Assiette creuse de salmorejo de Cordoue, crème froide de tomate et de pain rose orangé, œuf dur haché, dés de jambon serrano et filet d'huile d'olive, morceau de pain, verre de vin blanc

Entrée

Salmorejo : la recette andalouse de la soupe froide

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 10 min
  • Repos : 10 min de trempage, 2 h au froid
  • Bon marché
  • 6 personnes
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UN BLENDER PUISSANT (L'OUTIL DU PLAT : la peau, les graines et le pain mixés en crème lisse, l'huile émulsionnée dans la cuve qui tourne)
  • un saladier (le pain trempé dans la tomate)
  • un tamis fin (facultatif, pour les blenders faibles)
  • un récipient couvert (deux heures au froid)
  • une petite casserole (les œufs durs, 9 minutes)
  • des assiettes creuses (une couche de 2 cm, l'œuf et le jambon dessus)

L'astuce du chef

Pas un gaspacho. Ni concombre, ni poivron, ni eau : tomate, pain, huile, ail, sel. Une crème, pas une soupe.

Les tomates d'été. Rouges à cœur, lourdes : rien ne corrige une tomate d'hiver, pas même le sucre.

Avec la peau et les graines. Un bon blender les passe ; elles donnent du corps et de la couleur.

Le pain dans la tomate. Trempé dans le jus, pas dans l'eau : il épaissit sans diluer.

Le pain blanc rassis. Mie dense, un jour de vieux : le pain frais fait une colle, le complet un goût de son.

L'ail dégermé. Une gousse, pas plus : cru et froid, il pique deux fois plus.

L'huile en filet. Versée dans la cuve qui tourne, comme une mayonnaise : c'est l'émulsion, pas un mélange.

Le rose orangé. Quand la crème pâlit, l'huile est émulsionnée ; rouge, elle ne l'est pas encore.

Épais. La cuillère qui tient : le salmorejo se mange, il ne se boit pas.

Peu ou pas de vinaigre. Cordoue s'en passe ; une cuillère de Xérès au plus, la tomate a déjà l'acide.

Deux heures de froid. Les goûts se lient, l'ail s'adoucit ; le lendemain, c'est mieux.

L'œuf et le jambon. Hachés, en dés, sur le dessus : la garniture qui fait le plat, et rien d'autre à Cordoue.

Préparation pas à pas

  1. Tomates mûres en quartiers, mixées seules 2 min 3 min

    Peau et graines comprises.

  2. Pain rassis trempé 10 min dans le jus de tomate 10 min

    Pas dans l'eau.

  3. Ail dégermé, sel ; mixé 2 min, lisse 2 min

    Sans grain de pain.

  4. Huile en filet mince, blender en marche, 2 min 2 min

    La crème pâlit et rosit.

  5. Vinaigre facultatif, goûté, consistance réglée 2 min

    La cuillère tient.

  6. 2 h au réfrigérateur, couvert 2 h

    Meilleur le lendemain.

  7. Œufs durs hachés, jambon en dés 10 min

    La garniture de Cordoue.

  8. Très froid en assiette creuse, œuf, jambon, huile ; pain 3 min

    À la cuillère ou en trempant.

Le conseil du caviste

Une crème froide de tomate crue, de pain et d'huile d'olive, avec de l'œuf dur et du jambon serrano.

Château Tour de Biot Blanc Sec à 9 °C, le blanc sec ample, moins acide que la tomate.

Moulin Caresse La Frangine Rosé à 8 °C, le rosé sec, pour la version au jambon ibérique.

Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 9 °C, le blanc sec rond, pour le salmorejo aux crevettes.

