Bol de bo kho, ragoût de bœuf vietnamien à la citronnelle et à l'anis étoilé, carottes, basilic thaï et oignon, morceau de baguette, citron vert, verre de vin rouge

Plat principal

Bo kho : la recette vietnamienne du ragoût de bœuf

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 2 h 15
  • Repos : 1 h de marinade
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Facile
  • Automne, hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE (L'OUTIL DU PLAT : deux heures de frémissement couvert, comme une daube)
  • le plat d'un couteau (la citronnelle écrasée pour libérer son parfum)
  • de la ficelle (les tiges nouées, faciles à ôter)
  • une écumoire (l'écume des premières minutes)
  • des bols creux (beaucoup de bouillon, le pain à côté)
  • une grande casserole (les nouilles, pour la version soupe)

L'astuce du chef

La daube passée au Vietnam. Carottes et baguette de France, citronnelle et anis de Saïgon : le bo kho est un plat métis.

Le jarret. Ou le plat de côte, ou le tendon : le collagène fait un bouillon qui colle aux lèvres.

Des cubes de quatre centimètres. Plus gros qu'une daube : ils fondent de moitié en deux heures.

Le nuoc-mâm à la place du sel. Dans la marinade et dans le bouillon : le fond salé et fermenté du plat.

La citronnelle écrasée. Au plat du couteau, nouée : elle parfume et se retire d'un geste.

Les épices entières. Anis, cannelle, girofle : infusés, pas moulus, sinon le bouillon est trouble et amer.

Le rouge de l'annatto. Ou du paprika : la couleur du bo kho avant la tomate.

Un bouillon abondant. Plus liquide qu'un ragoût français : il est fait pour tremper et pour les nouilles.

Les carottes à la fin. Trente minutes : tendres, entières, pas en purée.

Le lait de coco du Sud. Trente centilitres : plus doux, plus rond ; le Nord s'en passe.

Les herbes crues. Basilic thaï, coriandre, oignon cru : la fraîcheur sur le bouillon chaud.

Le pain ou les nouilles. Le matin, la baguette ; le soir, les vermicelles : la même marmite.

Préparation pas à pas

  1. Bœuf en cubes de 4 cm, mariné 1 h : nuoc-mâm, soja, citronnelle, ail, cinq-épices 1 h

    Jarret ou plat de côte.

  2. Saisi en deux fois, réservé 10 min

    Coloré.

  3. Oignon, échalotes, gingembre 5 min ; concentré 2 min 7 min

    Le fond rouge.

  4. Viande, tomates, anis, cannelle, citronnelle nouée, girofle, eau, nuoc-mâm 5 min

    Épices entières.

  5. Écumé, couvert, 1 h 30 à feu doux 1 h 30

    Presque tendre.

  6. Carottes, 30 min découvert 30 min

    Le bouillon se lie du collagène.

  7. Épices ôtées, goûté, corrigé 3 min

    Rouge, anisé, salé, un peu sucré.

  8. En bols avec oignon cru, basilic thaï, citron vert ; baguette ou nouilles 5 min

    Au pain ou en soupe.

Le conseil du caviste

Un ragoût de bœuf à la citronnelle et à l'anis étoilé, dans un bouillon rouge, mangé au pain ou sur des nouilles.

Château Beynat Léonard à 15 °C, le rouge léger et fruité, sans bois, pour le bo kho au pain.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le merlot fondu, pour la version au tendon, plus riche.

Moulin Caresse La Frangine Rosé à 9 °C, le rosé sec, pour le bo kho aux nouilles, en soupe.

