Galette de pommes Darphin dorée coupée en parts, nappe de bistrot, verre de vin rouge léger

Accompagnement

Pommes Darphin : la recette facile pour accompagner

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : Aucun
  • Économique
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE POÊLE EN FONTE DE 24 CM (L'OUTIL DU PLAT : elle tient la chaleur et fait la croûte)
  • une râpe à grosse grille (des fils courts et épais, 4 mm)
  • un torchon propre (tordre et presser jusqu'à sec)
  • une spatule (tasser, rentrer les bords)
  • une assiette plate plus grande que la poêle (le retournement)
  • une planche et un couteau (couper en parts comme une tarte)

L'astuce du chef

Une garniture classique d'Escoffier. Entre les pommes Anna et les paillasson.

Le cousin du rösti, mais cru. Le rösti est fait de pommes de terre cuites ; le cru donne la croûte.

Une chair ferme ou polyvalente. La farineuse s'effrite, elle n'a pas la tenue.

Râpées à la grosse grille. Des fils épais qui restent fondants ; les fils fins sèchent.

Jamais rincées. L'amidon de surface est la colle qui soude la galette.

Pressées dans un torchon jusqu'à sec. L'eau qui sort est trouble d'amidon ; il en reste assez.

Salées au dernier moment. Le sel fait rendre de l'eau.

Le beurre clarifié. Le petit-lait brûle à la chaleur qu'il faut pour la croûte.

Tassées fort, les bords rentrés. Le tassement soude ; une galette lâche se défait.

Douze minutes sans toucher. La croûte se forme dans le calme.

Retournée d'un coup sur une assiette. Le seul geste qui demande du courage, et il est sûr.

La pointe du couteau au centre. Sans résistance, l'amidon a pris, c'est cuit.

Préparation pas à pas

  1. Pommes de terre pelées, râpées crues à la grosse grille, jamais rincées 8 min

    L'amidon reste.

  2. Dans un torchon, tordues et pressées jusqu'à la dernière goutte 3 min

    Sèches.

  3. Sel, poivre, muscade, mêlés sans attendre 1 min

    Le sel ferait rendre de l'eau.

  4. Beurre clarifié ; poêle en fonte chauffée, moitié du beurre moussant 5 min

    Feu moyen-vif.

  5. Fils versés, tassés en galette de 2 cm, bords rentrés ; feu moyen 2 min

    Le tassement soude.

  6. 12 min sans toucher ; secouée une fois 12 min

    Une croûte brune dessous.

  7. Retournée sur l'assiette, reste du beurre, reglissée croûte dessus, 12 min 13 min

    Le couteau entre sans résistance.

  8. Sur une planche, fleur de sel, en parts ; aussitôt 2 min

    La croûte craque.

Le conseil du caviste

Une galette de pomme de terre et de beurre, croustillante et salée, avec une viande ou une salade.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, le rouge de tous les jours.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 15 °C, fruité.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, si la viande est rouge.

L'amidon absorbe le tanin : sur un plat de pomme de terre, un rouge paraît plus souple qu'il n'est, et c'est la raison des rouges rustiques sur les gratins et les galettes. On ne sert pas un vin sur des pommes Darphin seules, on le sert sur ce qu'elles accompagnent ; mais elles changent l'accord, et dans un sens précis. L'amidon de la pomme de terre, cuit et croustillant, a la propriété d'absorber le tanin : il le fixe, comme le pain fixe le vin, et une bouchée de galette entre deux bouchées de viande remet la bouche à neuf. Un rouge un peu rustique, un peu ferme, paraît sur ce plat plus rond qu'il n'est ; c'est pourquoi les gratins, les galettes, les pommes de terre au four sont depuis toujours les garnitures des vins de pays, et pourquoi un Bergerac de tous les jours, sur une côte de bœuf aux pommes Darphin, semble avoir gagné deux ans. La règle des garnitures d'amidon : elles adoucissent le rouge, et permettent le vin simple là où la viande seule aurait demandé mieux.

À éviter : un blanc vif, aigre sur le beurre et la croûte, et un grand vin, dont la finesse est perdue sur la pomme de terre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 6,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La galette se défait au retournement

Pommes de terre rincées, ou pas tassées. Jamais rincées, pressées, tassées fort, et douze minutes sans toucher avant de retourner.

Elle est molle, pas de croûte

Fils humides, feu trop doux, beurre non clarifié. Pressés à sec, feu moyen, beurre clarifié moussant.

Elle a brûlé dessous et le centre est cru

Feu trop fort, galette trop épaisse. Feu moyen, 2 cm, douze minutes par face.

Elle est grise

Pommes de terre râpées à l'avance. Râpées, pressées et cuites dans les dix minutes.

Elle a collé à la poêle

Poêle pas assez chaude au départ, pas assez de beurre. Le beurre moussant avant les fils, et la poêle secouée à trois minutes pour décoller.

Elle est fade

Sous-salée. Une cuillère à café rase dans les fils, la fleur de sel dessus, et du beurre de qualité.

Conservation & préparation anticipée

Les pommes Darphin se mangent aussitôt, chaudes et croustillantes.

Un reste se garde 1 jour au réfrigérateur et se réchauffe 8 min à la poêle avec un peu de beurre, ou 10 min au four à 200 °C, jamais au four à micro-ondes, qui le ramollit.

Les pommes de terre râpées crues ne se gardent pas : elles noircissent en dix minutes. On râpe, on presse, on cuit.

Elles ne se congèlent pas.

Le beurre clarifié se garde 1 mois au réfrigérateur en pot : on en fait 250 g d'avance.

