Plat en terre vernissée de sauté de porc aux champignons, morceaux d'épaule dorés dans une sauce crémeuse brune, champignons de Paris et girolles, persil, cuillère en bois à plat, bol de tagliatelles, verre de vin rouge, table en bois

Plat principal

Sauté de porc aux champignons : la recette facile

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 1 h 20
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Facile
  • Automne
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE (L'OUTIL DU PLAT : la viande dorée et mijotée dans le même récipient, le fond gratté)
  • une grande poêle (les champignons sautés à part, sans s'entasser)
  • du papier absorbant (la viande épongée, elle dore au lieu de bouillir)
  • une écumoire (la viande sortie et remise sans le jus)
  • une cuillère en bois (le fond de la cocotte gratté au vin blanc)
  • un pinceau à champignons (les girolles nettoyées à sec)

L'astuce du chef

L'épaule ou l'échine. Des morceaux persillés, à collagène, qui deviennent fondants en une heure ; le filet, maigre, serait sec en vingt minutes.

Quatre centimètres. Assez gros pour rester juteux, assez petits pour cuire en une heure.

Épongée. La viande humide bout dans sa vapeur ; sèche, elle dore.

En trois fois. La cocotte pleine refroidit d'un coup et la viande rend son jus ; par petites quantités, chaque cube touche le fond chaud et brunit.

Sans bouger. Deux minutes par face sans y toucher : la croûte se forme, et c'est elle qui fait le goût de la sauce.

La farine. Une cuillère dans le gras, une minute : elle lie la sauce sans grumeaux et sans goût de cru.

Le fond gratté. Les sucs bruns collés au fond sont la sauce : le vin blanc les décolle, la cuillère en bois les gratte.

Le frémissement. Une heure à peine bouillonnante : à gros bouillons, le porc durcit et se dessèche.

Les champignons à part. Sautés à feu vif dans une poêle, ils dorent et gardent leur mâche ; mijotés une heure dans la sauce, ils deviennent gris, mous et rendent leur eau.

Sans entasser. Une seule couche dans la poêle, en deux fois : entassés, ils bouillent dans leur eau au lieu de dorer.

La crème hors du feu. Dix centilitres, pas plus, remués dans la sauce brune : elle la lie et l'arrondit sans la blanchir. Bouillie, elle tourne et la sauce devient une soupe.

La couleur de la sauce. Une sauce à la crème est blanche ou brune : blanche, elle se boit blanc ; brune, faite sur des sucs de viande et du vin réduit, elle se boit rouge, quelle que soit la crème qui l'a liée.

Préparation pas à pas

  1. Porc en cubes de 4 cm, épongé, salé, poivré 5 min

    Sec, il dore.

  2. Doré à feu vif en trois fois, 2 min par face ; réservé 15 min

    Jamais entassé.

  3. Oignon et échalotes 5 min ; farine 1 min ; vin blanc, fond gratté, réduit de moitié 8 min

    Les sucs dans la sauce.

  4. Viande remise, bouillon, thym, laurier, ail ; couvert, 1 h à frémissement 1 h

    La viande se coupe à la fourchette.

  5. Champignons sautés au beurre à feu vif, en deux fois, 5 min, salés à la fin 12 min

    Dorés, l'eau partie.

  6. Champignons dans la cocotte, 10 min 10 min

    Ils prennent le jus.

  7. Hors du feu, crème remuée dans la sauce ; goûtée 2 min

    Nappe la cuillère, reste brune.

  8. Persil ; servi brûlant avec les tagliatelles

    Dans la cocotte.

Le conseil du caviste

Un sauté de porc aux champignons, épaule dorée et mijotée au vin blanc, champignons de Paris et girolles sautés, sauce brune liée d'une cuillère de crème.

Château Moulin Caresse Cœur de Roche à 17 °C, le rouge de garde, sur la sauce brune aux girolles.

