Seiche à la sétoise dans un plat en terre, lanières de seiche tendres mijotées dans une sauce tomate au safran liée à la rouille, persil, bol de riz, tranches de baguette grillées à l'ail, cuillère à plat, verre de rosé pâle

Plat principal

Seiche à la sétoise : la recette de la rouille de seiche

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 1 h 40
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Printemps
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE (L'OUTIL DU PLAT : une heure de mijotage doux, la sauce réduite dedans)
  • un mortier et un pilon (l'ail pilé, la rouille montée à l'ancienne)
  • un fouet (la rouille montée si on n'a pas de mortier ; la sauce fouettée dedans)
  • une louche (la sauce chaude versée dans la rouille pour la tempérer)
  • un petit bol (le safran infusé dans l'eau chaude)
  • un grille-pain ou le gril du four (les tranches de baguette grillées, frottées d'ail)

L'astuce du chef

La courbe de la seiche. Comme le poulpe et le calamar, la seiche est tendre crue ou saisie deux minutes, dure entre cinq minutes et quarante, et tendre de nouveau après une heure de mijotage, quand son collagène a fondu. Une rouille de seiche se cuit une heure au moins ; on goûte, et on attend qu'elle cède sans résistance.

Épongée. La seiche rend beaucoup d'eau ; mouillée en plus, elle bout dans la cocotte et ne prend pas le goût de l'oignon et de l'ail. Épongée, elle revient d'abord.

Revenue à feu vif. Cinq minutes avec l'oignon et l'ail, elle blanchit, se raidit et rend son eau, qui s'évapore en partie : le premier goût du plat.

Le vin réduit. De moitié, avant la tomate : l'acidité du vin s'arrondit, et son parfum reste.

Le safran infusé. Une pincée de pistils dans deux cuillères d'eau chaude, dix minutes : la couleur et le parfum se libèrent. Jetés secs dans la sauce, ils se perdent.

L'écorce d'orange et le piment. L'orange séchée est la signature des ragoûts de poisson de la Méditerranée, de la bouillabaisse à la rouille de seiche ; le piment oiseau donne une chaleur de fond.

À couvert, puis découvert. Couvert, la seiche cuit dans son jus et la tomate sans sécher ; découvert les quinze dernières minutes, la sauce réduit et s'épaissit. Une sauce liquide noierait la rouille.

La rouille au mortier. L'ail pilé au sel en pommade, les jaunes, le piment et le safran, puis l'huile en filet au pilon : la rouille des Sétois, plus dense et plus parfumée qu'au fouet. Au fouet, elle est une mayonnaise à l'ail, très bien aussi.

La mie de pain. Trempée dans le bouillon et écrasée dans la rouille, elle la stabilise et l'empêche de trancher dans la sauce chaude ; c'est le secret des vieilles recettes.

Tempérée. Deux louches de sauce chaude fouettées dans la rouille avant de la verser : elle monte en température doucement et se détend ; versée froide dans la cocotte chaude, elle fait des grumeaux.

Hors du feu, jamais rebouillie. La rouille est une émulsion de jaune d'œuf ; portée à ébullition, elle tranche et la sauce devient granuleuse et huileuse. On mêle cocotte hors du feu, et on réchauffe à feu très doux, jamais au-delà du frémissement.

La seiche mijotée devient une viande. Une seiche saisie deux minutes est un fruit de mer, iodé et tendre, qui se boit blanc vif ; mijotée une heure dans la tomate, l'ail et le safran, puis liée à une rouille, elle a changé de nature, sa chair est dense et fondante comme une viande blanche en sauce, et le plat se boit comme un ragoût du Sud, rosé de repas ou rouge léger, jamais blanc vif.

Préparation pas à pas

  1. Seiche en lanières et tentacules en morceaux ; rincée, épongée 10 min

    Sèche, elle revient au lieu de bouillir.

  2. Oignons fondus 10 min dans l'huile ; ail 2 min ; seiche revenue 5 min à feu vif 17 min

    Elle blanchit et rend son eau.

