Halloween est la seule soirée de l'année où l'on attend d'un verre qu'il ait l'air inquiétant. La tentation est alors le colorant, et c'est une erreur : il donne un violet fluorescent qui trahit le procédé dès la première gorgée, sans rien apporter au goût.
La mûre fait le travail seule. Écrasée au fond du verre, elle libère un jus qui vire à l'encre au contact du gin et de l'acidité du citron vert. La mousse pâle que forme le tonic en tombant sur les fruits crée le contraste — clair sur presque noir — qui suffit à la mise en scène.
C'est aussi une recette d'arrière-saison honnête : les dernières mûres de septembre sont plus sucrées et plus foncées que celles du plein été, et se prêtent mieux à ce genre de verre. Surgelées, elles conviennent parfaitement, à condition de les laisser dégeler avant de les écraser.
On sert ce verre en début de soirée, avant que la table ne se remplisse : il est long, peu alcoolisé une fois allongé, et se prépare à la demande sans immobiliser personne derrière un shaker.








