Le troisième jeudi de novembre, on ouvre une bouteille de vin nouveau et on est souvent un peu déçu. Ce n'est pas une mauvaise bouteille, c'est un vin de six semaines : peu de tanin, beaucoup de fruit, une acidité vive, et ces notes de banane et de bonbon anglais qui viennent de la macération carbonique. Bu comme un rouge de garde, à 18 °C dans un grand verre, il ne tient pas la comparaison et il sent le vernis.
Servi à 12 °C, il devient autre chose. Et allongé, il devient franchement bon : sans tanin pour s'accrocher, il se comporte comme un jus de fruit alcoolisé, ce qui en fait une base de cocktail que beaucoup de vins rouges sérieux ne pourraient pas tenir. Le citron redresse le fruit, le sucre de canne arrondit l'acidité, les bulles allongent.
C'est un verre de fête de village, et il se fait en une minute. La seule exigence, c'est le froid : bouteille au réfrigérateur deux heures avant, verre plein de glaçons entiers, et on sert tout de suite.