  3. Vin blanc réduit de moitié ; tomates, concentré, safran infusé, bouquet, piment, sel, poivre 5 min

    La sauce est faite.

  4. 1 h à 1 h 15 à couvert, petit frémissement, remué parfois ; découvert les 15 dernières min 1 h 15

    Tendre sous la fourchette, sauce épaisse.

  5. Rouille : ail pilé au sel, jaunes, piment, safran ; huile en filet jusqu'à pommade ; mie de pain 10 min

    Ferme et orange.

  6. Cocotte hors du feu ; 2 louches de sauce chaude fouettées dans la rouille 2 min

    Tempérée, elle ne tranchera pas.

  7. Rouille reversée dans la cocotte, mêlée doucement ; jamais rebouillie ; goûtée 2 min

    Crémeuse et orange.

  8. Persil ; riz blanc, baguette grillée à l'ail, reste de rouille en bol 5 min

    Le plat des joutes.

Le conseil du caviste

Une seiche à la sétoise, mijotée une heure dans la tomate, l'ail et le safran, liée à la rouille, avec du riz et du pain grillé à l'ail.

Moulin Caresse La Frangine Rosé à 10 °C, le rosé fruité et souple, sur la seiche à la sétoise.

Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles rosées, sur la version sans tomate, plus safranée, et avec la tielle.

Moulin Caresse Le Sémillion à 11 °C, le blanc rond, sur la seiche aux petits pois du printemps.

La seiche mijotée devient une viande : saisie deux minutes à la plancha, la seiche est un fruit de mer, iodée, tendre, presque sucrée, et elle se boit comme les calamars, avec un blanc vif ; mais après une heure dans la tomate, l'ail, le vin blanc et le safran, puis liée avec une rouille à l'ail et au piment, elle n'a plus rien d'un fruit de mer, sa chair est devenue dense et fondante comme une viande blanche en sauce, et le plat est un ragoût du Sud, épicé, aillé, tomaté, qui appelle un rosé de repas, fruité et charnu, ou un rouge léger, et rend un blanc vif maigre et aigre. C'est la règle des céphalopodes : le temps de cuisson change le vin ; deux minutes, blanc ; une heure, rosé ou rouge. La Frangine rosé de Moulin Caresse, un rosé de Bergerac fruité, souple et charnu, est le vin de cette rouille de seiche, à 10 °C, et il tient tête à l'ail et au piment ; le Tour du Roy rosé prestige, en bulles, sur la version sans tomate, plus pâle et plus safranée, où les bulles allègent l'aïoli, et sur la tielle ; et le Sémillion de Moulin Caresse, un blanc rond de Bergerac, sur la version de printemps aux petits pois, plus douce et plus verte. La règle de la seiche : on regarde l'horloge de la cuisson avant de choisir la couleur.

À éviter : un blanc vif et maigre, que la tomate, l'ail et la rouille rendent aigre, et un rouge tannique, qui durcit sur l'aïoli.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
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Dépannage

La seiche est dure et caoutchouteuse

Pas assez cuite. Entre cinq minutes et quarante, elle est dure ; on continue à petit frémissement, 20 minutes de plus, jusqu'à ce qu'elle cède sous la fourchette.

La sauce a tranché, elle est granuleuse et huileuse

Rouille bouillie, ou versée froide dans la cocotte chaude. Cocotte hors du feu, la rouille tempérée avec deux louches de sauce, mêlée, jamais rebouillie ; rattrapée en fouettant une cuillère de sauce chaude dans un jaune et en incorporant le tout.

La sauce est liquide

Seiche mouillée, ou pas réduite. La seiche épongée et revenue, le couvercle retiré les 15 dernières minutes, et la rouille avec sa mie de pain.

C'est fade

Pas assez de sel, d'ail ou de safran. Salée franchement, huit gousses d'ail en tout, le safran infusé, le piment, et l'écorce d'orange.

