Tamales mexicains en feuilles de maïs, l'un ouvert sur une masa légère et aérée au porc, boulette de pâte flottant dans un verre d'eau

Plat

Tamales : la masa est prête quand une boulette flotte dans l'eau froide

Un tamal léger n'est pas une question de recette mais de foisonnement : on bat le saindoux dans la masa jusqu'à ce qu'elle emprisonne assez d'air pour flotter. Une boulette qui coule donnera un tamal dense et lourd.

  • Préparation : 1 h 30
  • Cuisson : 1 h 30
  • Repos : 1 h de trempage des feuilles de maïs, et 15 min de repos des tamales après la vapeur
  • Économique
  • 20 tamales
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

20 tamales

Ustensiles

  • UN VERRE D'EAU FROIDE (L'OUTIL DU PLAT : c'est le seul test fiable du foisonnement)
  • un batteur électrique (quinze à vingt minutes de battage : à la main, c'est un travail de forçat)
  • un grand cuit-vapeur (les tamales cuisent DEBOUT, serrés, ouverture vers le haut)
  • un grand récipient (les feuilles de maïs trempent 1 h à l'eau chaude, lestées par une assiette)
  • une cuillère et une spatule (la masa s'étale FIN, 5 mm, sur les deux tiers de la feuille)
  • un torchon (posé sur les tamales sous le couvercle, il empêche l'eau de condensation de tomber dedans)

L'astuce du chef

Un tamal n'a aucun agent levant. Ni levure de boulanger, ni œuf, ni levain : tout son gonflant vient de l'air.

C'est le saindoux battu qui apporte cet air. Ses cristaux gras emprisonnent des bulles, exactement comme un beurre crémé en pâtisserie.

On appelle cela le foisonnement. Le gras double de volume et blanchit : ce sont les bulles qu'on y a fait entrer.

À la vapeur, ces bulles se dilatent. Elles deviennent autant de petites poches qui lèvent la masa et la rendent moelleuse.

Sans foisonnement, le tamal est un galet. Les mêmes ingrédients, le même temps de cuisson, et un résultat radicalement différent.

L'œil ne suffit pas à juger. Une masa insuffisamment battue ressemble beaucoup à une masa prête : d'où le test.

Le test est la boulette dans l'eau froide. Si elle flotte, la densité de la masa est descendue sous celle de l'eau : il y a assez d'air.

Si elle coule, on bat encore. Cinq minutes de plus, puis on refait le test : il n'y a pas d'autre méthode.

La levure chimique aide, elle ne remplace rien. Elle amplifie des bulles existantes ; sans foisonnement, elle n'a rien à faire lever.

La masa s'étale fin. Cinq millimètres : plus épaisse, elle ne cuit pas à cœur en une heure et demie de vapeur.

Les tamales cuisent debout et serrés. Couchés, la garniture migre vers le bas et la masa se tasse d'un côté.

Ils reposent quinze minutes après la vapeur. Ouverts brûlants, ils collent à la feuille ; reposés, ils s'en détachent seuls.

Préparation pas à pas

  1. Tremper les feuilles de maïs 1 h 60 min

    Eau chaude, lestées. Elles doivent redevenir souples : sèches, elles se fendent au pliage.

  2. Braiser le porc et le mêler à la sauce rouge 120 min

    Effiloché, dans une sauce épaisse. La garniture doit être froide avant le montage.

  3. BATTRE LE SAINDOUX SEUL, 5 MINUTES 5 min

    Jusqu'à ce qu'il double de volume et blanchisse. C'est là que l'air entre.

  4. Ajouter masa et bouillon en alternance 10 min

    Par petites quantités, en battant sans arrêt. La masa doit rester très aérée.

  5. TESTER : une boulette dans l'eau froide 1 min

    Si elle FLOTTE, c'est prêt. Si elle COULE, on bat encore 5 minutes et on recommence.

  6. Étaler la masa FIN sur les feuilles 25 min

    5 mm, sur les deux tiers de la feuille. Épaisse, elle ne cuira pas à cœur en une heure et demie.

  7. Garnir, replier les côtés, rabattre le bas 20 min

    On replie les longs côtés, puis la pointe. Le haut reste ouvert, la vapeur doit entrer.

  8. Cuire DEBOUT 1 h 30 à la vapeur, reposer 15 min 105 min

    Serrés, ouverture en haut, torchon sous le couvercle. Le repos les raffermit, ils se décollent seuls.

Le conseil du caviste

Le tamal est doux, gras, et c'est sa garniture qui décide : au porc en sauce rouge, il pique franchement.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C est l'accord le plus juste sur une garniture pimentée : le sucre résiduel apaise.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C sur une version douce, au poulet et sauce verte.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C si le porc domine et que le piment reste discret.

