Vitello tonnato, fines tranches de veau rosé nappées d'une sauce ivoire au thon, câpres et anchois

Entrée

Vitello tonnato : la sauce d'origine ne contient pas de mayonnaise

La mayonnaise est un ajout du XXᵉ siècle. La sauce piémontaise historique est une émulsion de thon, d'anchois et d'huile détendue au bouillon du veau : plus légère, plus salée, et surtout raccordée au goût de la viande.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h 15
  • Repos : 12 h : le veau refroidit DANS son bouillon, puis se tranche froid
  • Moyen
  • 8 personnes
  • Moyen
  • Printemps et été
Aller à la recette

Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • une casserole étroite et haute (le veau doit être immergé dans peu de liquide, pour un bouillon concentré)
  • un thermomètre à sonde (on sort le veau à 62 °C à cœur : au-delà il devient sec et gris)
  • un mixeur plongeant (pour l'émulsion de thon, montée à l'huile en filet)
  • un couteau très aiguisé ou une trancheuse (des tranches de 2 mm : plus épaisses, la viande paraît sèche)
  • un chinois (le bouillon se filtre avant d'entrer dans la sauce)

L'astuce du chef

La sauce d'origine n'a pas de mayonnaise. Chez Artusi en 1891, c'est une émulsion de thon à l'huile, d'anchois et de câpres, montée à l'huile d'olive et détendue au bouillon de cuisson du veau.

Ce sont les protéines du thon et de l'anchois qui émulsionnent. Elles jouent exactement le rôle du jaune d'œuf : elles stabilisent les gouttelettes d'huile dispersées dans le liquide.

La mayonnaise apporte un goût étranger. L'œuf et la moutarde recouvrent le thon, et la sauce cesse de dialoguer avec la viande pour devenir un condiment posé dessus.

Le bouillon raccorde la sauce au veau. C'est le même liquide qui a cuit la viande qui lie la sauce : il n'y a pas d'accord plus direct.

On ne jette donc jamais le bouillon. Il sert deux fois, et la seconde est celle qu'on oublie.

Le veau refroidit dans son bouillon. Sorti chaud, il continue de perdre du jus par évaporation et sèche ; immergé, il se réhydrate en refroidissant.

62 °C à cœur, et pas un degré de plus. Le veau est une viande maigre : au-delà, ses fibres se contractent, expulsent l'eau et la chair devient grise et farineuse.

Frémissement, jamais ébullition. L'agitation durcit les fibres en surface avant que le cœur soit chaud.

Du thon à l'huile d'olive. Son gras entre dans l'émulsion ; un thon au naturel donne une sauce sèche et cotonneuse.

Des tranches de 2 mm. Une viande froide et maigre paraît sèche dès qu'elle est épaisse : la finesse est ce qui la rend fondante.

La sauce se pose en bande, pas en couverture. Le rosé du veau doit rester visible : c'est un plat de contraste, pas un plat nappé.

Préparation pas à pas

  1. Cuire le veau à frémissement, 1 h 15 1 h 15

    Dans le bouillon aromatique et le vin blanc, à frémissement, jamais à ébullition qui durcirait les fibres.

  2. SORTIR À 62 °C À CŒUR 2 min

    À la sonde. Au-delà, le veau devient gris et sec, et aucune sauce ne rattrape cela.

  3. LAISSER REFROIDIR LE VEAU DANS SON BOUILLON 12 h

    Toute une nuit, au frais, immergé. Sorti chaud, il perd son jus et sèche : le bouillon le maintient hydraté en refroidissant.

  4. Filtrer et réserver le bouillon 5 min

    Au chinois. On ne le jette jamais : il va lier la sauce et faire tout l'accord entre la viande et le thon.

  5. Mixer thon, anchois, câpres et citron 5 min

    En pâte lisse. Du thon à l'huile d'olive, dont le gras participe à l'émulsion, jamais du thon au naturel.

  6. MONTER À L'HUILE, EN FILET 5 min

    Comme une mayonnaise, mais sans œuf : ce sont les protéines du thon et de l'anchois qui émulsionnent. La sauce épaissit et blanchit.

  7. DÉTENDRE AU BOUILLON DE VEAU 3 min

    Cuillerée par cuillerée, jusqu'à une sauce nappante qui coule lentement du fouet. C'est ici que la sauce se raccorde à la viande.

  8. Trancher fin et napper 10 min

    Des tranches de 2 mm, disposées en éventail, la sauce en bande irrégulière au centre pour laisser le rosé du veau visible. Câpres, anchois, huile d'olive, poivre.

Le conseil du caviste

Le vitello tonnato est froid, salé par l'anchois et la câpre, iodé. Il demande un blanc sec et vif, servi très frais.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est l'accord le plus juste : son acidité répond aux câpres et au citron.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C pour plus de tension encore, sur une sauce très anchoyée.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C en été, servi vraiment frais : c'est une entrée d'été avant tout.

