L'orange et la cannelle forment l'un des accords les plus rebattus de l'hiver, et l'un des plus souvent ratés. Le coupable est presque toujours le même : le ziste, cette peau blanche entre l'écorce colorée et la chair, qui libère dans l'alcool une amertume sèche et poussiéreuse impossible à rattraper ensuite.
Toute la recette consiste donc à prendre à l'orange ce qu'elle a de bon — les huiles essentielles de l'écorce, le jus, l'acidité — sans lui laisser le temps de donner le reste. D'où deux retraits programmés : les rondelles sortent au bout de deux semaines, la cannelle au bout de dix jours, et seuls les zestes restent jusqu'à la fin.
C'est la macération la plus « de saison » du lot : les oranges non traitées arrivent en fin d'automne, et une carafe lancée en novembre est à son point pour les fêtes. Elle se sert aussi bien en digestif qu'allongée dans un verre chaud.