Château La Rose Piney Saint-Émilion à 17 °C, le saint-émilion rond, pour la version aux cèpes séchés.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le rouge structuré, pour la version à la moutarde.

La couleur de la sauce, pas sa base, choisit le vin : on croit qu'une sauce à la crème se boit blanc, et c'est vrai d'une sauce blanche, mais une crème qui a été remuée dans un jus de viande brun, fait de sucs grattés, de vin réduit et de champignons dorés, n'est plus une sauce à la crème, c'est une sauce brune arrondie, et la sauce brune se boit rouge. Ce qui reste en bouche ici, c'est le rôti de la viande, le vin réduit et le champignon sauté, pas le lait ; la crème n'est qu'un liant, dix centilitres pour six personnes, et elle adoucit le tanin du rouge plus qu'elle ne réclame le blanc. Le Cœur de Roche de Moulin Caresse, un montravel rouge de garde, aux notes de sous-bois et de fruit noir, est le vin de ce sauté, servi à 17 °C, sur les girolles ; le saint-émilion de La Rose Piney, rond et mûr, sur la version aux cèpes séchés, plus profonde ; et le castillon de Beynat, plus structuré, sur la version à la moutarde, qui a besoin de tanin. La règle des sauces à la crème : on regarde leur couleur avant de choisir la bouteille.

À éviter : un blanc, que la sauce brune rend maigre, et un rouge trop jeune et tannique, que la crème rend râpeux.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Cœur de RocheChâteau Moulin Caresse Cœur de Roche 41,00 €
Château La Rose Piney Saint-Émilion Grand Cru 2022Château La Rose Piney Saint-Émilion Grand Cru 2022 17,50 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La viande est grise, pas dorée

Entassée, ou humide, ou cocotte pas assez chaude. Épongée, en trois fois, dans le gras fumant, sans la bouger 2 minutes par face.

La viande est dure

Cuisson trop courte ou trop forte, ou morceau maigre. De l'épaule ou de l'échine, une heure à frémissement ; la fourchette doit la couper seule, sinon 15 minutes de plus.

La sauce est liquide

Pas de farine, ou trop de bouillon. Une cuillère de farine dans le gras ; la sauce réduite à découvert 10 minutes avant la crème.

La sauce a tourné après la crème

Crème bouillie, ou crème allégée. De la crème épaisse entière, hors du feu, sans rebouillir.

Les champignons sont gris et mous

Mijotés dans la sauce, ou entassés dans la poêle. Sautés à part à feu vif, en deux fois, salés à la fin, ajoutés les 10 dernières minutes.

La sauce est blanche et fade

Trop de crème, viande non dorée, fond non gratté. Dix centilitres de crème, pas plus ; la viande brune ; le vin qui décolle les sucs : la sauce doit rester brune.

Conservation & préparation anticipée

Le sauté de porc se garde 3 jours au réfrigérateur dans sa sauce et se réchauffe à petit feu, couvert ; il est meilleur le lendemain.

Il se congèle 3 mois, sans la crème, ajoutée au réchauffage ; les champignons ramollissent un peu.

La viande mijotée sans les champignons se prépare la veille ; les champignons se sautent et la crème s'ajoute au moment de servir.

La sauce seule se garde 3 jours et nappe des pâtes.

Les restes effilochés font une garniture de tourte ou de crêpes gratinées.

Variantes

Le sauté de veau aux champignons

Notre sauté de veau aux champignons, la même méthode, plus fine.

La fricassée de champignons des bois

Notre fricassée de champignons des bois, pour les champignons seuls.

Les joues de porc confites

Nos joues de porc confites, l'autre porc mijoté de l'automne.

À la normande

Le vin blanc remplacé par 15 cl de cidre brut, deux pommes en quartiers sautées au beurre ajoutées avec les champignons, et la crème un peu plus généreuse : le sauté de porc normand.

Questions fréquentes

Quel morceau de porc pour un sauté ?

