Faire chauffer une glace sans la faire fondre paraît impossible. C'est pourtant de la physique ordinaire.
Une meringue montée est un mousse de blancs d'œufs et de sucre dont plus des trois quarts du volume sont des bulles d'air. Or l'air immobile est l'un des meilleurs isolants qui soient : c'est le principe d'un double vitrage ou d'un pull. Une couche de meringue de 2 centimètres ralentit tellement la chaleur qu'en 4 minutes à 240 °C, la surface caramélise pendant que la glace, dessous, ne bouge pas.
Trois conditions en découlent, et ce sont les seules qui comptent. La couche doit être épaisse. Elle doit être sans le moindre trou : une seule ouverture, et la chaleur entre directement. Et le four doit être très chaud et le passage très court : on colore, on ne cuit pas.
Quatrième point, moins spectaculaire mais tout aussi décisif : la glace doit être très dure, sortie d'un congélateur à -18 °C, et le dessert remis au froid après le meringage.







