Stollen de Noël, pain allemand ovale couvert de sucre glace, trois tranches coupées montrant la mie dense aux raisins, écorces confites et amandes avec un cœur de pâte d'amande, couteau à plat, bougies, branches de sapin, verre de vin doux

Dessert

Stollen : la recette du pain de Noël allemand

  • Préparation : 45 min
  • Cuisson : 1 h
  • Repos : 14 jours
  • Moyen
  • 1 Stollen de 1,5 kg, 16 tranches
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

1 Stollen de 1,5 kg, 16 tranches

Ustensiles

  • UN PINCEAU ET DU BEURRE FONDU (L'OUTIL DU PLAT : le pain beurré brûlant, en trois passages, c'est ce qui le conserve)
  • un robot pétrin ou de bons bras (15 minutes de pétrissage, le beurre incorporé à la fin)
  • une plaque et du papier sulfurisé (le Stollen cuit à plat)
  • une feuille d'aluminium (le dessus couvert après 30 minutes, il ne brûle pas)
  • une sonde (92 °C au cœur, le Stollen est cuit)
  • un linge et du papier (deux semaines de repos emballé)

L'astuce du chef

Les fruits macérés. Secs, ils boiraient l'eau de la pâte et la dessécheraient ; gorgés de rhum une nuit, ils apportent le moelleux et le parfum.

Le beurre à la fin du pétrissage. Le gluten se développe d'abord sans gras ; le beurre incorporé ensuite donne une mie fine et serrée, pas une brioche aérée.

Une pâte lourde. Un Stollen ne lève pas comme une brioche : 200 g de beurre et 380 g de fruits pour 500 g de farine, la mie est dense, c'est voulu.

Les fruits à la main. Au robot, les raisins éclatent et colorent la pâte en gris ; à la main, ils restent entiers.

La pâte d'amande décentrée. Posée un peu à côté du milieu, elle se retrouve au centre de la bosse une fois la pâte pliée.

Le pli en retrait. Le bord du dessus ne rejoint pas celui du dessous : c'est ce qui dessine la bosse et la forme de l'enfant emmailloté.

Cent soixante-dix degrés, une heure. Une pâte aussi riche cuit lentement ; couverte après 30 minutes, elle finit sans brûler. La sonde à 92 °C dit quand c'est cuit.

Beurré brûlant. Le beurre fondu entre dans la croûte chaude et la sature : c'est lui qui fixe le sucre, garde le pain moelleux et le conserve un mois.

Deux sucres. Le sucre semoule sur le beurre chaud fait une croûte ; le sucre glace sur le pain froid fait la neige.

Deux semaines. Le rhum, le beurre et les fruits se diffusent dans la mie ; un Stollen coupé le jour même est sec et déséquilibré, à deux semaines il est parfait.

En tranches fines. C'est un pain riche, pas un gâteau : un centimètre d'épaisseur, au goûter, pas au dessert.

La pâte d'amande commande. Dans une tranche de Stollen, le cœur de pâte d'amande est ce qui reste en bouche ; l'accord se fait sur l'amande, et le liquoreux au noyau la rejoint.

Préparation pas à pas

  1. La veille : raisins, écorces et amandes macérés dans le rhum 12 h

    Couverts, une nuit.

  2. Levure délayée dans le lait tiède sucré, 15 min 15 min

    Elle mousse.

  3. Farine, sucre, œuf, sel, zeste, épices, lait levé ; pétris 10 min ; beurre mou 5 min 20 min

    Le beurre à la fin.

  4. Fruits égouttés incorporés à la main ; levée 1 h 30, doublée 1 h 35

    Sans déchirer la pâte.

  5. Ovale de 30 sur 20 cm ; boudin de pâte d'amande ; plié en deux, bosse marquée 10 min

    Le bord du dessus en retrait.

  6. Seconde levée 45 min ; four à 170 °C, 55 à 60 min, couvert après 30 min 1 h 45

    92 °C au cœur.

  7. Brûlant : beurre fondu au pinceau en trois passages, roulé dans le sucre 10 min

    Il boit tout.

  8. Froid : sucre glace épais ; emballé, 2 semaines de repos 14 j

    Puis en tranches fines.

Le conseil du caviste

Un Stollen de Dresde, pain de Noël au beurre, aux raisins au rhum, aux écorces confites et à la pâte d'amande, sous sa neige de sucre glace.

Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes à 8 °C, le liquoreux au noyau et à l'amande, sur la tranche de Stollen au dessert.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Doux à 8 °C, le doux ambré, pour le Mandelstollen.

Meung, thé noir forestier laotien à 90 °C, pour le goûter de l'Avent.

Un dessert à la pâte d'amande s'accorde sur l'amande, pas sur le fruit : les raisins et les écorces confites sont dispersés dans la mie, mais le cœur de pâte d'amande est le seul ingrédient qui occupe toute la bouche à chaque tranche, et l'amande, avec sa douceur grasse et sa pointe d'amertume de noyau, appelle un liquoreux qui a lui-même des notes de noyau, d'amande et d'abricot, celles du sémillon botrytisé. Le Stollen est un pain riche et peu sucré au fond, malgré sa neige ; c'est la pâte d'amande qui en fait un dessert, et c'est elle qu'on accorde. Les Brumes des Hauts de Caillevel, un côtes de bergerac liquoreux aux notes d'abricot confit et de noyau, sont le vin de cette tranche, servies à 8 °C ; le Magie d'Automne doux, plus ambré, sur le Mandelstollen à l'amande seule ; et pour le goûter de l'Avent, où le Stollen se mange le plus souvent, le Meung, un thé noir forestier aux notes de bois et de fruit sec, qui tient tête au beurre. La règle des gâteaux fourrés : on accorde le cœur.

À éviter : un crémant brut, que le sucre glace rend acide, et un vin doux léger sur le fruit frais, écrasé par la pâte d'amande.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
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Dépannage

Le Stollen est sec

Coupé trop tôt, ou pas assez beurré à la sortie. Deux semaines de repos emballé, et 80 g de beurre fondu en trois passages sur le pain brûlant, jusqu'à ce qu'il boive tout.

La pâte n'a pas levé

Levure tuée par le sel ou le lait trop chaud, ou beurre mis trop tôt. Lait tiède à 30 °C, le sel loin de la levure, le beurre après 10 minutes de pétrissage ; et une pâte aussi riche lève lentement, une heure et demie au chaud.

La mie est grise et les raisins ont éclaté

Fruits incorporés au robot. À la main, en pliant la pâte sur les fruits, sans pétrir.

La pâte d'amande est sortie sur le côté

Boudin trop près du bord, ou pâte trop fine. Le boudin à 3 cm du bord, la pâte épaisse d'un bon centimètre sous lui.

Le dessus a brûlé, le cœur est cru

Four trop chaud, pas couvert. 170 °C, une feuille d'aluminium après 30 minutes, et la sonde à 92 °C au centre avant de sortir.

Le sucre glace a fondu et fait une croûte grise

Saupoudré sur le pain chaud. Le sucre semoule sur le beurre chaud, le sucre glace sur le pain froid seulement, et de nouveau avant de servir.

Conservation & préparation anticipée

Le Stollen se garde 4 semaines emballé dans un papier sulfurisé et un linge, ou dans de l'aluminium, au frais et au sec, jamais au réfrigérateur ; il est à son meilleur entre 2 et 4 semaines.

Entamé, la tranche coupée se protège d'un papier et le pain se remballe ; il se garde encore 2 semaines.

Il se congèle entier, emballé, 3 mois ; décongelé 24 heures dans son emballage, resaupoudré de sucre glace.

Un Stollen sec se coupe en tranches, se passe 5 minutes au four et se mange avec du beurre, ou fait un pudding.

Les fruits macérés se préparent jusqu'à une semaine avant, couverts.

Variantes

Le kouglof

Notre kouglof, la brioche aux raisins de l'autre côté du Rhin.

Les bredele de Noël

Nos bredele de Noël, les petits gâteaux de l'Avent.

Le panettone

Notre panettone, le pain de Noël italien, tout en air.

Le Quarkstollen

La version rapide au fromage blanc, sans levure de boulanger : 500 g de farine, 1 sachet de levure chimique, 250 g de fromage blanc égoutté, 150 g de beurre, 2 œufs, 120 g de sucre, les mêmes fruits ; façonné et cuit aussitôt, 50 minutes, beurré et sucré de même. Il se mange dans la semaine.

Questions fréquentes

Combien de temps à l'avance faire le Stollen ?

Deux semaines au moins, quatre au mieux : à Dresde on le cuit à la Saint-Martin, le 11 novembre, pour le manger à l'Avent. Le rhum, le beurre et les fruits se diffusent dans la mie pendant le repos ; frais, il n'est qu'une brioche aux raisins.