À la tomate crue, un vin moins acide qu'elle : la tomate crue est l'ingrédient le plus acide de la cuisine, plus qu'un citron mûr en proportion de ce qu'on en mange, et un vin vif posé dessus additionne son acidité à la sienne et devient aigre, tandis qu'un blanc ample et peu acide se glisse sous elle et paraît, par contraste, rond et doux. Le salmorejo est de la tomate crue à l'état pur, un kilo pour six, à peine tempérée par le pain et l'huile ; le sauvignon vif qu'on servirait d'instinct sur une « soupe froide d'été » y devient pointu, et c'est le tour de Biot, sec mais ample et peu acide, ou la Verrière, ronde, qui l'accompagnent, en glissant sous la tomate et en épousant l'huile d'olive émulsionnée. Le rosé sec, dont le fruit rouge répond à la tomate et le corps au jambon, va sur la version ibérique. C'est la règle des tomates crues, salmorejo, gaspacho, salade de tomates, bruschetta : le vin cède l'acidité à la tomate.

À éviter : un blanc très vif et acide, aigre sur la tomate crue, et un rouge tannique, métallique sur le froid et l'œuf.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Il est rouge et liquide, pas rose

Huile versée d'un coup, ou pas assez de pain. L'huile en filet dans le blender en marche, 2 minutes ; 200 g de pain trempé dans la tomate.

Il est fade

Tomates d'hiver, sous-salé. Des tomates de plein été, rouges à cœur ; une cuillère à café de sel, goûté froid, le froid éteignant le sel.

Il est trop fort en ail

Gousse entière avec le germe, ou mangé le jour même. Une gousse dégermée, une demie pour les sensibles ; le lendemain, il s'adoucit.

Il a des grains

Blender faible, pain trop gros. Le pain en petits morceaux trempé 10 minutes, 4 minutes de mixage ; passé au tamis au besoin.

Il est aigre

Vinaigre en excès, ou tomates acides. Pas de vinaigre, ou une cuillère ; une pincée de sucre ; plus de pain et d'huile.

Il a tranché au réfrigérateur

Émulsion faible. Remixé 30 secondes avec une cuillère d'huile avant de servir.

Conservation & préparation anticipée

Le salmorejo se garde 3 jours au réfrigérateur dans un récipient couvert, et il est meilleur le lendemain ; remué avant de servir, l'huile pouvant remonter.

Il se congèle 2 mois, l'émulsion cassant un peu ; décongelé au réfrigérateur et remixé 30 secondes avec un trait d'huile.

La garniture, œuf et jambon, se prépare au moment ; les œufs durs se gardent 3 jours écalés.

En sauce, il se garde 3 jours et nappe un poisson grillé ou des légumes rôtis.

Les tomates se gardent à température ambiante, jamais au réfrigérateur, qui les rend farineuses.

Variantes

Le gaspacho

Notre gaspacho de tomates, la soupe liquide de Séville, au concombre et au poivron.

La tortilla

Notre tortilla espagnole, le plat d'été qui suit le salmorejo dans les tavernes.

Le pan con tomate

Notre bruschetta tomate ail basilic, la même tomate crue sur le pain, à l'italienne.

La porra antequerana

300 g de pain au lieu de 200, un demi-poivron vert dans la cuve : la version de Málaga, plus épaisse, mangée à la fourchette.

Questions fréquentes

Quelle différence avec le gaspacho ?

Le gaspacho est une soupe liquide de Séville : tomate, concombre, poivron, oignon, eau et vinaigre, bue au verre. Le salmorejo est une crème épaisse de Cordoue : tomate, pain, huile, ail, sans eau ni légumes, mangée à la cuillère avec de l'œuf et du jambon. Le pain et l'huile émulsionnée font toute la différence.

Quelles tomates ?

Des tomates très mûres de plein été, rouges à cœur, en grappe, cœur de bœuf, pera ou roma, à température ambiante. Le salmorejo est un plat de juillet et d'août : hors saison, des tomates pelées en boîte de bonne qualité valent mieux que des tomates fraîches d'hiver, avec moins de pain.

Quel pain ?

Un pain blanc de la veille à mie dense, telera cordouane, pain de campagne blanc ou baguette rassise, la croûte ôtée pour moitié. Le pain frais fait une colle, le pain complet donne un goût de son. Sans gluten, du pain sans gluten rassis, plus de pain.

