Beaucoup de recettes françaises de pastéis de nata annoncent 210 ou 220 °C, et donnent des tartelettes jaune pâle, correctes et sans caractère. Elles se trompent d'un continent : les fours de Lisbonne tournent à 280 voire 300 °C, et un pastel y cuit en dix minutes à peine.
Cette température fait deux choses en même temps, et c'est tout le sujet. En surface, le sucre de la crème caramélise et brunit jusqu'au noir par endroits, en taches irrégulières : c'est de la caramélisation, pas de la carbonisation, et elle apporte l'amertume qui empêche le dessert d'être écœurant. En dessous, la crème n'a pas le temps de coaguler durement, elle reste tremblante et coulante.
À 210 °C, rien de tout cela n'arrive. La crème cuit uniformément, elle prend en flan ferme, et la surface reste blonde faute d'avoir jamais atteint la température de caramélisation. On obtient une tartelette au flan, pas un pastel de nata.
Le corollaire est une contrainte de matériel : il faut un four qui monte vraiment, préchauffé au moins trente minutes, et de préférence la sole en bas. C'est le seul point difficile de la recette.