L'accompagnement décide de l'accord : la même marmite de bo kho se boit en rouge quand on la mange au pain, comme un ragoût, et en rosé quand on la verse sur des nouilles, parce qu'elle devient alors une soupe, plus diluée, mangée à la cuillère avec des herbes crues et du citron vert, et qu'une soupe ne se boit jamais en rouge tannique. Au pain, la viande et le bouillon réduit dominent, la bouche est celle d'une daube : un rouge léger et fruité, sans bois, à 15 °C, suit le bœuf gélatineux et laisse l'anis et la citronnelle s'exprimer, le bois se battant avec les épices douces. Aux nouilles, le bouillon est allongé, les herbes crues, le citron vert pressé et les germes de soja prennent le dessus, et c'est un rosé sec, froid, qui accompagne le bol. Ce n'est pas le plat qui change, c'est la façon de le manger, et c'est elle qu'on accorde : la règle vaut pour le pot-au-feu et son bouillon, le bœuf et sa soupe.

À éviter : un rouge boisé, en pharmacie sur l'anis et la cannelle, et un blanc gras, sans réponse au bouillon rouge.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
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Dépannage

La viande est sèche et filandreuse

Morceau maigre, ou bouilli à gros bouillons. Jarret ou plat de côte, à frémissement doux, couvert ; le collagène veut du temps et pas de violence.

Le bouillon est amer

Épices moulues, ou trop de girofle. Anis et cannelle entiers, 2 clous de girofle seulement, ôtés à la fin.

Il n'est pas rouge

Pas d'annatto ni de paprika, peu de concentré. Une cuillère à café d'annatto ou de paprika dans la marinade, 2 cuillères de concentré.

Le bouillon est trop court

Trop réduit, ou trop peu d'eau. 1,2 litre au départ ; allongé d'eau chaude et de nuoc-mâm : il doit être abondant.

Les carottes sont en purée

Mises au début. À 1 h 30, 30 minutes de cuisson.

C'est fade

Sous-salé au nuoc-mâm, pas d'herbes. Le nuoc-mâm à la fin, le sucre, et les herbes crues, l'oignon et le citron vert dans le bol.

Conservation & préparation anticipée

Le bo kho se garde 4 jours au réfrigérateur dans son bouillon, et il est meilleur le lendemain ; réchauffé doucement 15 minutes, allongé d'un peu d'eau si le bouillon a pris en gelée.

Il se congèle 3 mois en portions avec le bouillon ; décongelé une nuit au réfrigérateur.

La viande marinée crue se garde 24 heures au réfrigérateur.

Les nouilles se cuisent au moment ; les herbes lavées se gardent 2 jours dans un torchon humide.

Le bouillon en excès fait la soupe du lendemain avec des vermicelles et un œuf.

Variantes

Le pho bo

Notre pho bo, l'autre bœuf en bol du Vietnam, en bouillon clair et sans tomate.

Le banh mi

Notre banh mi, la baguette vietnamienne : celle qu'on trempe dans le bo kho.

Le bœuf bourguignon

Notre bœuf bourguignon, l'ancêtre français du bo kho, aux carottes et au vin.

Le curry massaman

Notre curry massaman, le bœuf mijoté thaï à la cannelle et au lait de coco, le cousin.

Questions fréquentes

Quel morceau de bœuf ?

Le jarret sans os, le plat de côte, le tendron : des morceaux gélatineux qui fondent en deux heures et lient le bouillon. Au Vietnam, on y ajoute du tendon, translucide et fondant, pour la texture. Le paleron convient ; le rumsteck et le filet sèchent.

Au pain ou aux nouilles ?

Les deux : au Sud, le bo kho est un petit-déjeuner mangé avec une baguette trempée dans le bouillon ; au Nord et le soir, il se verse sur des vermicelles ou des nouilles de riz plates, en soupe. La marmite est la même, plus de bouillon pour les nouilles.

Qu'est-ce que l'annatto ?

Le rocou, une graine rouge orangé qui colore sans piquer, en poudre ou en huile dans les épiceries asiatiques. Le paprika doux le remplace pour la couleur. C'est lui qui donne au bo kho son rouge, avant la tomate.

Avec ou sans lait de coco ?