Un plat froid appelle un vin très frais : à température de pièce, il paraîtrait mou face à une viande sortie du réfrigérateur.

À éviter : un rouge. Sur le thon et l'anchois, les tanins donnent immédiatement un goût métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La sauce a un goût de mayonnaise

Vous en avez mis. La sauce d'origine n'en contient pas : ce sont les protéines du thon et de l'anchois qui émulsionnent l'huile.

La sauce est sèche et pâteuse

Il manque le bouillon. On la détend cuillerée par cuillerée jusqu'à ce qu'elle coule lentement du fouet.

Le veau est gris et sec

Il a dépassé 62 °C, ou il est sorti chaud du bouillon. Sonde obligatoire, et refroidissement complet dans le liquide.

La sauce ne prend pas

L'huile a été versée trop vite. En filet, comme une mayonnaise : l'émulsion se construit goutte à goutte.

C'est trop salé

Anchois et câpres salent beaucoup. On les rince, et on ne sale jamais la sauce avant de l'avoir goûtée.

Les tranches paraissent sèches

Elles sont trop épaisses. Une viande froide et maigre demande 2 mm, pas davantage.

Conservation & préparation anticipée

Le veau entier se garde 3 jours au réfrigérateur, immergé dans son bouillon, et c'est la meilleure façon de le conserver.

La sauce se garde 2 jours au réfrigérateur, filmée au contact. Elle épaissit au froid : on la détend avec un peu de bouillon avant de servir.

On ne tranche qu'au dernier moment : les tranches coupées à l'avance sèchent et brunissent.

Le plat monté se garde 24 h, filmé, et il est même meilleur après deux heures, la sauce ayant parfumé la viande.

Rien ne se congèle : la sauce se dissocie et le veau devient cotonneux.

Variantes

À la mayonnaise

La version moderne, plus riche et plus facile. Elle a ses partisans, mais elle couvre le thon et se détache du goût de la viande.

Au thon frais

Un pavé de thon juste saisi et mixé à la place du thon en conserve. Plus fin, mais il faut compenser le gras avec de l'huile.

L'autre veau italien

Servi chaud et tout autrement : notre saltimbocca alla romana.

La même famille d'anchois

Une autre émulsion d'anchois et d'huile : notre anchoïade provençale.

Questions fréquentes

Faut-il de la mayonnaise dans un vitello tonnato ?

Non, et la recette d'origine n'en contient pas. C'est une émulsion de thon, d'anchois et d'huile détendue au bouillon du veau : la mayonnaise est un ajout du XXᵉ siècle.

Comment la sauce tient-elle sans œuf ?

Les protéines du thon et de l'anchois émulsionnent l'huile exactement comme le fait un jaune d'œuf : elles stabilisent les gouttelettes dispersées.

Pourquoi ne pas jeter le bouillon ?

Il sert deux fois : le veau y refroidit sans sécher, et il lie la sauce. C'est le même liquide qui a cuit la viande qui la nappe ensuite.

À quelle température cuire le veau ?

On le sort à 62 °C à cœur. C'est une viande maigre : au-delà, les fibres se contractent, expulsent l'eau et la chair devient grise et farineuse.

Faut-il du thon au naturel ou à l'huile ?

À l'huile d'olive. Son gras entre dans l'émulsion ; au naturel, la sauce est sèche et cotonneuse.

Quel vin servir avec un vitello tonnato ?

Un bordeaux blanc sec bien frais à 10 °C, dont l'acidité répond aux câpres et au citron. Aucun rouge : sur le thon et l'anchois, les tanins deviennent métalliques.

Le vitello tonnato est un plat piémontais du XVIIIᵉ siècle : du veau cuit, refroidi, tranché très fin, nappé d'une sauce au thon. Presque toutes les recettes modernes construisent cette sauce sur une mayonnaise à laquelle on ajoute du thon mixé.

Ce n'est pas la recette d'origine. Chez Pellegrino Artusi, en 1891, il n'y a pas une goutte de mayonnaise : la sauce est une émulsion de thon à l'huile, d'anchois, de câpres et de jus de citron, montée à l'huile d'olive et détendue avec le bouillon de cuisson du veau. La mayonnaise arrive bien plus tard, et elle s'est imposée parce qu'elle est plus facile.

La différence n'est pas seulement historique, elle s'entend en bouche. Une mayonnaise apporte son propre goût d'œuf et de moutarde, qui recouvre le thon et sépare la sauce de la viande. La version au bouillon, elle, est plus fluide, plus salée, plus franchement marine, et surtout elle raccorde la sauce au veau : c'est le même liquide qui a cuit la viande qui lie la sauce qui la nappe.

La conséquence pratique est qu'il ne faut jamais jeter le bouillon. Il sert deux fois : le veau y refroidit, ce qui l'empêche de sécher, et il lie la sauce.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

Voir tous nos vins →

Vous recevez ?

Combien de bouteilles prévoir ?

Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.

Calculer pour Vitello tonnato
Retour