C'est la question qu'on me pose le plus souvent devant le rayon : quel rhum pour faire un punch. La réponse tient en une phrase que peu de vendeurs acceptent de dire : pas le plus cher.
Un punch, c'est environ un tiers de rhum pour deux tiers de jus et de sucre, servi sur glace. Le rhum y arrive dilué de moitié et couvert par le fruit. Toutes les nuances d'un vieux rhum de dégustation, la longueur, le boisé, les épices fines, disparaissent purement et simplement. Verser un rhum à quatre-vingts euros dans un punch, c'est jeter soixante euros dans un pichet.
Deux choses comptent, en revanche.
Le degré. Un rhum à 40 degrés, dilué au tiers puis sur glace, tombe sous les huit degrés dans le verre : le punch devient un jus de fruits alcoolisé. Un rhum à 50 ou 55 degrés garde de la présence. C'est pour cette raison que les punchs antillais se font traditionnellement au rhum blanc agricole à 50 ou 55 degrés, et non au rhum ambré doux de supermarché.
Le profil. Un rhum de sucrerie, mélasse, vanille et caramel, se fond dans le fruit et donne un punch rond et facile. Un rhum agricole, canne fraîche et végétal, garde un caractère reconnaissable même dilué : c'est plus intéressant, mais ce n'est pas plus consensuel. Les deux se défendent, il faut simplement savoir ce qu'on cherche.
Reste le vrai calcul : le prix au verre. Une bouteille de 70 cl donne quatorze punchs de 5 cl. À 30 euros la bouteille, vous êtes à 2,15 euros de rhum par verre. À 80 euros, à 5,70 euros. Le second n'est pas trois fois meilleur dans un punch, il est identique.