La rouille ne monte pas

Huile versée trop vite, ou ingrédients froids. Les jaunes à température ambiante, l'huile en filet très fin au début, et une cuillère de sauce chaude si elle se sépare.

C'est trop fort en ail

Ail cru en trop, ou ail germé. Le germe retiré, l'ail de la rouille pilé au sel qui l'adoucit, et une rouille réduite à trois gousses pour les tables sensibles.

Conservation & préparation anticipée

La seiche à la sétoise se garde 3 jours au réfrigérateur et elle est meilleure le lendemain ; réchauffée très doucement, à couvert, sans bouillir, à cause de la rouille.

Elle se congèle 2 mois, avant la rouille ; décongelée une nuit, réchauffée, et liée à une rouille fraîche.

La seiche mijotée sans rouille se garde 3 jours et se lie au moment ; c'est la bonne façon de la préparer la veille.

La rouille se garde 2 jours au réfrigérateur, couverte, comme une mayonnaise.

Le reste fait une sauce pour des pâtes, ou une farce de tielle avec de la pâte brisée.

Variantes

La soupe de poisson et sa rouille

Notre soupe de poisson à la rouille, l'autre plat de la rouille, avec les croûtons.

L'aïoli complet

Notre aïoli, la base de la rouille, sans piment ni safran.

Les encornets farcis

Nos encornets farcis, l'autre plat sétois du céphalopode.

La seiche aux pommes de terre

La même rouille de seiche avec 800 g de pommes de terre à chair ferme en gros dés, ajoutées 30 minutes avant la fin de la cuisson, qui absorbent la sauce et remplacent le riz : la version de tous les jours des familles sétoises, un plat complet dans la cocotte, à lier à la rouille hors du feu de la même façon, et meilleur encore réchauffé.

Questions fréquentes

Comment attendrir la seiche ?

Par le temps : la seiche est tendre saisie deux minutes ou mijotée une heure, et dure entre les deux. Pour une rouille, une heure à une heure et quart à petit frémissement, jusqu'à ce qu'elle cède sous la fourchette ; si elle résiste, on continue. Pas de bicarbonate ni de bouchon de liège, seulement du temps.

Fraîche ou surgelée ?

Les deux : la seiche fraîche, nettoyée par le poissonnier, d'avril à juin ; les blancs de seiche surgelés, déjà nettoyés, souvent plus tendres après congélation, décongelés une nuit au réfrigérateur et bien épongés. Deux kilos de seiches entières donnent 1,5 kg de blancs et tentacules.

Qu'est-ce que la rouille, et quelle différence avec l'aïoli ?

La rouille est un aïoli auquel on ajoute du piment et du safran, qui lui donnent sa couleur orange, et souvent de la mie de pain trempée dans le bouillon, qui la stabilise ; celle des Sétois se monte au mortier, ail pilé au sel, jaunes, huile d'olive en filet. C'est elle qui lie la seiche et qui accompagne la soupe de poisson.

Pourquoi la sauce a-t-elle tranché ?

Parce que la rouille a bouilli, ou a été versée froide dans la cocotte brûlante : l'émulsion de jaune d'œuf se sépare à la chaleur. On retire la cocotte du feu, on fouette deux louches de sauce chaude dans la rouille pour la tempérer, on la reverse, on mêle, et on ne fait jamais rebouillir. Réchauffée, à feu très doux.

Peut-on la préparer à l'avance ?

Oui, et c'est mieux : la seiche mijotée la veille, sans rouille, gardée au réfrigérateur ; le jour même, réchauffée doucement, la rouille fraîche montée et liée hors du feu. Elle est plus fondante le lendemain. Pour une tablée, on double tout dans une grande cocotte.

Quel vin servir avec ?

Un rosé fruité et charnu, un rosé de Bergerac à 10 °C : après une heure de mijotage dans la tomate et l'ail, liée à la rouille, la seiche n'est plus un fruit de mer mais un ragoût du Sud, et un blanc vif deviendrait aigre. Un crémant rosé sur la version sans tomate et sur la tielle, un blanc rond sur la version aux petits pois. Jamais un blanc maigre ni un rouge tannique.

