Le problème d'un apéritif d'Halloween n'est pas la recette : c'est le débit. Quinze personnes arrivent en vingt minutes, et celui qui tient le shaker passe la soirée derrière le plan de travail. La seule façon de s'en sortir est de découper chaque verre en deux : ce qui se prépare la veille, et ce qui ne se prépare pas.
Trois verres suffisent à couvrir une table. Un verre noir sur bulles, qui fait la mise en scène de la soirée. Un verre ambré pomme et calvados, sur glace, pour ceux qui veulent quelque chose de nourri. Un verre rouge épicé, à base de vin, moins alcoolisé qu'un cocktail et plus facile à boire longtemps. Les trois se ressemblent assez pour tenir sur le même plateau, et diffèrent assez pour que chacun choisisse.
La règle de partage est simple et ne souffre pas d'exception : tout ce qui est plat se prépare à l'avance, tout ce qui pétille se verse au dernier moment. Les bulles pré-mélangées retombent en une heure, la glace fond, et les agrumes pressés la veille perdent leur nervosité — pour ces trois-là, il n'y a pas de raccourci.
Compté large, cette organisation demande vingt minutes la veille et environ quarante secondes par verre au service. C'est le seul chiffre qui compte quand la porte n'arrête pas de sonner.








