Tranches épaisses de millas gascon frites à la graisse de canard, croûte dorée et sucre, une tranche ouverte

Dessert

Millas : cuit à l'eau il n'a aucun goût, c'est la graisse de canard qui le fait

La farine de maïs n'apporte presque aucun goût : elle apporte de la texture. Un millas cuit à l'eau et poêlé au beurre est fade, et il l'a toujours été. C'est le bouillon puis la graisse de canard qui le rendent bon.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 1 h
  • Repos : 4 h de refroidissement minimum, une nuit c'est mieux
  • Économique
  • 8 personnes
  • Facile
  • Automne et hiver

Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • une cocotte à fond épais (la bouillie devient très lourde et attache sur un fond mince)
  • une cuillère en bois solide (il faut remuer une heure sans s'arrêter, la masse résiste)
  • un plat rectangulaire huilé (la bouillie y refroidit sur 2 cm d'épaisseur)
  • une poêle en fonte (pour saisir les tranches dans la graisse, à feu vif)
  • un tamis (la farine de maïs fait des grumeaux irrattrapables si elle n'est pas tamisée)

L'astuce du chef

La farine de maïs n'apporte pas de goût. Elle apporte de l'amidon, donc de la texture. C'est ce qui la distingue de la farine de châtaigne, naturellement sucrée et très parfumée.

Le millas est un support. Il prend le goût de ce dans quoi il est cuit, et c'est pour cela qu'il a toujours été fait au bouillon et jamais à l'eau.

Le bouillon de la veille était la norme. Celui de la poule au pot ou de la soupe : le millas y récupérait le gras, le sel et les arômes de tout le repas précédent.

La graisse de canard tient une température que le beurre ne tient pas. Son point de fumée dépasse largement celui du beurre entier, dont les protéines de lait brûlent bien avant que la croûte se forme.

Et elle apporte ses propres arômes. Sur un aliment aussi neutre, le gras de cuisson n'est pas un moyen, c'est un ingrédient.

Quarante-cinq minutes de cuisson au minimum. Écourtée, la bouillie garde un goût de maïs cru et une texture sableuse : les granules d'amidon doivent gélatiniser complètement.

Le refroidissement fait la tenue. Comme pour toute bouillie d'amidon, c'est en perdant sa chaleur que la masse prend en gel ferme et devient coupable au couteau.

Deux centimètres d'épaisseur. C'est ce qui permet d'avoir en même temps une croûte croustillante et un cœur resté crémeux.

La farine se tamise et se verse en pluie. Un grumeau se forme instantanément : sa surface cuit, devient imperméable, et l'intérieur reste sec définitivement.

Le même appareil fait le salé et le sucré. Ce n'est pas deux recettes : c'est la finition, sucre ou fleur de sel, qui décide de ce que devient le millas.

Préparation pas à pas

  1. Porter le BOUILLON à ébullition 10 min

    Du bouillon de volaille ou de pot-au-feu, jamais de l'eau. C'est lui qui donnera tout le goût du millas, la farine de maïs n'en apporte aucun.

  2. Verser la farine tamisée en pluie 5 min

    En filet, sans cesser de fouetter. Versée d'un coup, elle fait des grumeaux définitifs dont le cœur restera sec.

  3. Remuer 45 minutes à feu doux 45 min

    Sans s'arrêter. La masse épaissit et devient lourde. Une cuisson écourtée laisse un goût de maïs cru et une texture farineuse.

  4. Attendre qu'elle se décolle des parois 5 min

    Elle doit former un bloc qui se détache du fond. C'est le signal de fin, plus fiable qu'un chronomètre.

  5. Couler sur 2 cm et REFROIDIR 4 HEURES 4 h

    Dans un plat huilé, lissé à la spatule mouillée. C'est en refroidissant que l'amidon prend en gel ferme : tiède, le millas ne se coupe pas.

  6. Tailler en tranches épaisses 5 min

    Des tranches de 2 cm, taillées au couteau. Plus fines, elles seraient sèches et le contraste croûte et cœur disparaîtrait.

  7. SAISIR DANS LA GRAISSE DE CANARD 10 min

    Poêle bien chaude, graisse fondue. Trois minutes par face, jusqu'à une croûte franchement dorée et craquelée. Jamais au beurre, qui brûlerait avant.

  8. Sucrer ou saler à la sortie 2 min

    Sucre en poudre pour le dessert, fleur de sel et poivre pour accompagner un confit. Le même millas fait les deux.

Le conseil du caviste

Le millas change de camp selon sa finition, et le vin doit suivre.

En dessert, sucré : le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux à 8 °C, dont l'ampleur répond au gras de la graisse de canard et au sucre.

Au goûter, plus léger : le Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, dont la bulle décape le gras de la friture.

