Le vin nouveau pose un problème particulier : on en achète une bouteille par tradition, on en boit deux verres, et le reste attend. Il ne se garde pas, il ne vieillit pas, et il n'a pas le tanin qui permettrait de le mettre de côté jusqu'à Noël. Fin février, ce n'est plus le même vin.
La bonne nouvelle, c'est que ce qui l'empêche de vieillir en fait un vin extrêmement souple à utiliser. Pas de tanin, beaucoup de fruit, une acidité vive : il se coupe, il s'allonge, il se chauffe doucement, il se cuisine, là où un rouge sérieux protesterait. Cette page rassemble les six usages qui marchent, du verre à la casserole.
Et tous obéissent à la même règle : douze degrés. Servi trop chaud, le vin nouveau libère ses arômes de banane et de bonbon anglais, qui sont amusants cinq minutes et pénibles ensuite. Frais, il est net et gourmand. C'est la seule chose à retenir.







