Diots savoyards dorés dans une poêle en fonte, sauce d'oignons au vin blanc réduite

Plat

Diots au vin blanc : à couvert, l'alcool retombe dans la casserole

L'alcool bout à 78 °C, mais dans une cocotte fermée il se condense sur le couvercle et retombe dans le plat. La sauce garde alors une âpreté qui ne partira plus. Les diots se mijotent à découvert.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 50 min
  • Repos : Aucun ; il est meilleur réchauffé le lendemain
  • Économique
  • 4 personnes
  • Très facile
  • Automne et hiver

Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • une sauteuse ou une poêle à bords hauts (large et OUVERTE : la surface d'évaporation fait le travail)
  • une pince (pour retourner les diots sans les percer, jamais une fourchette)
  • une cuillère en bois (pour décoller les sucs des oignons quand on verse le vin)
  • une casserole séparée (les pommes de terre cuisent à part, à l'eau)
  • un couvercle (et il reste sur le plan de travail : c'est le principe de la recette)

L'astuce du chef

L'éthanol bout à 78 °C. Dans un liquide qui mijote, il passe donc en phase vapeur bien avant l'eau, et c'est ainsi qu'un plat au vin perd son mordant tout en gardant les arômes du raisin.

Un couvercle annule complètement ce mécanisme. La vapeur d'alcool rencontre une surface plus froide, se condense en gouttes et retombe dans la casserole. Le plat mijote alors dans son propre alcool, indéfiniment.

D'où l'âpreté d'un plat au vin cuit à couvert. Ce n'est pas un mauvais vin ni un excès de vin : c'est un couvercle.

À découvert, la réduction fait la sauce. L'eau s'évapore avec l'alcool, les sucres des oignons et de la carotte se concentrent, et le liquide devient nappant sans crème ni farine.

Le vin ne monte qu'à mi-hauteur. Une saucisse totalement immergée poche uniquement ; à mi-hauteur, sa partie émergée continue de rôtir et de se colorer, et l'on obtient les deux textures.

On ne pique jamais un diot. Le boyau retient le gras et le jus. Percé, il les livre au vin en quelques minutes et la saucisse finit sèche et farineuse.

Les oignons doivent fondre avant. Leur sucre est le contrepoids de l'acidité du vin blanc : jetés crus en même temps que le liquide, ils restent croquants et n'adoucissent rien.

Les pommes de terre cuisent à part. Leur amidon troublerait une sauce que l'on vient de concentrer, et elles s'imbiberaient de vin au lieu de le recevoir en nappage.

On sale à la fin. Une sauce réduite de moitié a doublé sa concentration en sel, et les diots en ont libéré : c'est le moment de goûter, pas avant.

Préparation pas à pas

  1. Faire fondre les oignons au beurre 12 min

    À feu moyen, jusqu'à ce qu'ils soient blonds et fondants, presque compotés. Leur sucre est le contrepoids de l'acidité du vin.

  2. Colorer les diots sans les piquer 8 min

    À la pince, sur toutes les faces, jusqu'à ce que le boyau soit doré. Aucune piqûre : c'est lui qui retient le gras pendant tout le mijotage.

  3. Verser le vin À MI-HAUTEUR 2 min

    Pas davantage. Les diots ne doivent pas nager : ils pochent à moitié et rôtissent à moitié. On décolle les sucs à la cuillère.

  4. MIJOTER 40 MINUTES À DÉCOUVERT 40 min

    Feu doux, couvercle sur le plan de travail. L'alcool s'évapore, le liquide se concentre. À couvert, la vapeur d'alcool se condense et retombe dans le plat.

  5. Cuire les pommes de terre à part 20 min

    À l'eau salée, en robe des champs. Dans la sauce, leur amidon la troublerait et elles s'imbiberaient de vin.

  6. Vérifier la sauce 2 min

    Elle doit napper le dos d'une cuillère et être ambrée. Si elle est encore liquide, on retire les diots et on laisse réduire cinq minutes de plus.

  7. GOÛTER AVANT DE SALER 1 min

    Les diots ont libéré leur sel dans la sauce concentrée. Souvent, il n'y a rien à ajouter qu'un tour de poivre.

  8. Servir avec les pommes de terre 3 min

    Les pommes de terre chaudes dans le plat au dernier moment, nappées de sauce. Du pain de campagne, et rien d'autre.

Le conseil du caviste

Les diots au vin blanc sont gras, salés, avec une sauce acidulée et sucrée par l'oignon. Contrairement à l'intuition, le blanc de cuisson n'est pas forcément le meilleur au verre.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, servi frais, est l'accord le plus satisfaisant : un rouge léger et fruité tient le gras de la saucisse là où un blanc se fait effacer.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C si vous préférez rester sur le vin de la casserole : la logique du même vin dans le plat et dans le verre marche ici aussi.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé à 9 °C pour une table décontractée, avec des pommes de terre et de la charcuterie.

