Table des treize desserts de Provence, pompe à l'huile rompue, figues sèches, noix, amandes, raisins, dattes, nougats blanc et noir, calissons, pâte de coings, clémentines, bougies, branches de sapin, verre de vin doux

Dessert

Treize desserts de Provence : la table de Noël

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 25 min
  • Moyen
  • 8 personnes, et les jours suivants
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

8 personnes, et les jours suivants

Ustensiles

  • TREIZE COUPELLES OU UN GRAND PLATEAU (L'OUTIL DU PLAT : chaque dessert a sa place, tous visibles à la fois)
  • trois nappes blanches (superposées, la Trinité)
  • trois chandeliers (les trois lumières de la table)
  • un casse-noix (les noix en coquille, cassées à table)
  • un couteau (pour le nougat et les fruits, jamais pour la pompe)
  • trois soucoupes et du coton (le blé de la Sainte-Barbe, semé le 4 décembre)

L'astuce du chef

Treize, exactement. Le Christ et les douze apôtres : on compte avant de servir, et on recompte, parce que le douzième et le quatorzième sont les erreurs classiques.

Le socle de huit. Pompe, quatre mendiants, deux nougats, dattes : ceux-là ne se discutent pas ; les cinq autres sont la liberté de la maison.

Les mendiants. Noix ou noisettes pour les augustins, figues pour les franciscains, amandes pour les carmes, raisins pour les dominicains : la couleur des bures. Ils se servent secs, tels quels, dans quatre coupelles séparées.

La pompe rompue. Jamais coupée au couteau : on la rompt à la main, comme le Christ rompit le pain, et la coupée porte malheur pour l'année.

Le nougat noir. Miel et amandes cuits jusqu'au caramel brun, dur, cassé au marteau : il représente le mal, le blanc représente le bien, et on mange les deux.

Les dattes. Le fruit venu d'Orient, celui des Rois mages ; farcies de pâte d'amande verte, rose et blanche, à la provençale, ou nature.

Le melon d'hiver. Le verdau, un melon vert récolté en septembre et gardé dans la paille jusqu'à Noël ; introuvable hors Provence, on le remplace par des poires.

Les clémentines avec les feuilles. Elles disent que le fruit est frais, et elles décorent : c'est le seul vert de la table.

Tous à la fois. Les treize desserts ne se servent pas l'un après l'autre : ils sont posés ensemble, et chacun se sert dans l'ordre qu'il veut.

Trois jours. La table reste dressée jusqu'au 27, et on y goûte à chaque passage : c'est une table ouverte, pas un dessert.

Le blé de la Sainte-Barbe. Semé le 4 décembre, il doit être haut et vert à Noël : s'il pousse droit, l'année sera bonne. Il est sur la table, il ne se mange pas.

Un seul vin. Les fruits secs demandent l'oxydatif, les nougats le sucre, les clémentines l'acidité : le vin doux ambré a les trois, et c'est le seul.

Préparation pas à pas

  1. Le 4 décembre : blé semé sur du coton humide dans trois soucoupes 5 min

    Il germe pour Noël.

  2. La veille : nougats, calissons, fruits confits et pâte de coings achetés ou faits 30 min

    Les confiseurs de Provence.

  3. Le matin du 24 : la pompe à l'huile cuite 25 min

    Elle reste tiède sous un linge.

  4. Les quatre mendiants en quatre coupelles, les nougats coupés, les dattes farcies 15 min

    Quatre, pas trois.

  5. Les fruits frais lavés, les clémentines avec leurs feuilles 5 min

    La pâte de coings en cubes.

  6. Trois nappes, trois chandeliers, le blé germé 10 min

    La table du gros souper.

  7. Les treize desserts posés ensemble, la pompe au centre ; on compte 10 min

    Treize.

  8. Après le repas ou au retour de la messe, chacun goûte aux treize ; la table reste dressée 3 jours

    La pompe rompue à la main.

Le conseil du caviste

Les treize desserts de Provence, la pompe à l'huile, les quatre mendiants, les deux nougats, les dattes, les fruits frais et confits, sur la table de Noël.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Doux à 9 °C, le vin doux ambré, sur les treize à la fois.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles douces, pour la pompe et les calissons.

Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes à 8 °C, le liquoreux, pour les nougats et la pâte de coings.

Sur une table de treize douceurs, on n'accorde pas chaque dessert, on accorde la table, et il faut un vin qui tienne les trois familles à la fois : les fruits secs et les noix demandent un vin oxydatif, aux notes de noix et de fruit sec ; les nougats et la pâte de coings demandent du sucre ; les clémentines et les poires demandent de l'acidité ; et le seul vin qui ait les trois est le vin doux ambré, qui a pris avec l'âge les notes de noix, gardé son sucre et conservé son acidité. En Provence, c'est le vin cuit, un moût réduit et vieilli ; chez nous, c'est le Magie d'Automne doux de Moulin Caresse, un côtes de bergerac doux ambré, aux notes de coing, de miel et de fruit sec, servi à 9 °C, une seule bouteille pour treize desserts et trois jours de table ouverte. Pour ceux qui veulent deux verres, le Tour du Roy demi-sec, dont les bulles soulèvent la pompe à l'huile et les calissons, et Les Brumes des Hauts de Caillevel, plus liquoreuses, sur les nougats. La règle des tables de fête : quand il y a treize desserts, il y a un vin.

À éviter : un vin sec, que le nougat rend acide, et un rouge, même doux, qui ne va ni aux noix ni aux clémentines.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

On n'arrive qu'à douze

Un mendiant oublié, ou les deux nougats comptés pour un. Les quatre mendiants font quatre desserts, les deux nougats deux ; on compte sur les doigts, à voix haute, devant la table.

La pompe est sèche

Faite la veille et laissée à l'air. Faite le matin, gardée sous un linge, et rompue au moment de servir ; sèche, elle se trempe dans le vin doux, c'est la tradition aussi.

Le nougat noir ne se casse pas

Trop épais. Un coup de marteau sur le bloc enveloppé dans un torchon, ou une lame chauffée ; les morceaux irréguliers sont la règle.

Le blé de la Sainte-Barbe est jaune et couché

Semé trop tard ou trop dense, ou trop arrosé. Le 4 décembre, une couche fine de grains sur du coton humide, à la lumière, arrosé un peu chaque jour ; couché, on le relève d'un ruban rouge, c'est ce qu'on fait.

Les dattes sont sèches

Dattes de mauvaise qualité ou vieilles. Des dattes moelleuses, medjool ou deglet nour, farcies d'un boudin de pâte d'amande colorée, qui les humidifie.

Il n'y a pas de melon d'hiver

Il n'y en a qu'en Provence. Deux poires d'hiver, une grappe de raisin gardée au frais ou des pommes remplacent le verdau ; le fruit frais compte pour un dessert, quel qu'il soit.

Conservation & préparation anticipée

La table des treize desserts reste dressée trois jours, du 24 au 27 décembre, couverte d'un linge la nuit ; les fruits secs et les nougats ne bougent pas, la pompe sèche et se grille, les clémentines se mangent avant.

Les nougats et les calissons se gardent 1 mois dans une boîte, à l'abri de l'humidité.

La pâte de coings et les fruits confits se gardent 3 mois au sec.

Les mendiants se gardent tout l'hiver dans des bocaux.

La pompe à l'huile se garde 2 jours sous un linge et se grille ensuite ; elle se fait aussi la veille.

Variantes

La pompe à l'huile

Notre pompe à l'huile, le centre de la table, à faire le matin du 24.

Le nougat blanc maison

Notre nougat blanc maison, au miel et aux amandes.

Les calissons d'Aix

Nos calissons d'Aix, pour les faire soi-même.

La pâte de coings

Notre pâte de coings, faite en octobre pour la table de décembre.

Questions fréquentes

Quels sont les treize desserts ?

Huit ne se discutent pas : la pompe à l'huile, les quatre mendiants (noix ou noisettes, figues sèches, amandes, raisins secs), le nougat blanc, le nougat noir et les dattes. Les cinq autres sont au choix de la maison : fruits frais d'hiver, calissons, pâte de coings, fruits confits, oreillettes, nougat rouge, mendiants au chocolat. Chaque village a sa liste, le total fait toujours treize.