L'épaule ou l'échine, persillées et riches en collagène, qui deviennent fondantes en une heure de mijotage. Le filet mignon, maigre, serait sec ; on le garde pour une cuisson rapide. Compter 200 g par personne.

Quels champignons ?

Des champignons de Paris fermes et blancs pour la base, et si la saison le permet des girolles, des cèpes ou des pleurotes pour le goût des bois. Des cèpes séchés réhydratés dans le bouillon donnent aussi une sauce profonde hors saison.

Pourquoi cuire les champignons à part ?

Parce que mijotés une heure dans la sauce, ils rendent leur eau, deviennent gris et mous, et diluent la sauce. Sautés à feu vif dans une poêle, dorés et ajoutés les 10 dernières minutes, ils gardent leur goût et leur mâche.

Peut-on faire le sauté sans crème ?

Oui : la sauce brune, liée par la farine et réduite, se suffit ; on ajoute une noix de beurre hors du feu à la place de la crème. C'est le sauté de porc du Sud-Ouest, plus net.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Oui, la veille jusqu'à la fin du mijotage : réchauffé à petit feu, il est meilleur. Les champignons se sautent et la crème s'ajoute au moment de servir, pour garder le croquant et la sauce lisse.

Quel vin servir avec ?

Un rouge à 17 °C, un montravel de garde ou un saint-émilion : la sauce est brune, faite de sucs de viande et de vin réduit, et la crème n'est qu'un liant. Un castillon plus structuré sur la version à la moutarde. Jamais un blanc, que la sauce brune rend maigre.

Le sauté est la cuisson bourgeoise du porc : moins long qu'un rôti, moins cérémonieux qu'un ragoût, il est né dans les cuisines où l'on avait une cocotte et une heure. Les champignons en sont l'accompagnement naturel d'automne, de Paris toute l'année, des bois quand la forêt en donne, et la crème, en petite quantité, est ce qui distingue le sauté normand du sauté du reste de la France. C'est le plat des cahiers de recettes de famille, celui qu'on n'écrit jamais parce qu'on le sait.

La viande : 1,2 kg d'épaule de porc, ou d'échine, en cubes de 4 cm, épongés, salés et poivrés ; dans une cocotte, 2 cuillères d'huile et 20 g de beurre, la viande dorée à feu vif en trois fois, sans la bouger pendant 2 minutes de chaque côté, jusqu'à être brune ; réservée. Dans la cocotte, 1 oignon et 2 échalotes émincés, 5 minutes ; 1 cuillère de farine, 1 minute ; 15 cl de vin blanc sec, le fond gratté, réduit de moitié ; la viande remise, 30 cl de bouillon de volaille, 1 branche de thym, 1 feuille de laurier, 1 gousse d'ail ; couvert, 1 heure à frémissement, jusqu'à ce que la viande se coupe à la fourchette.

Les champignons : 400 g de champignons de Paris fermes, coupés en deux ou en quatre, et 200 g de girolles ou de cèpes, nettoyés au pinceau, ou 200 g de Paris de plus ; dans une grande poêle, 30 g de beurre très chaud, les champignons sautés à feu vif, sans les entasser, en deux fois, 5 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient dorés et que leur eau soit partie ; salés à la fin ; ajoutés dans la cocotte les 10 dernières minutes.

La finition : la cocotte hors du feu, 10 cl de crème fraîche épaisse remuée dans la sauce, qui la lie et la lisse sans la blanchir ; goûtée, rectifiée ; un bouquet de persil plat haché. La sauce doit napper la cuillère et rester brune. Le service : brûlant, dans la cocotte, avec des tagliatelles au beurre, une purée ou un riz pilaf. Les variantes : au cidre et aux pommes, le sauté normand, le vin blanc remplacé par du cidre brut et deux pommes sautées ajoutées avec les champignons ; à la moutarde, une cuillère de moutarde à l'ancienne dans la crème ; aux cèpes séchés, une poignée réhydratée dans le bouillon ; et le sauté au paprika, à la hongroise, avec de la crème aigre.

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