Le spritz désigne à l'origine un geste, pas une recette : allonger un vin d'un peu d'eau gazeuse. Les versions modernes ont ajouté des amers et des liqueurs, mais la forme la plus ancienne — le vin, l'eau, la glace — reste la meilleure quand on a un rosé qui vaut la peine d'être reconnu.
Le rosé s'y prête mieux que le blanc pour une raison précise : sa légère structure de peau, cette ténuité tannique qu'il tient de sa courte macération, lui donne de quoi résister à la dilution. Un blanc sec allongé devient vite de l'eau parfumée ; un rosé tient.
C'est aussi une façon honnête de faire durer une bouteille sur une longue soirée d'été. Une 75 cl donne sept verres de spritz au lieu de cinq de vin nature, et chacun titre nettement moins.
Le piège est la glace. Six petits glaçons de bac à la place de trois gros, et le verre est de l'eau rosée au bout de dix minutes.









