Man O' War en coupe de cristal sur un comptoir de tomettes ocre, robe ambre orangé, zeste de citron et cerise au fond du verre

Cocktail · Au shaker, double filtrage

Man O' War : bourbon, curaçao et vermouth rouge

Un manhattan qu'on aurait acidifié : du bourbon, du vermouth rouge, une liqueur d'orange et du jus de citron, secoués et servis sans glace.

  • Préparation : 4 min
  • Verre : Coupette placée au congélateur
  • Glace : Gros cubes au shaker, servi sans glace
  • Au shaker, double filtrage
  • 1 verre
  • Facile

Ingrédients

1 verre

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette — en stock.

Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Ustensiles

  • shaker
  • passoire à cocktail
  • passoire fine
  • presse-agrumes
  • verre doseur gradué
  • économe

La méthode

La version la plus couramment servie est 4,5 cl de whiskey pour 1,5 cl de chacun des trois autres ingrédients — trois à un, un à un, un à un. C'est celle donnée ici, et c'est la plus lisible à retenir.

On secoue, ce qui surprend pour un cocktail construit sur un manhattan. C'est le jus de citron qui l'impose : dès qu'un agrume pressé entre dans un verre, l'agitation devient obligatoire, sinon le jus reste en suspension au lieu de se lier.

Quinze secondes sur de gros cubes, pas plus. Le vermouth apporte déjà de l'eau au mélange : au-delà, le bourbon perd sa charpente et le verre s'affaisse.

Double filtrage. La cerise se pose au fond du verre avant le versement, jamais après : elle fait alors partie du dessin du verre au lieu de flotter en surface.

Préparation pas à pas

  1. Glacer et garnir la coupette 10 min

    Coupette au congélateur. Au moment de servir, déposez la cerise au fond du verre vide.

  2. Presser le citron 1 min

    Prélevez d'abord un large zeste à l'économe, puis pressez le citron. L'inverse est impossible.

  3. Doser au shaker 1 min

    Versez 4,5 cl de bourbon, puis 1,5 cl de vermouth rouge, 1,5 cl de liqueur d'orange et 1,5 cl de jus de citron.

  4. Shaker 15 s

    Gros cubes, quinze secondes franches jusqu'au givre. Le jus de citron impose une vraie agitation.

  5. Filtrer et zester 30 s

    Double filtrage dans la coupette, en versant doucement pour laisser la cerise au fond. Pressez le zeste au-dessus du verre, posez-le sur le bord, servez.

Le conseil du caviste

Un mot de transparence : nous n'avons pas de bourbon en rayon aujourd'hui. Cette recette en demande, et nous n'allons pas prétendre le contraire — c'est une référence qui arrivera plus tard.

En attendant, la substitution qui tient le mieux dans ce verre est un whiskey irlandais de grain, plus rond et plus souple qu'un single malt, qui laisse la liqueur d'orange et le vermouth s'exprimer sans se battre avec eux. Un single malt tourbé, en revanche, est à écarter : la fumée et le vermouth rouge ne se supportent pas.

Dernière remarque, valable pour toute la famille des manhattans : le vermouth rouge est le maillon faible, jamais le whiskey. On accuse volontiers l'alcool quand un verre est décevant, alors qu'il s'agit neuf fois sur dix d'une bouteille de vermouth ouverte depuis deux mois dans un placard.

Dépannage

Le verre est trop acide

Descendez le jus de citron à 1 cl. Les citrons d'hiver sont plus acides que ceux d'été et le dosage doit suivre.

Le cocktail est doucerâtre

Liqueur d'orange trop sirupeuse. Passez à 1 cl et remontez le jus de citron à 1,75 cl.

Le whiskey a disparu

Base trop légère, ou shaker trop long. Reprenez avec un whiskey plus charpenté et arrêtez-vous à quinze secondes.

Un goût de pomme cuite domine

Vermouth rouge oxydé. C'est un vin : ouvrez-en un frais et gardez-le au réfrigérateur.

Variantes

Au seigle

Un whiskey de seigle à la place du bourbon : le verre devient plus sec et plus poivré, l'orange ressort davantage. C'est la version que beaucoup de barmen préfèrent.

Version courte

6 cl de whiskey, 2 cl de vermouth, 1 cl de liqueur d'orange, 1 cl de citron. Plus proche d'un manhattan acidulé que d'un sour : à servir en fin de repas.

Sur glace

Mêmes doses versées sur un gros glaçon dans un verre bas. Le verre s'ouvre en buvant et supporte mieux une longue conversation.

Avec un blanc d'œuf

1,5 cl de blanc d'œuf et un premier shaker à sec avant d'ajouter la glace : la mousse adoucit l'acidité et donne une texture de sour classique.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un Man O' War et un manhattan ?

Le manhattan associe whiskey, vermouth rouge et amers, et se remue. Le Man O' War ajoute une liqueur d'orange et du jus de citron, et se secoue : il passe du côté des sours tout en gardant l'assise du vermouth.

Bourbon ou whiskey de seigle pour un Man O' War ?

Les deux se défendent. Le bourbon donne un verre plus rond et plus vanillé, le seigle un verre plus sec et plus poivré où l'orange ressort davantage.

Faut-il secouer ou remuer le Man O' War ?

Le secouer. Il contient du jus de citron pressé, et un cocktail avec agrume ne se remue jamais à la cuillère : le jus resterait mal lié et le verre paraîtrait dissocié.

Par quoi remplacer le curaçao ?

Par un triple sec ou toute liqueur d'orange sèche. Évitez les liqueurs très sucrées : sur 1,5 cl dans un verre de 9 cl, le sucre se voit immédiatement.

Man o' War était un cheval de course américain des années 1920, invaincu ou presque, dont le nom est resté dans le vocabulaire du pays comme synonyme de puissance. Le cocktail qui le célèbre appartient au répertoire américain du milieu du XXᵉ siècle et a été remis en circulation par les barmen new-yorkais de la fin des années 1980, Dale DeGroff en tête.

Sa construction mérite qu'on s'y arrête. On part d'un manhattan — whiskey et vermouth rouge — et on lui ajoute deux choses qu'un manhattan n'a jamais : une liqueur d'orange et du jus de citron. Le verre bascule alors dans la famille des sours, mais avec une assise de vermouth qui lui donne un corps qu'un whiskey sour n'a pas.

C'est ce qui en fait un cocktail d'automne plutôt que d'été : l'acidité est là, mais elle est portée par une base douce-amère et par le bois du bourbon, pas par du sucre. La robe, ambre orangé, vient entièrement de la rencontre du whiskey et du vermouth.

On le sert en apéritif, très froid, ou en accompagnement d'une charcuterie fumée. Il tient aussi devant un plat en sauce brune, ce que peu de cocktails savent faire.

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