Mélanger du vin blanc et du rhum surprend, jusqu'au moment où l'on comprend ce que chacun apporte. Le vin donne le volume, l'acidité et un fruit que rien ne remplace ; le rhum blanc agricole donne la longueur et cette note végétale de canne fraîche qui reste en bouche bien après la dernière gorgée. Seul, le vin s'arrête court ; seul, le rhum est trop puissant pour un apéritif.
Ce n'est pas une bizarrerie de bar contemporain. Les punchs de vigne, les rhums arrangés allongés au vin blanc, les mistelles maison : l'idée d'ajouter une eau-de-vie à un vin pour le tenir et le prolonger traîne dans les campagnes françaises depuis longtemps. Ce verre en est la version courte, faite à la minute plutôt qu'en dame-jeanne.
Le rhum blanc agricole est un alcool puissant, et c'est justement pourquoi on en met peu. À deux centilitres pour huit de vin, il travaille en dessous : on ne l'identifie pas au premier nez, on le retrouve dans la finale. Doublez la dose et le verre bascule : il devient un punch, avec le degré qui va avec.
C'est un apéritif d'été, mais aussi un verre de fin de repas, servi à la place d'un digestif quand la table ne veut plus d'alcool fort.








