Elle double.

Un disque plat de 25 cm, incisé en rayons jusqu'au fond, sans traverser le bord. Comme une roue.

La deuxième levée est la plus importante : une heure et demie ou plus. C'est elle qui fait le moelleux.

Pas assez levée, c'est une galette dure. On attend.

Vingt minutes à 190 °C, badigeonnée d'huile, pas d'œuf. Doré profond, huile encore à la sortie.

On la rompt à la main : la couper porte malheur, dit-on. Et rompue, la mie se déchire le long des fibres et reste aérée.

Les rayons sont faits pour cela. Ils disent où rompre.

Préparation pas à pas

  1. Délayer la levure dans l'eau tiède, 10 min 10 min

    Elle mousse.

  2. Farine, sucre, sel, zeste ; creuser, verser levure, huile, fleur d'oranger 3 min

    Mélanger à la main.

  3. Pétrir 10 min : souple, un peu collante, élastique 10 min

    L'huile s'incorpore d'un coup.

  4. Première levée 2 h sous un linge, au tiède 2 h

    Elle double.

  5. Dégazer, façonner un disque de 25 cm sur 2 cm, inciser en rayons jusqu'au fond 5 min

    Sans traverser le bord : une roue.

  6. SECONDE LEVÉE, 1 h 30 à 2 h, sous le linge 1 h 45

    C'est elle qui fait le moelleux. Les rayons s'ouvrent.

  7. Badigeonner d'huile, cuire 20 min à 190 °C, doré profond 20 min

    Huile encore à la sortie, sucre si l'on veut.

  8. Tiède ou froide, ROMPUE À LA MAIN le long des rayons 1 min

    Jamais coupée.

Le conseil du caviste

Une brioche à l'huile d'olive, peu sucrée, qui sent la fleur d'oranger et l'orange.

Le Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 8 °C, doux et discret.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C.

Le Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C pour le réveillon.

Parfum contre parfum, c'est la guerre. La fleur d'oranger est un parfum entêtant, qui prend toute la place ; un vin lui-même très aromatique, muscat, gewurztraminer, se bat avec elle et les deux se brouillent. On lui donne un vin doux qui se tait, un moelleux de sémillon ou de sauvignon, rond et peu parfumé, qui porte la fleur d'oranger sans lui répondre. Sur la pompe, les navettes, la tropézienne, le vin est un socle, pas un second bouquet.

À éviter : un vin doux très aromatique, qui se bat avec la fleur d'oranger, et tout rouge.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma pompe est dure, comme une galette

Seconde levée écourtée. Une heure et demie à deux heures sous un linge, jusqu'à ce que les rayons s'ouvrent.

La pâte ne lève pas

Levure morte ou eau trop chaude. Tiède au doigt, pas plus, et la levure doit mousser en dix minutes.

Les rayons se sont refermés à la cuisson

Incisions pas assez profondes. Jusqu'au fond, en écartant légèrement la pâte des deux côtés.

Elle est grasse

Trop d'huile ou huile pas incorporée. 12 cl pour 500 g de farine, pétris jusqu'à ce que la pâte soit lisse.

Elle a un goût de levure

Trop de levure ou levée trop chaude. 15 g pour 500 g, et une levée lente, à 22 °C plutôt qu'à 30.

Le dessus est pâle

Pas badigeonnée. De l'huile au pinceau avant le four, et un four bien chaud à 190 °C.

Conservation & préparation anticipée

La pompe à l'huile se garde 3 jours dans un linge, à température ambiante : c'est le temps des treize desserts.

Elle sèche un peu chaque jour ; on la trempe alors dans un vin doux, comme on l'a toujours fait.

Elle se congèle 2 mois, entière ou rompue, et se réchauffe 8 min au four à 160 °C.

Jamais au réfrigérateur : elle rassit plus vite.

Passée au grille-pain, rompue en morceaux, elle fait un petit-déjeuner du lendemain.

Variantes

Pompe aux grains d'anis

Une cuillère de graines d'anis dans la pâte, à la place de la fleur d'oranger : la version du Var.

Gibassier

La cousine du Comtat, plus plate, plus sèche, plus sucrée, aux zestes confits : elle se garde plus longtemps.

La fougasse salée

Notre fougasse aux olives, la même pâte sans sucre.

L'autre dessert des treize

Nos navettes de Marseille, à la fleur d'oranger elles aussi.

Questions fréquentes

Pourquoi de l'huile et pas du beurre ?

Parce que le beurre était rare dans la Provence des oliviers. L'huile donne une mie plus serrée, plus élastique, et un parfum d'olive qui marie le sucre.

Pourquoi la rompre et ne pas la couper ?

La tradition dit que la couper porte malheur. Et rompue, la mie se déchire le long de ses fibres et reste aérée ; coupée, elle est écrasée par la lame.

Pourquoi la seconde levée est-elle si longue ?

C'est elle qui fait le moelleux : la pâte à l'huile lève moins vite qu'une pâte au beurre. Pas assez levée, la pompe est une galette dure.

Que sont les treize desserts ?

Les desserts du Noël provençal, laissés trois jours sur la table : fruits secs, nougats, fruits confits, calissons, et la pompe à l'huile au centre.

Peut-on la faire à l'avance ?

Oui, la veille : elle se garde trois jours dans un linge et se trempe dans un vin doux quand elle sèche.

Quel vin servir avec ?

Un moelleux doux et peu aromatique à 8 °C : parfum contre parfum, c'est la guerre, et la fleur d'oranger veut un vin qui se tait.

Le gros souper de Noël provençal se termine par les treize desserts, que l'on laisse sur la table trois jours : fruits secs, nougats, fruits confits, calissons, et au centre la pompe à l'huile, la seule chose qui sorte du four. C'est une brioche sans beurre, le beurre étant rare dans la Provence des oliviers : on y met l'huile d'olive, généreusement, et la fleur d'oranger, et du sucre, et rien d'autre que la farine, la levure et l'eau.

L'huile dans une pâte levée se comporte autrement que le beurre : elle ne se travaille pas, elle s'incorpore d'un coup, et elle donne une mie plus serrée, plus élastique, qui rappelle la fougasse plus que la brioche. On pétrit dix minutes une pâte souple, un peu collante, on la laisse lever une première fois deux heures dans un endroit tiède, on la dégaze, et on la façonne en un disque plat de 25 cm, de 2 cm d'épaisseur, que l'on incise en rayons jusqu'au fond, sans traverser le bord, comme une roue. Puis vient la deuxième levée, la plus importante, longue, une heure et demie ou plus : c'est elle qui fait le moelleux, une pompe pas assez levée est une galette dure.

Elle cuit vingt minutes à 190 °C, badigeonnée d'huile plutôt que d'œuf, jusqu'à ce que le dessus soit d'un doré profond ; à la sortie, on la badigeonne encore d'huile et l'on peut la saupoudrer de sucre. Elle se mange tiède ou froide, le soir de Noël et les jours suivants, trempée dans un vin doux.

La tradition veut qu'on la rompe à la main et qu'on ne la coupe jamais : la couper au couteau, c'est se ruiner dans l'année. Il se trouve que le geste a un sens culinaire : rompue, la mie se déchire le long de ses fibres et reste aérée en surface ; coupée, elle est écrasée par la lame et devient dense sur les bords. Les rayons incisés avant cuisson sont faits pour cela : ils indiquent où rompre.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
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Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €

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