Pourquoi treize ?

Le Christ et les douze apôtres, à la Cène. La tradition a été fixée au début du XXᵉ siècle par les félibres provençaux, mais les desserts de Noël en Provence sont bien plus anciens ; le nombre, lui, est devenu la règle.

Pourquoi les quatre mendiants ?

Ils représentent les quatre ordres religieux mendiants par la couleur de leur habit : les noix ou noisettes pour les augustins, les figues sèches pour les franciscains, les amandes pour les carmes, les raisins secs pour les dominicains. Ils se servent secs, chacun dans sa coupelle, et comptent pour quatre desserts.

Faut-il tout faire soi-même ?

Non : les treize desserts sont une composition, pas une pâtisserie. On fait la pompe le matin, et la pâte de coings en octobre si on veut ; nougats, calissons et fruits confits viennent des confiseurs de Provence, dont c'est le métier. Faire le nougat blanc soi-même est le beau geste en plus.

Quand se mangent-ils ?

Après le gros souper de la veille de Noël, traditionnellement au retour de la messe de minuit, avec le vin cuit ; puis la table reste dressée trois jours, jusqu'au 27, et on y goûte à chaque passage, avec les visiteurs. Chacun doit goûter aux treize pour que l'année soit bonne.

Quel vin servir avec ?

Un seul vin pour treize desserts : un vin doux ambré à 9 °C, un côtes de bergerac doux, qui a les notes de fruit sec pour les mendiants, le sucre pour les nougats et l'acidité pour les clémentines ; c'est l'équivalent du vin cuit provençal. Un crémant demi-sec pour la pompe, un liquoreux pour les nougats, si l'on veut deux verres. Jamais un vin sec.

Les treize desserts sont une tradition provençale codifiée tard, au début du XXᵉ siècle, par les félibres qui voulaient fixer les coutumes du gros souper, le repas maigre de la veillée de Noël : sept plats maigres, trois nappes, trois chandeliers, et treize desserts. Le nombre est fixe, la liste ne l'est pas : chaque village, chaque famille a la sienne, avec un socle commun de huit douceurs et cinq places libres. Ils se posent sur la table après le gros souper, avant la messe, et se mangent au retour, à minuit passé, avec le vin cuit.

Le socle, huit desserts qu'on ne discute pas : la pompe à l'huile, la fougasse sucrée à l'huile d'olive et à la fleur d'oranger, faite le matin ; les quatre mendiants, 200 g de noix en coquille ou de noisettes, 200 g de figues sèches, 150 g d'amandes et 150 g de raisins secs, chacun dans une coupelle ; le nougat blanc, au miel et aux amandes, 200 g ; le nougat noir, au miel caramélisé, 200 g ; et les dattes, 200 g, farcies de pâte d'amande ou nature, le seul fruit venu d'Orient, celui des Rois mages.

Les cinq autres, au choix de la maison : des fruits frais de saison, 6 clémentines avec leurs feuilles, 2 poires d'hiver, un melon de Noël, le verdau, gardé depuis l'été dans la paille, ou du raisin ; les calissons d'Aix, 12 ; la pâte de coings, 200 g en cubes roulés dans le sucre ; les fruits confits d'Apt, 150 g ; les oreillettes, beignets fins au sucre ; le nougat rouge à la rose et aux pistaches ; les mendiants au chocolat ; ou une tarte de courge. On compte : huit et cinq font treize, et on recompte, parce qu'il en manque toujours un.

La table : trois nappes blanches superposées, pour la Trinité, sur lesquelles on pose trois chandeliers et trois coupelles de blé de la Sainte-Barbe, germé depuis le 4 décembre ; les treize desserts tous à la fois, sur un grand plateau ou un plat par dessert, la pompe au centre ; et une bouteille de vin cuit ou de vin doux. Le service : au retour de la messe de minuit, ou après le repas, chacun goûte aux treize, et la table reste dressée jusqu'au 27 décembre, pour les visiteurs. Les variantes : la liste marseillaise, avec les navettes ; la liste d'Aix, avec les calissons obligatoires ; la liste du Var, avec les nougats de Signes ; et la version moderne des restaurants, en assiette individuelle, treize bouchées.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €

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