Le Royal Bermuda Yacht Club porte le nom du club nautique fondé aux Bermudes au XIXᵉ siècle. La recette apparaît dans le Cocktail Guide and Ladies' Companion de Crosby Gaige en 1941, puis Trader Vic la reprend et la fixe dans son guide de bar : c'est lui qui précise le trait de curaçao, là où la version originale restait vague.
Sa mécanique est celle du daiquiri — rhum, citron vert, sucre — mais le sucre y est remplacé par du falernum, ce sirop caribéen où le gingembre, le clou de girofle, l'amande et le zeste de lime remplacent le sucre neutre. C'est ce qui fait basculer le verre du côté de l'arrière-saison : même fraîcheur, mais une trame épicée qui tient devant un plat.
Le choix du rhum est le vrai sujet. La littérature parle de rhum de la Barbade ou des Bermudes, c'est-à-dire un rhum de mélasse vieilli, rond et vanillé. Un rhum agricole vieux donne un verre plus droit, plus végétal, moins confortable mais plus précis — c'est une lecture défendable, pas une erreur.
On le sert avant le repas, très froid, ou après un plat gras : les épices du falernum et l'acidité du citron vert nettoient le palais mieux qu'un digestif.







