La tartiflette souffre d'un malentendu : trop souvent noyée de crème et faite de pommes de terre bouillies, elle devient un gratin mou. Bien faite — pommes de terre rissolées, déglaçage au vin blanc, reblochon fermier posé croûte vers le haut — elle est l'un des grands plats d'hiver. La recette exacte est ci-dessus ; voici son histoire (plus récente qu'on ne le croit) et les accords du caviste.
Histoire : une invention des années 1980
Contrairement à ce que suggèrent les cartes des restaurants d'altitude, la tartiflette n'est pas un plat ancestral : elle a été créée dans les années 1980 à l'initiative du syndicat interprofessionnel du reblochon, pour relancer la consommation du fromage. Le nom vient du savoyard tartifla, la pomme de terre. Elle s'inspire d'un plat traditionnel bien réel, la péla — pommes de terre, oignons et fromage cuits dans une poêle à long manche au coin du feu. Une invention marketing, donc, mais bâtie sur un socle authentique : c'est ce qui explique qu'elle ait été adoptée si vite, y compris en Savoie.
Quel vin servir avec la tartiflette ?
Face au reblochon fondu et aux lardons, il faut de la vivacité — surtout pas de tanins, qui tournent au métallique sur le fromage. Un vin de Savoie serait la tradition ; à défaut, le principe se transpose sans peine. Le sauvignon Moulin Caresse, sec et tendu, tranche parfaitement dans le gras à 9-10 °C ; le Fleur de Roche des Hauts de Caillevel apporte une minéralité bienvenue. En rouge, léger et servi frais : le bergerac bio du Château de Thenon à 14 °C. Tous nos blancs secs sont en ligne.
Pour continuer
La saison du fromage fondu continue avec la fondue savoyarde aux trois fromages et la raclette. Côté pommes de terre, comparez avec le gratin dauphinois authentique — l'autre école, sans fromage — et les pommes sarladaises. Conseils d'accord en boutique à Sainte-Foy-la-Grande et Creysse. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.