Variantes

En tranches

Notre pommes Anna, les rondelles fines rangées en rosace et cuites au beurre : la version d'apparat.

Le cousin suisse

Notre rösti, la galette de pommes de terre cuites la veille, plus moelleuse.

Individuelles

Les fils tassés en quatre petites galettes de 10 cm, six minutes par face : les paillassons, plus croustillants, pour poser un œuf dessus.

Au fromage

100 g de comté râpé mêlés aux fils, ou glissés au centre entre deux couches : la galette du samedi soir, avec une salade.

Questions fréquentes

Quelle pomme de terre ?

Une chair ferme ou polyvalente, Charlotte, Agata, Bintje, Monalisa : elles tiennent et ont assez d'amidon pour souder. Les farineuses, Agria, Marabel, font une galette qui s'effrite.

Pourquoi ne pas rincer ?

L'amidon qui suinte des fils râpés est ce qui soude la galette sans œuf ni farine. Rincés, les fils sont propres et la galette se défait. On presse, on ne rince pas.

Faut-il un œuf ?

Non : les vraies Darphin n'ont ni œuf ni farine, l'amidon suffit. Un œuf en fait une crêpe de pommes de terre, moins croustillante.

Comment retourner sans casser ?

Douze minutes sans toucher pour que la croûte soit solide, la poêle secouée pour vérifier qu'elle glisse, une assiette plate plus grande posée dessus, et retournée d'un coup net. Puis reglissée dans la poêle. Le geste est sûr si la croûte est faite.

Avec quoi ?

Une côte de bœuf, un rôti, un gigot, un magret, un poisson grillé, une côte de veau ; ou seules, avec une salade à la moutarde, un œuf au plat, du jambon cru, du saumon fumé. Elles remplacent les frites avec plus d'élégance.

Quel vin servir avec ?

Celui de la viande, et il peut être simple : l'amidon de la pomme de terre absorbe le tanin et rend un rouge de tous les jours plus souple qu'il n'est. Un Bergerac ou un Bordeaux fruité à 15 °C. Jamais un blanc vif sur le beurre.

Les pommes Darphin portent le nom d'un cuisinier du XIXe siècle et figurent chez Escoffier parmi les garnitures classiques, entre les pommes Anna, en tranches, et les pommes paillasson, râpées en fils fins. Ce sont les paillasson devenues galette épaisse : une croûte dorée, un cœur moelleux, et rien d'autre que de la pomme de terre et du beurre. Elles ont un cousin suisse, le rösti, fait de pommes de terre cuites la veille ; les Darphin, elles, sont crues, et c'est ce qui leur donne leur croûte.

Les pommes de terre : 800 g de pommes de terre à chair ferme ou polyvalente, Charlotte, Agata, Bintje, riches en amidon et qui tiennent : les chairs farineuses font une galette qui s'effrite. Pelées, râpées crues à la grosse grille, celle de 4 mm, à la râpe à main ou au robot, en fils courts et épais, et jamais rincées : l'amidon qui suinte des fils est la colle de la galette, le rincer c'est la condamner à se défaire. Aussitôt râpées, avant qu'elles ne noircissent, les pommes de terre dans un torchon propre, roulé et tordu au-dessus de l'évier, pressé fort jusqu'à ce qu'il ne sorte plus une goutte : l'eau qui sort est trouble d'amidon, c'est normal, il en reste assez sur les fils ; ce qui compte, c'est que les fils soient secs, une galette humide bout dans la poêle et ne dore pas. Les fils dans un saladier, salés d'une cuillère à café rase, poivrés, une pincée de muscade pour qui veut, mêlés à la main, sans attendre, le sel les ferait rendre de l'eau.

Le beurre clarifié : 80 g de beurre fondu doucement, le petit-lait blanc écumé et le dépôt laissé au fond, ou 60 g de beurre et 2 cuillères d'huile neutre, le mélange des bistrots ; le beurre pur brûle à la chaleur qu'il faut pour la croûte. La poêle : une poêle en fonte ou en acier de 24 cm, ou une bonne antiadhésive, chauffée à feu moyen-vif, la moitié du beurre clarifié versé, moussant. Les pommes de terre versées d'un coup, étalées, et tassées à la spatule en une galette régulière de 2 cm, les bords rentrés et appuyés : c'est le tassement qui soude. Le feu baissé à moyen, et la galette cuite douze minutes sans y toucher, la poêle secouée une fois au bout de trois minutes pour vérifier qu'elle glisse : le dessous prend une croûte brune et régulière, les bords dorent, l'odeur de beurre et de pomme de terre grillée remplit la cuisine.

Le retournement, le seul geste qui demande du courage : une assiette plate un peu plus grande que la poêle posée dessus, retournée, la galette tombe sur l'assiette, croûte dessus ; le reste du beurre clarifié dans la poêle, et la galette reglissée dedans, croûte dessus, face crue dessous, les bords rentrés à la spatule. Douze minutes encore, feu moyen, jusqu'à ce que la seconde face soit aussi dorée que la première et que la pointe d'un couteau entre au centre sans résistance : les pommes de terre sont cuites, fondantes, l'amidon a pris. Glissée sur une planche, fleur de sel, coupée en parts comme une tarte, au couteau, la croûte craque. Servie aussitôt, chaude, avec une côte de bœuf, un rôti, un gigot, un poisson grillé, ou seule avec une salade verte à la moutarde, un œuf au plat dessus, du jambon cru : le dîner du jeudi. Elle ne se réchauffe pas bien, elle se mange chaude ; mais elle se prépare en trente minutes, et ne demande qu'une pomme de terre, du beurre et une poêle.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 6,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €

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