Le Prince of Wales appartient à la famille des cocktails que la littérature de bar attribue au futur Édouard VII, prince de Galles avant d'être roi. L'attribution est une tradition de métier plus qu'un fait établi, et elle vaut ce qu'elle vaut ; la recette, elle, est fixée noir sur blanc dans le Savoy Cocktail Book de 1930.
Ce n'est pas un cocktail de débutant, et son intérêt est là : il empile un whisky de seigle, un vin mutié, une liqueur d'orange, un amer et un fruit, puis fait passer tout cela sous des bulles. Chaque étage se sent à la dégustation, dans cet ordre : le seigle en attaque, le madère au milieu, l'orange en finale, l'ananas en arrière-plan.
C'est un verre de fin d'année, à servir après le repas plutôt qu'avant. Il pèse trop pour ouvrir l'appétit, et sa structure ambrée prend tout son sens sur un plateau de vieux fromages ou une tarte aux fruits secs.
Une remarque de service : c'est un cocktail qui se monte pour deux ou trois personnes, pas pour douze. Le nombre d'ingrédients et le passage au shaker en font un verre de comptoir, qu'on prépare devant celui qui va le boire.