Le Sud en met 30 cl pour un ragoût plus doux et plus rond ; le Nord n'en met pas et garde un bouillon plus clair et plus anisé. Les deux sont justes. Sans coco, le plat est plus proche de la daube française d'origine.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Oui, il y gagne : cuit la veille, le bouillon prend en gelée et la viande s'imprègne ; réchauffé 15 minutes. Il se congèle 3 mois. Les herbes, l'oignon cru et le citron vert sont ajoutés au moment.

Quel vin servir avec ?

L'accompagnement décide : au pain, un rouge léger et fruité sans bois à 15 °C, comme sur une daube ; aux nouilles, en soupe, un rosé sec froid. Un merlot fondu pour la version au tendon. Jamais un rouge boisé, en pharmacie sur l'anis.

Le bo kho, « bœuf braisé », est né de la rencontre du ragoût français et de la marmite vietnamienne : la baguette et les carottes viennent de France, la citronnelle, l'anis et le nuoc-mâm du Vietnam, et le rouge de l'annatto, le rocou, colore le tout. C'est un plat du matin dans le Sud, mangé avec du pain, et un plat de nouilles dans le Nord, où il devient une soupe, le bún bò kho. La même marmite fait les deux.

La viande et sa marinade, 1 heure avant ou la veille : 1,2 kg de jarret de bœuf sans os, ou de plat de côte, ou de tendron, ou un mélange avec 200 g de tendon pour les amateurs, en cubes de 4 cm, plus gros qu'une daube, parce qu'ils réduisent ; mêlés à 2 cuillères de nuoc-mâm, une de sauce soja, une cuillère à café de sucre, 2 tiges de citronnelle hachées fin, 3 gousses d'ail, une cuillère à café de cinq-épices, une de paprika ou d'annatto en poudre pour la couleur, du poivre ; filmés, 1 heure au moins.

Le bouillon : dans une cocotte, 2 cuillères d'huile, la viande saisie en deux fois jusqu'à colorer, réservée ; un gros oignon haché, 2 échalotes, 3 cm de gingembre en lamelles, fondus 5 minutes ; 2 cuillères de concentré de tomate, 2 minutes ; la viande remise, 400 g de tomates concassées, 2 anis étoilés, un bâton de cannelle, 2 tiges de citronnelle entières écrasées au plat du couteau et nouées, 2 feuilles de laurier, 2 clous de girofle ; 1,2 litre d'eau ou de bouillon de bœuf, ou 30 cl de lait de coco et 90 cl d'eau, à la façon du Sud ; une cuillère de nuoc-mâm, sel ; à frémissement, écumé, couvert, 1 h 30 à feu doux, jusqu'à ce que la viande soit presque tendre.

Les carottes et la fin : 4 carottes en tronçons de 3 cm, ajoutées à 1 h 30, 30 minutes de plus découvert, le bouillon réduisant un peu et se liant du collagène ; la viande se défait à la fourchette, le tendon est translucide et fondant. Les épices entières et la citronnelle ôtées ; goûté : le bouillon doit être rouge, parfumé d'anis et de citronnelle, salé au nuoc-mâm, légèrement sucré ; corrigé. Pour un bouillon plus lié, une cuillère de fécule délayée, facultatif ; la tradition est un bouillon fluide.

Le service, deux façons. Au pain, bò kho bánh mì : le ragoût dans des bols creux, avec beaucoup de bouillon, un demi-oignon émincé cru, des feuilles de basilic thaï, de la coriandre, un quartier de citron vert, du piment, et une baguette chaude qu'on rompt et trempe dans le bouillon ; c'est le petit-déjeuner de Saïgon et un dîner d'hiver. Aux nouilles, bún bò kho ou hủ tiếu bò kho : 400 g de vermicelles de riz ou de nouilles de riz plates cuits, dans les bols, le ragoût et son bouillon versés dessus, les mêmes herbes, des germes de soja, le citron vert. Les variantes : au lait de coco, façon Sud, plus douce ; au tendon seul, pour les amateurs de texture ; au poulet, gà kho, cuisses, 45 minutes ; et le bò kho de Hué, plus pimenté, avec de la pâte de crevettes.

Avant de partir

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Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
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