Faire un verre vert sans colorant est plus difficile qu'un verre rouge. Le rouge se trouve partout, dans l'hibiscus, la cranberry, la betterave. Le vert végétal, lui, vient de la chlorophylle, qui est une molécule fragile : elle s'oxyde à l'air, elle vire au brun kaki en quelques heures, et aucune astuce ne l'arrête vraiment.
Il faut donc travailler avec cette contrainte au lieu de la combattre. Le kiwi et le concombre mixés donnent un vert pâle et net, à condition d'être préparés le jour même, filtrés finement et gardés au froid à l'abri de la lumière. Deux heures, c'est la fenêtre.
Le reste du verre a été construit pour tenir devant un repas de pub : le gingembre pique, le citron vert tend, la menthe parfume. Il n'a rien d'un jus de fruits vert, et c'est exactement ce qu'on veut le 17 mars quand tout le monde boit de la stout.







