Plat de mloukhia tunisienne, sauce vert sombre presque noire à la poudre de corète, morceaux de bœuf braisé, huile d'olive en surface, pain, citron, verre de vin rouge

Plat principal

Mloukhia : la recette tunisienne du ragoût à la corète

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 4 h 30
  • Bon marché
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Automne, hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE MARMITE À FOND ÉPAIS ET UNE CUILLÈRE EN BOIS (L'OUTIL DU PLAT : trente minutes de friture sans arrêt, quatre heures sans attacher)
  • un fouet (la poudre délayée, l'eau bouillante incorporée)
  • une bouilloire (l'eau toujours bouillante)
  • un diffuseur (le frémissement le plus doux)
  • un plat creux (la sauce sombre, l'huile dessus)
  • du pain (le seul couvert)

L'astuce du chef

La corète en poudre. Fraîche ou entière ailleurs, moulue en Tunisie : c'est la mouture qui fait une sauce et non une soupe gluante.

Le vert du Nouvel An. On la mange le premier jour de l'année pour que l'année soit verte.

Délayée à froid. La poudre dans l'huile tiède, au fouet : pas de grumeaux, pas d'amertume.

Trente minutes de friture. À feu très doux, sans arrêt : la feuille se torréfie, fonce, perd son vert amer.

Jamais brûlée. Un fond qui accroche rend toute la marmite amère : on remue, on ne quitte pas.

L'eau bouillante. Versée peu à peu en fouettant : la pâte se délaye ; l'eau froide la ferait trancher.

Le concentré et l'ail. Le fond rouge sous le vert : on ne le voit pas, on le goûte.

Le carvi. L'épice tunisienne, avec la coriandre : deux pincées, pas plus.

Quatre heures. La sauce s'épaissit lentement, la viande fond, le goût se fait de sous-bois et de thé.

Raclée toutes les vingt minutes. La sauce épaisse attache par le fond : la cuillère de bois va chercher.

L'huile remonte. Le cerne doré en surface dit que la mloukhia est cuite ; avant, elle est encore une soupe.

Fleur d'oranger ou vinaigre. Une cuillère à la fin, selon la famille : le réveil du plat sombre.

Préparation pas à pas

  1. Poudre délayée dans l'huile d'olive à peine chaude 3 min

    Une pâte lisse.

  2. Frite 30 min à feu très doux en remuant sans arrêt 30 min

    Elle fonce et sent le grillé.

  3. Hors du feu, 1,5 l d'eau bouillante en fouettant 5 min

    Sans grumeaux.

  4. Concentré, ail, laurier, coriandre, carvi, harissa, sel 3 min

    À frémissement.

  5. Bœuf saisi ou cru, dans la sauce 5 min

    Cubes de 4 cm.

  6. 3 à 4 h à frémissement très doux, remué toutes les 20 min 4 h

    Le fond raclé, jamais attaché.

  7. Sauce épaisse, huile en surface ; goûté ; fleur d'oranger ou vinaigre 3 min

    Le cerne doré.

  8. Huile crue, pain, citron ; en trempant

    Meilleure le lendemain.

Le conseil du caviste

Une sauce vert sombre de feuille torréfiée dans l'huile d'olive, du bœuf fondant, mangés au pain.

Château Les Farcies du Pech Pécharmant à 17 °C, le rouge mûr et charnu, sur la feuille grillée et la viande.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le merlot fondu, pour la version au veau.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour la mloukhia au poulet.

La feuille torréfiée se traite comme un cacao : trente minutes de friture ont transformé la corète en une poudre grillée, amère et profonde, aux notes de thé noir, de sous-bois et de fève, et la mloukhia s'accorde comme un mole ou une sauce au chocolat, avec un rouge mûr, charnu, au tanin doux et au fruit noir, jamais avec un rouge vert ou léger que l'amertume grillée rendrait maigre. Le vert du plat trompe : on penserait à un légume, à un blanc ; mais il n'y a plus rien de végétal dans une feuille torréfiée dans l'huile pendant une demi-heure et cuite quatre heures, il y a du grillé, du gras et une amertume noble, comme dans un cacao. Le pécharmant, mûr et charnu, servi à 17 °C, a le fruit noir et la chair qui répondent à cette profondeur ; le merlot de Castillon, plus fondu, va sur le veau ; le bergerac souple, sur le poulet. Un rouge léger paraît aigre, un blanc n'a rien à dire. La règle des sauces torréfiées, mole, mloukhia, sauces au cacao : on accorde le grillé, pas la couleur.