C'est la dose de piment qui décide de la bouteille, jamais le nom du plat : un tamal doux et un tamal rouge n'appellent pas le même verre.

À éviter : un rouge tannique, qui amplifierait la brûlure et durcirait sur le gras du saindoux.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les tamales sont denses et compacts

La masa n'a pas été assez battue. Le test est la boulette dans l'eau froide : si elle coule, il n'y a pas assez d'air pour lever la pâte.

La boulette coule toujours

On continue de battre, cinq minutes à chaque fois. Le saindoux doit visiblement doubler de volume et blanchir avant que la masa n'arrive.

La masa est crue au centre

Elle a été étalée trop épaisse. Cinq millimètres au maximum : au-delà, une heure et demie de vapeur ne suffit pas.

La garniture s'est retrouvée au fond

Les tamales ont cuit couchés. Ils se rangent debout et serrés, ouverture vers le haut.

Ils sont détrempés

L'eau de condensation est tombée dedans. Un torchon posé sur les tamales, sous le couvercle, l'absorbe.

La masa colle à la feuille

Ils ont été ouverts brûlants. Quinze minutes de repos et ils se détachent tout seuls.

Conservation & préparation anticipée

Les tamales cuits se gardent 4 jours au réfrigérateur, dans leur feuille, et se réchauffent 15 minutes à la vapeur.

Ils se congèlent cuits, 6 mois, et se réchauffent congelés à la vapeur en 25 minutes : c'est leur vraie force.

On en fait toujours vingt ou quarante : le travail est le même pour cinq ou pour quarante, et c'est un plat de fête collectif.

La masa foisonnée ne se garde pas : elle perd son air en quelques heures et il faut la rebattre.

Les restes se poêlent le lendemain, coupés en deux, ce qui leur donne une croûte dorée.

Variantes

Tamales verdes

Au poulet et sauce de tomatilles, plus doux et plus acides. La masa est rigoureusement la même.

Tamales dulces

Sucrés, aux raisins et à la cannelle, roses de tradition. Le foisonnement compte encore plus, la masa étant plus lourde.

Le même maïs, en galette

Précuit et instantané : nos arepas.

L'autre maïs long à cuire

En pluie dans l'eau bouillante : notre polenta.

Questions fréquentes

Comment savoir si la masa est prête ?

On laisse tomber une petite boulette dans un verre d'eau froide. Si elle flotte, elle contient assez d'air ; si elle coule, on bat encore cinq minutes.

Pourquoi ce test fonctionne-t-il ?

Parce qu'il mesure la densité. Une masa correctement foisonnée contient assez de bulles d'air pour que sa densité descende sous celle de l'eau.

Qu'est-ce qui fait lever un tamal ?

Rien d'autre que l'air battu dans le saindoux. Il n'y a ni levure de boulanger, ni œuf, ni levain : les bulles se dilatent à la vapeur.

La levure chimique ne suffit-elle pas ?

Non. Elle amplifie des bulles existantes, mais sans foisonnement préalable elle n'a rien à faire lever.

Quelle épaisseur de masa ?

Cinq millimètres, sur les deux tiers de la feuille. Plus épaisse, elle ne cuit pas à cœur en une heure et demie de vapeur.

Quel vin servir avec des tamales ?

Cela dépend de la garniture. Au porc en sauce rouge bien pimentée, un côtes de bergerac moelleux à 8 °C ; sur une version douce, un rosé à 9 °C.

Deux tamales faits des mêmes ingrédients peuvent être complètement différents : l'un léger et moelleux comme un pain de mie vapeur, l'autre dense et compact comme un galet. La différence ne se lit dans aucune quantité : elle se trouve dans le temps de battage.

La masa est montée avec du saindoux, et ce saindoux se travaille exactement comme un beurre en pâtisserie : battu longuement, il emprisonne des bulles d'air dans son réseau de cristaux gras. C'est ce qu'on appelle le foisonnement. Ces bulles, dispersées dans la masa, deviennent à la vapeur autant de petites poches qui se dilatent et lèvent la pâte. Sans elles, un tamal n'a aucun agent levant : ni levure, ni œuf, ni bicarbonate.

Le problème est qu'on ne peut pas savoir à l'œil si l'on a battu assez. D'où le test mexicain, aussi simple qu'infaillible : on prend une petite boulette de masa et on la laisse tomber dans un verre d'eau froide. Si elle flotte, elle contient assez d'air, et le tamal sera léger. Si elle coule, on continue de battre, cinq minutes, et on refait le test.

Le reste est de la logistique : les feuilles de maïs trempent une heure, la masa s'étale fin sur la feuille, et les tamales cuisent debout, à la vapeur, une heure et demie.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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