Faut-il vraiment autant de beurre ?

Oui, c'est ce qui définit le Stollen : 200 g dans la pâte, 80 g à la sortie du four. Le beurre de finition sature la croûte, fixe le sucre et conserve le pain un mois. Avec moins, il sèche en trois jours.

Peut-on faire le Stollen sans pâte d'amande ?

Oui, c'est le Stollen de Dresde d'origine, sans cœur ; la pâte d'amande est une version plus récente et très répandue. On garde alors les 80 g d'amandes hachées dans la pâte, et on peut en mettre 120.

Quelle levure ?

De la levure fraîche de boulanger, 20 g, délayée dans le lait tiède avec une pincée de sucre : elle doit mousser en 15 minutes. À défaut, 8 g de levure sèche instantanée mêlée à la farine. Jamais de levure chimique dans le vrai Stollen.

Comment le couper ?

En tranches fines d'un centimètre, au couteau à pain, en partant du milieu : on coupe le Stollen par le centre, on prend les tranches, et on rapproche les deux moitiés pour que la tranche ne sèche pas. C'est la méthode saxonne.

Quel vin servir avec ?

Un liquoreux aux notes de noyau et d'amande à 8 °C, un côtes de bergerac botrytisé : c'est la pâte d'amande qu'on accorde, pas les raisins. Au goûter de l'Avent, un thé noir forestier. Jamais un crémant brut, que le sucre glace rendrait acide.

Le Stollen est le plus vieux gâteau de Noël d'Allemagne : on le trouve à Dresde dès le XVᵉ siècle, sous la forme d'un pain de carême, sans beurre ni lait, jusqu'à ce que le prince-électeur de Saxe obtienne du pape, en 1491, le droit d'y mettre du beurre. Sa forme, un pain ovale plié avec une bosse, représenterait l'enfant emmailloté ; son manteau de sucre glace, les langes. Il se vend au poids sur les marchés de Noël, et chaque famille saxonne a sa recette et son rapport de beurre.

La veille : 200 g de raisins secs, 50 g d'écorce d'orange confite et 50 g d'écorce de citron confite en petits dés, 80 g d'amandes effilées ou hachées, macérés dans 6 cl de rhum ambré, couverts, une nuit.

La pâte : 500 g de farine T45, 20 g de levure fraîche délayée dans 15 cl de lait tiède avec une cuillère de sucre, 15 minutes ; 80 g de sucre, 1 œuf, une cuillère à café de sel, le zeste d'un citron, une cuillère à café de cardamome moulue, une pincée de muscade et de cannelle ; pétris 10 minutes ; 200 g de beurre mou incorporé en morceaux, pétri encore 5 minutes ; les fruits macérés et égouttés incorporés à la main, sans déchirer la pâte ; 1 heure 30 de levée couverte, jusqu'au doublement. Un boudin de 200 g de pâte d'amande roulé sur 25 cm.

Le façonnage : la pâte dégazée, étalée en ovale de 30 sur 20 cm, le boudin de pâte d'amande posé un peu à côté du centre dans la longueur, la pâte pliée en deux par-dessus, le bord supérieur ne rejoignant pas tout à fait le bord inférieur, le pli marqué du tranchant de la main pour faire la bosse ; sur une plaque, 45 minutes de seconde levée. Au four à 170 °C, 55 à 60 minutes, couvert d'une feuille d'aluminium après 30 minutes, jusqu'à ce qu'il sonne creux et qu'une sonde donne 92 °C au cœur.

La finition : encore brûlant, badigeonné de 80 g de beurre fondu au pinceau, en trois passages, jusqu'à ce qu'il boive tout ; puis roulé dans 60 g de sucre semoule, et une fois froid enneigé de 60 g de sucre glace tamisé, en couche épaisse. Enveloppé dans un papier sulfurisé et un linge, ou dans de l'aluminium, 2 semaines au frais et au sec avant d'être coupé. Le service : en tranches fines, au goûter de l'Avent, avec un thé ou un vin doux. Les variantes : le Mandelstollen, sans raisins, à l'amande seule ; le Mohnstollen, au pavot ; le Quarkstollen, au fromage blanc, sans levure, plus rapide ; et le Stollen aux noix et aux figues, à la façon des boulangers de Nuremberg.

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