C'est une question qu'on nous pose au comptoir avec un vrai enjeu derrière : quelqu'un qui ne boit pas d'alcool, une femme enceinte, un conducteur, veut savoir si la bouteille qu'il tient en contient. Le nom sème le doute, et le nom a raison sur le fond.
La ginger beer naît dans le Yorkshire, en Angleterre, au milieu du dix-huitième siècle. C'était une boisson fermentée, au sens strict : gingembre, sucre, eau, et une culture appelée ginger beer plant. Malgré son nom, ce n'est pas une plante : c'est un ferment symbiotique de levure et de bactérie, en l'occurrence la levure Saccharomyces florentinus et la bactérie Lactobacillus hilgardii.
Et elle était alcoolisée. Jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle, beaucoup de ginger beers titraient autour de 11 degrés, soit un vin. En 1855, l'Angleterre en plafonne légalement la teneur à 2 %. Au vingtième siècle, l'arrivée des sodas gazéifiés industriellement fait le reste : la ginger beer commerciale devient un soda.
Aujourd'hui, la réponse pratique. Une ginger beer de supermarché est sous 0,5 % vol, seuil en dessous duquel une boisson peut être présentée comme sans alcool dans de nombreux pays. La loi française, elle, classe dans les boissons sans alcool tout ce qui ne dépasse pas 1,2 degré. Les versions dites hard ginger beer, en revanche, titrent 4 à 6 % et sont de vraies bières : c'est écrit sur l'étiquette. La ginger ale, elle, n'a jamais été fermentée et ne contient pas d'alcool.







