Man o' War était un cheval de course américain des années 1920, invaincu ou presque, dont le nom est resté dans le vocabulaire du pays comme synonyme de puissance. Le cocktail qui le célèbre appartient au répertoire américain du milieu du XXᵉ siècle et a été remis en circulation par les barmen new-yorkais de la fin des années 1980, Dale DeGroff en tête.
Sa construction mérite qu'on s'y arrête. On part d'un manhattan — whiskey et vermouth rouge — et on lui ajoute deux choses qu'un manhattan n'a jamais : une liqueur d'orange et du jus de citron. Le verre bascule alors dans la famille des sours, mais avec une assise de vermouth qui lui donne un corps qu'un whiskey sour n'a pas.
C'est ce qui en fait un cocktail d'automne plutôt que d'été : l'acidité est là, mais elle est portée par une base douce-amère et par le bois du bourbon, pas par du sucre. La robe, ambre orangé, vient entièrement de la rencontre du whiskey et du vermouth.
On le sert en apéritif, très froid, ou en accompagnement d'une charcuterie fumée. Il tient aussi devant un plat en sauce brune, ce que peu de cocktails savent faire.