À éviter : un rouge léger et acide, maigre sur l'amertume grillée, et un blanc, sans réponse à la feuille et à l'huile.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est amer

Poudre brûlée à la friture, ou attachée au fond. À feu très doux, remuée sans arrêt, jamais de fond accroché ; sans remède une fois brûlée, on recommence.

Il y a des grumeaux

Eau froide, ou versée d'un coup. Eau bouillante, peu à peu, au fouet, hors du feu.

La sauce est claire et liquide

Pas assez cuite. Trois à quatre heures à frémissement : elle s'épaissit lentement, et l'huile doit remonter.

Elle a attaché

Feu trop fort, pas remuée. Un diffuseur, remuée toutes les 20 minutes en raclant ; transvasée sans gratter le fond si elle a pris.

La viande est dure

Morceau maigre, ou trop peu de temps. Paleron, macreuse ou jarret, quatre heures.

Ça goûte l'herbe crue

Friture trop courte. Trente minutes, jusqu'au brun-vert et à l'odeur de grillé et de thé.

Conservation & préparation anticipée

La mloukhia se garde 4 jours au réfrigérateur et elle est meilleure le lendemain, la sauce ayant pris ; réchauffée à feu très doux, couverte, avec un peu d'eau chaude, en remuant.

Elle se congèle 3 mois en portions avec la viande ; décongelée une nuit au réfrigérateur.

La poudre de mloukhia se garde 1 an au sec, à l'abri de la lumière, dans un bocal fermé.

La poudre frite, avant le mouillage, se garde 1 mois au réfrigérateur sous son huile et se congèle : on en fait le double pour la fois suivante.

La sauce sans viande se garde 5 jours et reçoit des œufs pochés.

Variantes

La harissa maison

Notre harissa maison, la cuillère qui entre dans la sauce et celle qu'on met à table.

Le tajine d'agneau aux pruneaux

Notre tajine d'agneau aux pruneaux, l'autre plat de fête du Maghreb, sucré-salé.

Au poulet

Six cuisses de poulet à la place du bœuf, 1 h 30 de cuisson après la friture de la poudre : la mloukhia des soirs de semaine.

La daube provençale

Notre daube provençale, pour la même viande fondante dans une sauce sombre, de l'autre côté de la mer.

Questions fréquentes

Où trouver la poudre de mloukhia ?

Dans les épiceries tunisiennes et maghrébines, en sachet de 200 ou 500 g, verte et fine ; en ligne aussi. Elle se garde un an au sec. On ne la fait pas soi-même : la corète est séchée et moulue très fin, et la mouture fait le plat.

Pourquoi frire la poudre si longtemps ?

Parce que la corète crue est amère et herbacée : trente minutes dans l'huile d'olive à feu très doux la torréfient, la font foncer et lui donnent son goût de grillé, de thé et de sous-bois. C'est l'étape qui distingue la mloukhia tunisienne de la molokheya égyptienne, et celle qu'on ne saute pas.

Quelle viande ?

Du bœuf à braiser, paleron, macreuse, jarret, en cubes de 4 cm, qui fondent en quatre heures ; du veau, plus fin ; de l'agneau pour la fête ; du poulet pour une version en 1 h 30. En Tunisie, on met souvent la viande crue dans la sauce, sans la saisir.

Est-ce gluant comme la molokheya ?

Non : la version égyptienne, aux feuilles entières, est une soupe verte et gluante ; la version tunisienne, à la poudre frite et cuite des heures, est une sauce épaisse, lisse et veloutée, sans rien de gluant. Même plante, deux plats.

