Le vin chaud classique est une recette de correction. On prend un rouge anonyme, on met six épices, du sucre et des agrumes, et on obtient une boisson agréable qui ne doit plus rien au vin de départ. C'est très bien, et c'est pour cela que la recette existe.
Avec un vin nouveau, cette logique se retourne. Le vin est déjà fruité, déjà rond, déjà parfumé : chargé de cannelle, de girofle, de badiane et de sucre, il disparaît complètement sous les épices et on a dépensé une bouteille pour rien. Ce qu'il faut ici, c'est moins de tout.
Deux épices, moitié moins de sucre, et surtout 65 °C. Le fruit du vin nouveau est volatil : au premier frémissement, il est parti et il ne reste qu'un liquide acide et sucré. C'est l'erreur la plus fréquente, et la seule qui ne se rattrape pas.