En accompagnement salé d'un confit : le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, servi frais, qui est l'accord classique du canard du Sud-Ouest.

C'est la finition qui décide, jamais le nom du plat : la même tranche appelle un moelleux avec du sucre et un rouge avec de la fleur de sel.

À éviter : un blanc sec sur la version sucrée, qui paraîtrait acide et maigre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est fade

Il a été cuit à l'eau. La farine de maïs n'apporte aucun goût : il faut du bouillon de volaille ou de pot-au-feu, et de la graisse de canard à la poêle.

Ça a un goût de maïs cru

La cuisson a été écourtée. Quarante-cinq minutes au minimum, jusqu'à ce que la masse se décolle du fond en un bloc.

Le bloc s'effondre à la coupe

Il n'a pas assez refroidi. C'est le refroidissement, pas la cuisson, qui fait prendre l'amidon en gel : quatre heures au minimum.

Le beurre a brûlé et la croûte est noire

Le beurre entier ne tient pas cette température. La graisse de canard ou d'oie a un point de fumée bien plus haut.

Il y a des grumeaux

La farine n'a pas été tamisée, ou versée trop vite. On tamise toujours et on verse en pluie fine, au fouet.

Les tranches sont sèches

Elles étaient trop fines. Deux centimètres permettent une croûte croustillante et un cœur resté crémeux.

Conservation & préparation anticipée

Le bloc de millas se garde 4 jours au réfrigérateur, entier et filmé au contact, jamais tranché à l'avance.

Il se congèle 3 mois, déjà taillé en tranches séparées par du papier cuisson : elles passent directement du congélateur à la poêle.

Les tranches frites ne se gardent pas : elles ramollissent en un quart d'heure. On les saisit au dernier moment.

La graisse de canard se filtre et se réutilise plusieurs fois : le millas n'y laisse presque rien.

Il durcit en refroidissant, c'est normal et voulu : c'est ce qui permet de le trancher net.

Variantes

En accompagnement du confit

Saisi dans la graisse du confit lui-même, salé et poivré. C'est sa fonction historique, avant d'être un dessert.

Au lait, en version dessert

Moitié bouillon, moitié lait, avec du zeste de citron. Plus doux, mais on perd une partie de la profondeur.

Comparez avec la châtaigne

Même geste, farine qui a du goût par elle-même : notre pulenda corse.

Sur une table gasconne

Avec notre confit de canard et notre garbure.

Questions fréquentes

Pourquoi mon millas est-il fade ?

Il a été cuit à l'eau. La farine de maïs apporte de la texture mais presque aucun goût : traditionnellement il se cuit dans le bouillon de la soupe ou de la poule.

Peut-on le poêler au beurre ?

Il brûlerait avant que la croûte se forme. La graisse de canard ou d'oie a un point de fumée bien plus haut, et elle apporte des arômes que le beurre n'a pas.

Combien de temps faut-il le laisser refroidir ?

Quatre heures au minimum, une nuit c'est mieux. C'est en refroidissant que l'amidon prend en gel ferme : tiède, le millas ne se coupe pas.

Le millas est-il salé ou sucré ?

Les deux. C'est le même appareil : sucré à la sortie de la poêle il devient un dessert, salé et poivré il accompagne un confit.

Pourquoi remuer si longtemps ?

Pour que les granules d'amidon gélatinisent complètement. Une cuisson écourtée laisse un goût de maïs cru et une texture sableuse.

Quel vin servir avec un millas ?

Cela dépend de la finition. Sucré, un moelleux à 8 °C ; salé avec un confit, un Bergerac rouge servi frais à 15 °C.

Le millas est la bouillie de farine de maïs du Sud-Ouest, cuite longuement, refroidie en bloc, tranchée, puis frite. Il se sert salé en accompagnement du confit, ou sucré en dessert. Et il est très souvent décevant quand on le fait chez soi.

La raison est simple et rarement dite : la farine de maïs n'a presque pas de goût. Contrairement à la farine de châtaigne, sucrée et parfumée, elle apporte de l'amidon et donc de la texture, mais très peu d'arômes. Un millas est un support, pas un ingrédient.

Dans les fermes gasconnes, il n'a jamais été cuit à l'eau. On le faisait dans le bouillon de la soupe ou de la poule, celui qui restait de la veille, et on le poêlait ensuite dans la graisse de canard ou d'oie du confit. Le millas récupérait ainsi tout le goût du reste du repas.

Ces deux gras ne sont pas interchangeables avec du beurre. Ils ont un point de fumée bien plus haut, ce qui permet une vraie croûte sans brûler, et ils apportent des arômes que le beurre n'a pas. Le millas n'a pas de goût propre : il a celui de ce dans quoi on le cuit.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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