Le sirop de sucre est la seule chose qu'on peut préparer trois semaines à l'avance dans tout un service de cocktails. C'est aussi celle qu'on prend le moins au sérieux, alors qu'elle décide de deux choses : le sucre du verre, bien sûr, mais surtout la dilution.
Deux concentrations existent, et le choix n'est pas anodin en grand format. Le sirop simple, une part de sucre pour une part d'eau, est celui qu'on trouve partout. Le sirop riche, deux parts de sucre pour une seule d'eau, apporte la même quantité de sucre avec pratiquement moitié moins de volume. Sur un pichet de douze verres, cela représente une dizaine de centilitres d'eau que vous n'ajoutez pas à votre insu — et un cocktail qui garde sa tenue jusqu'au dernier verre.
Deuxième idée reçue : il n'est pas nécessaire de cuire. Le sucre se dissout très bien à froid, dans un bocal qu'on secoue quelques minutes, et le résultat est plus fiable : à chaud, l'évaporation fait perdre de l'eau et la concentration finale n'est plus celle que vous aviez calculée.
Enfin, le sucre est un conservateur : plus le sirop est riche, plus il se garde. C'est aussi pour cela qu'un service de réception se prépare avec du sirop riche.