Peut-on la préparer à l'avance ?

Oui, et il le faut : elle est meilleure le lendemain, réchauffée à feu très doux avec un peu d'eau. Elle se congèle 3 mois. La poudre frite se prépare en double et se garde un mois sous son huile.

Quel vin servir avec ?

Un rouge mûr et charnu à 17 °C : la feuille torréfiée se traite comme un cacao, et la mloukhia s'accorde comme un mole, avec du fruit noir et un tanin doux. Un merlot fondu pour le veau, un bergerac souple pour le poulet. Jamais un rouge léger ni un blanc.

La corète potagère, Corchorus olitorius, est le jute des cordiers, et sa feuille se mange dans tout le Proche-Orient : en Égypte et au Liban, fraîche ou séchée entière, en soupe verte et gluante, la molokheya ; en Tunisie, réduite en poudre fine et frite dans l'huile, ce qui en fait une sauce sombre et non gluante, unique. La poudre se trouve dans les épiceries tunisiennes, en sachet, verte et fine comme du thé matcha ; on ne la fait pas soi-même.

La friture de la poudre, l'étape qui fait tout, 30 minutes : dans une grande marmite à fond épais, 20 cl d'huile d'olive à peine chaude, 150 g de poudre de mloukhia versée et délayée au fouet en une pâte lisse ; à feu très doux, en remuant sans arrêt à la cuillère de bois, 30 minutes : la pâte épaissit, fonce du vert au brun-vert, sent le grillé et le thé, et l'huile commence à s'en séparer ; elle ne doit jamais accrocher ni brûler, ce qui rend le plat amer sans remède. C'est la torréfaction de la feuille, et c'est elle qui ôte l'amertume verte de la corète. Certains ajoutent une cuillère de farine à mi-chemin pour lier.

Le mouillage : hors du feu, 1,5 litre d'eau bouillante versée peu à peu en fouettant, la pâte se délayant en une sauce sombre et lisse, sans grumeaux ; l'eau froide la ferait trancher. Remise à feu moyen ; 3 cuillères de concentré de tomate délayées, 6 gousses d'ail écrasées, 3 feuilles de laurier, une cuillère à café de coriandre moulue, une demi de carvi, une cuillère à café de harissa ou une pincée de piment, une cuillère à café de sel, du poivre ; à frémissement.

La viande et la cuisson : 800 g de bœuf à braiser, paleron, macreuse ou jarret, ou de veau, en cubes de 4 cm, saisis à part 5 minutes dans 2 cuillères d'huile, salés, ajoutés dans la sauce ; ou, à la tunisienne, crus directement dans la sauce, ce qui donne une sauce plus riche. Couvert à demi, à frémissement très doux, 3 à 4 heures, remué toutes les 20 minutes en raclant le fond, la sauce ne devant pas attacher ; de l'eau chaude ajoutée si elle épaissit trop vite. À la fin, la sauce est épaisse, veloutée, d'un vert très sombre, elle nappe la cuillère, et l'huile remonte en surface en un cerne doré : c'est le signe. La viande se défait à la fourchette. Goûtée, salée, et pour finir, à la façon de Tunis, un petit verre d'eau de fleur d'oranger ou une cuillère de vinaigre, l'un ou l'autre selon la famille, qui réveillent le plat.

Le service : dans un plat creux, la sauce sombre, la viande dedans, un filet d'huile d'olive crue dessus ; du pain en quantité, baguette ou pain tunisien, parce que la mloukhia se mange en trempant, à la main, sans couvert ; des quartiers de citron pour ceux qui aiment, un piment vert. Elle se mange chaude, jamais réchauffée trop fort. Et elle est meilleure le lendemain, ce qui fait qu'on la cuit la veille. Les variantes : au poulet, moins long, 1 h 30, plus léger ; à l'agneau, pour la fête ; sans viande, la sauce seule avec des œufs pochés dedans, la version des jours maigres ; et la molokheya égyptienne, avec les feuilles entières, en soupe verte sur du riz, un autre plat avec la même plante.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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