L'Emerald est au whiskey irlandais ce que le Manhattan est au whiskey américain : deux parts de whiskey, une de vermouth rouge, un trait d'amer, remués sur glace et servis dans un verre froid. Il apparaît dans les livres de bar du début du XXe siècle sous plusieurs noms, dont Paddy et Emerald, et la version qui a fixé son identité remplace l'Angostura par un amer à l'orange.
Le whiskey irlandais change le caractère du verre. Triple distillé, sans le seigle épicé du rye ni le maïs sucré du bourbon, il est plus doux et plus rond, sur le céréale, le miel et le fruit blanc. Le vermouth rouge lui apporte les épices et l'amertume qui lui manquent, et l'orange, dans l'amer et le zeste, fait le lien.
C'est un cocktail d'hiver, court et fort, qui se boit lentement avant le dîner. En Irlande on le sort le jour de la Saint-Patrick, mais il est trop bon pour ne le boire qu'une fois par an.
Le vermouth compte autant que le whiskey : un tiers du verre, il doit être frais et bon.