Servez le rouge frais, à 15 °C et pas à 20. Sur une saucerie grasse et salée, c'est la fraîcheur qui relance chaque bouchée.

À éviter : un rouge tannique. Le sel de la saucisse durcit les tanins et l'ensemble devient métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La sauce est âpre et agressive

Le plat a mijoté à couvert. La vapeur d'alcool s'est condensée sur le couvercle et est retombée dans la casserole : on cuit à découvert, toujours.

La sauce est restée liquide

Même cause, ou pas assez de temps. À découvert, elle réduit et devient nappante : on retire les diots et on prolonge cinq minutes.

Les saucisses sont sèches

Elles ont été piquées. Le boyau retient le gras pendant quarante minutes : on les retourne à la pince, jamais à la fourchette.

C'est trop acide

Les oignons n'ont pas assez fondu. Leur sucre est le contrepoids du vin : douze minutes au beurre avant d'ajouter quoi que ce soit.

C'est trop salé

La sauce a réduit et concentré son sel, et les diots en ont libéré. On goûte à la fin, et souvent on ne sale pas du tout.

La sauce est trouble et farineuse

Les pommes de terre ont cuit dedans. Elles se cuisent à part, à l'eau, et on les ajoute nappées au dernier moment.

Conservation & préparation anticipée

Les diots se gardent 3 jours au réfrigérateur dans leur sauce, et ils sont meilleurs le lendemain : la sauce a fini de pénétrer.

Ils se réchauffent à feu doux, à découvert, toujours : la règle du couvercle vaut aussi au réchauffage.

Ils se congèlent 3 mois dans leur sauce, en portions. Décongélation lente au réfrigérateur, puis réchauffage doux.

Les pommes de terre ne se congèlent pas : elles deviennent farineuses. On les refait au moment de servir.

Les diots crus se gardent 3 jours au réfrigérateur, et 4 mois au congélateur, séparés à plat.

Variantes

Diots à la polenta

L'accompagnement des vallées, plus doux que la pomme de terre et qui boit la sauce.

Aux crozets

Les petites pâtes carrées de Savoie, cuites à part : voir notre gratin de crozets.

Diots fumés

Blanchissez-les cinq minutes avant de les colorer : comme toute charcuterie fumée, ils sont beaucoup plus salés.

Sur une table savoyarde

Avec notre tartiflette ou notre fondue savoyarde.

Questions fréquentes

Pourquoi cuire à découvert ?

Parce que l'alcool bout à 78 °C et s'évapore. Sous un couvercle, sa vapeur se condense et retombe dans le plat : la sauce garde alors une âpreté qui ne partira plus.

Faut-il piquer les diots ?

Jamais. Le boyau retient le gras et le jus pendant les quarante minutes de mijotage. Percé, il livre tout au vin et la saucisse finit sèche.

Combien de vin faut-il ?

Juste à mi-hauteur des saucisses. Immergées, elles ne feraient que pocher ; à mi-hauteur, la partie émergée continue de rôtir.

Peut-on remplacer le vin de Savoie ?

Oui, par n'importe quel blanc sec et vif, un bordeaux blanc par exemple. C'est l'acidité et la fraîcheur qui comptent, pas l'appellation.

Faut-il cuire les pommes de terre dans la sauce ?

Non. Leur amidon troublerait une sauce qu'on vient de concentrer, et elles s'imbiberaient de vin. On les cuit à l'eau et on les nappe.

Quel vin servir avec des diots ?

Un Bergerac rouge à 15 °C, servi frais. Sur une saucisse grasse et salée, un rouge léger tient mieux qu'un blanc, qui se fait effacer.

Le diot est la saucisse de la Savoie, et sa recette la plus courante tient en trois éléments : des oignons, du vin blanc, et du temps. C'est sur le troisième que tout se joue, et sur un détail que presque personne n'écrit : le couvercle reste ouvert.

L'éthanol bout à 78 °C, bien avant l'eau. Dans une casserole ouverte, il s'évapore et quitte le plat, laissant derrière lui les arômes du vin sans son mordant. Mais dans une cocotte couverte, cette vapeur d'alcool rencontre le couvercle plus froid, se condense et retombe. Le plat mijote alors indéfiniment dans son propre alcool, et la sauce garde une âpreté agressive que le sucre des oignons ne compense pas.

La conséquence est double. On cuit à découvert, ce qui laisse partir l'alcool ; et comme le liquide s'évapore aussi, la sauce réduit et se concentre toute seule. C'est de là que vient son onctuosité, sans crème et sans farine.

Deuxième point, plus connu mais rarement respecté : on ne pique pas les diots. Le boyau est ce qui retient le gras et le jus pendant les quarante-cinq minutes de mijotage. Percé, il livre tout au vin et la saucisse finit sèche.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

Voir tous nos vins →

Vous recevez ?

Combien de bouteilles prévoir ?

Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.

Calculer pour Diots au vin blanc
Retour