Pourquoi l'huile en filet ?

Pour l'émulsionner dans la tomate et le pain, comme une mayonnaise : la crème pâlit, passe au rose orangé, s'épaissit et devient onctueuse. Versée d'un coup, l'huile reste séparée et le salmorejo est rouge, liquide et gras.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Il le faut : deux heures au froid au moins, et il est meilleur le lendemain, l'ail adouci et les goûts liés. Trois jours au réfrigérateur. La garniture d'œuf et de jambon se met au moment.

Quel vin servir avec ?

Un blanc sec ample et peu acide à 9 °C : à la tomate crue, un vin moins acide qu'elle, sinon le vin devient aigre. Un rosé sec pour la version au jambon ibérique. Jamais un blanc très vif ni un rouge tannique.

Le salmorejo cordouan est le repas des étés à 40 degrés, servi dans les tavernes de la Judería dans une assiette creuse, avec son œuf et son jambon, et parfois une queue de crevette ou une lamelle d'aubergine frite ; il descend du salmorejo de pain, d'ail et de vinaigre des paysans, auquel la tomate est arrivée au XIXe siècle. Il se fait en 15 minutes et se garde deux jours, et il est meilleur le lendemain.

Les tomates : 1 kg de tomates très mûres, rouges à cœur, en grappe, cœur de bœuf ou pera, jamais des tomates d'hiver ; lavées, le pédoncule ôté, coupées en quartiers, avec la peau et les graines, qui passent au mixeur ; mixées seules 2 minutes dans un blender puissant, en un jus rouge épais. Certains les passent au tamis après ; ce n'est pas la tradition, un bon blender suffit.

Le pain et l'ail : 200 g de pain blanc de la veille, mie dense, telera cordouane, pain de campagne blanc ou baguette rassise, la croûte ôtée pour moitié, en morceaux, trempé 10 minutes dans le jus de tomate, jamais dans l'eau, qui diluerait ; une gousse d'ail, ou une demi pour les convives sensibles, dégermée ; une cuillère à café de sel ; le tout mixé 2 minutes de plus, jusqu'à une crème lisse, sans grain de pain.

L'émulsion : 15 cl d'huile d'olive vierge extra, fruitée, andalouse de préférence, versée en filet mince dans le blender qui tourne à vitesse moyenne, 2 minutes, comme pour une mayonnaise : la crème pâlit, passe du rouge au rose orangé, s'épaissit et devient onctueuse, l'huile émulsionnée dans le pain et la tomate ; c'est ce changement de couleur qui dit que le salmorejo est réussi. Une cuillère de vinaigre de Xérès, facultative, la tradition cordouane n'en met pas ou peu ; goûté, salé. La consistance : épaisse, la cuillère tient debout un instant ; trop liquide, une poignée de pain de plus ; trop épais, un peu de tomate ou d'eau très froide. 2 heures au réfrigérateur au moins, dans un récipient couvert.

Le service : dans des assiettes creuses ou des bols, très froid, une couche de 2 cm ; dessus, 2 œufs durs hachés grossièrement, 80 g de jambon serrano ou ibérique en petits dés ou en lanières, un filet d'huile d'olive crue ; à Cordoue, rien d'autre. En variantes de garniture, des lamelles d'aubergine frite, des queues de crevettes poêlées, du thon en conserve, des miettes de morue, ou, à la moderne, une boule de glace à l'huile d'olive. Avec du pain, en trempant, ou à la cuillère ; en entrée, en tapa dans un verre, ou en plat d'été avec une tortilla. Les variantes : la porra antequerana, de Málaga, plus épaisse encore, avec plus de pain et du poivron vert ; le salmorejo blanc, l'ajoblanco, aux amandes et sans tomate ; le gaspacho, plus liquide, au concombre et au poivron, la soupe de Séville ; et le salmorejo en sauce, épais, sous un poisson grillé ou des légumes rôtis.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €

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