La seiche est le céphalopode des étangs et des côtes du Languedoc, pêchée en masse au printemps quand elle vient frayer dans l'étang de Thau ; à Sète, on la mange en tielle, en encornets farcis, et surtout en rouille, où elle cuit dans une sauce tomate et finit dans un aïoli safrané. Le plat est italien par les pêcheurs de Gaète qui ont fondé Sète, provençal par la rouille, et sétois par tout le reste. Sa vérité est dans la cuisson : la seiche, comme le poulpe, est tendre crue et tendre après une heure, et dure entre les deux.

La seiche : 1,5 kg de blancs de seiche nettoyés, ou 2 kg de seiches entières nettoyées par le poissonnier, l'os, les viscères et la peau retirés, les tentacules gardés ; les blancs coupés en lanières de 1 cm sur 6, les tentacules en morceaux ; rincés, égouttés, épongés. La sauce : dans une cocotte, 4 cuillères d'huile d'olive ; 2 oignons émincés fondus 10 minutes ; 4 gousses d'ail hachées, 2 minutes ; la seiche ajoutée, revenue 5 minutes à feu vif en remuant, jusqu'à ce qu'elle blanchisse et rende son eau ; 20 cl de vin blanc sec, réduit de moitié ; 800 g de tomates concassées, 2 cuillères de concentré, une pincée de safran infusée dans 2 cuillères d'eau chaude, 1 feuille de laurier, une branche de thym, un morceau d'écorce d'orange séchée, un piment oiseau, sel, poivre ; 1 heure à 1 h 15 à couvert, à petit frémissement, remué de temps en temps, jusqu'à ce que la seiche soit tendre sous la fourchette, sans résistance ; le couvercle retiré les 15 dernières minutes pour réduire la sauce, qui doit être épaisse.

La rouille, pendant ce temps : 4 gousses d'ail pilées au mortier avec une pincée de gros sel ; 2 jaunes d'œufs, une pointe de piment de Cayenne ou de piment d'Espelette, une pincée de safran ; 25 cl d'huile d'olive montée en filet, au pilon ou au fouet, comme une mayonnaise, jusqu'à une pommade ferme et orange ; une cuillère de mie de pain trempée dans le bouillon, écrasée dedans, à l'ancienne, pour la tenue. La liaison : la cocotte retirée du feu ; 2 louches de sauce chaude fouettées dans la rouille pour la détendre et la tempérer ; la rouille détendue reversée dans la cocotte, mêlée doucement ; la sauce devient crémeuse et orange ; jamais rebouillie, à peine réchauffée à feu très doux, 2 minutes, en remuant, si elle a refroidi. Goûtée : sel, piment.

Le service : dans la cocotte ou un plat creux, du persil haché, avec du riz blanc ou des pommes de terre vapeur, et des tranches de baguette grillées frottées d'ail ; le reste de rouille en bol, pour qui en veut plus. Les variantes : la rouille de seiche aux pommes de terre, en gros dés cuits dans la sauce les 30 dernières minutes, à la sétoise ; aux petits pois, au printemps ; la seiche à la rouille sans tomate, mijotée au vin blanc et au bouillon seulement, plus pâle et plus safranée ; les encornets ou le poulpe à la place de la seiche, même cuisson, le poulpe une heure et demie ; et la tielle, la tourte sétoise au poulpe et à la tomate, où on retrouve la même sauce entre deux pâtes.

La seiche : fraîche, nettoyée par le poissonnier, à la chair blanche et ferme, d'avril à juin surtout ; les blancs de seiche surgelés sont très bons et déjà nettoyés, décongelés une nuit au réfrigérateur et bien épongés. Le safran : en pistils, une pincée dans la sauce et une dans la rouille ; jamais de poudre de curcuma à la place.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €

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