Vin de coing maison servi très frais en verre à vin de cristal, robe ambre doré, sur la console de marbre d'une véranda de maison de maître

Cocktail · Macération à froid puis mutage

Vin de coing maison : la recette au vin blanc

Un coing râpé avec sa peau, un vin blanc sec, du sucre et une eau-de-vie : quarante jours plus tard, un apéritif ambré qui n'existe pas dans le commerce et se garde deux ans.

  • Préparation : 20 min + 40 jours de macération
  • Verre : Verre à vin en cristal, petit remplissage
  • Glace : Aucune : servi très frais, entre 8 et 10 °C
  • Macération à froid puis mutage
  • 1,1 L soit 12 verres
  • Facile

Ingrédients

1,1 L soit 12 verres

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • râpe à gros trous
  • bocal de 2 litres à fermeture hermétique
  • passoire fine
  • étamine ou filtre à café en tissu (pour le second filtrage, celui qui donne la limpidité)
  • entonnoir
  • bouteille en verre teinté

La méthode

Le coing se râpe, il ne se coupe pas. En morceaux, sa chair dense ne rend presque rien en quarante jours ; râpé gros, avec la peau, il offre au vin une surface d'échange dix fois supérieure. C'est le seul geste qui décide de l'intensité du résultat.

On garde la peau et on jette le trognon dur. La peau du coing concentre l'essentiel des composés aromatiques, ceux qui font qu'un coing embaume une pièce ; le cœur, lui, n'apporte que de la dureté.

Le sucre entre dès le premier jour, pas à la fin. Il travaille par osmose : il tire l'eau et les arômes hors des cellules du fruit. Ajouté après coup, il ne fait que sucrer un vin déjà fait.

L'eau-de-vie est le mutage. Elle porte le titre alcoométrique de l'ensemble autour de 18 %, seuil au-delà duquel les levures ne peuvent plus travailler. Sans elle, le sucre repartirait en fermentation dans la bouteille — et une bouteille fermée qui refermente est un accident.

On remue le bocal une fois par semaine, sans l'ouvrir. Le coing râpé remonte et forme un chapeau : le brassage le renoie et évite qu'il ne s'oxyde à la surface.

Préparation pas à pas

  1. Râper le coing 10 min

    Frottez le duvet sous l'eau et séchez le fruit. Râpez-le à gros trous, peau comprise, en vous arrêtant au trognon dur que vous jetez.

  2. Monter le bocal 5 min

    Versez le coing râpé dans le bocal, ajoutez le sucre, le zeste de citron et la vanille. Couvrez avec le vin blanc puis l'eau-de-vie. Fermez.

  3. Dissoudre le sucre 5 min

    Retournez le bocal une dizaine de fois sur deux minutes, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de sucre au fond. Rangez à l'abri de la lumière, à température de pièce.

  4. Macérer 40 jours 40 jours

    Remuez le bocal une fois par semaine sans l'ouvrir. La couleur passe du jaune pâle à l'ambre : c'est votre indicateur.

  5. Filtrer 20 min

    Passez d'abord à la passoire fine en pressant la pulpe, puis une seconde fois à travers une étamine. Ne sautez pas le second filtrage : c'est lui qui donne la limpidité.

  6. Mettre en bouteille 5 min

    Embouteillez, bouchez, étiquetez avec la date. Attendez encore un mois avant d'ouvrir la première : le vin se soude.

Le conseil du caviste

Le choix du vin blanc est ce qui sépare un bon vin de coing d'un vin de coing lourd. Prenez un blanc sec, vif, sans bois et sans aromatique marquée. Le coing apporte déjà beaucoup de parfum ; un vin qui en apporte aussi produit un mélange confus où plus rien ne se distingue.

Ne cédez pas à la tentation d'un blanc moelleux en pensant gagner en rondeur. Le sucre de la recette suffit largement, et un moelleux fait basculer l'ensemble du côté du sirop, sans la tension qui rend cet apéritif buvable.

Sur l'eau-de-vie, le degré compte plus que l'origine. Il faut du 40 % au minimum pour atteindre le seuil de stabilisation ; une eau-de-vie allégée à 30 % ne muterait pas assez et vous risqueriez une reprise de fermentation.

Un détail de conservation : bouteille en verre teinté et cave plutôt que cuisine. Ce vin brunit à la lumière, et un vin de coing qui a tourné au caramel a perdu la moitié de son fruit, même s'il reste buvable.

Dépannage

Le vin reste trouble après filtrage

La pulpe a été pressée trop fort. Laissez la bouteille reposer debout une semaine au froid, puis soutirez délicatement en laissant le dépôt au fond.

Le goût de coing est à peine perceptible

Le fruit a été coupé au lieu d'être râpé, ou il n'était pas assez parfumé. Un coing qui n'embaume pas la pièce ne parfumera pas un litre de vin.

Ça pétille légèrement en bouche

Une fermentation a repris : l'eau-de-vie était trop faible ou en quantité insuffisante. Ouvrez les bouteilles, ajoutez 5 cl d'eau-de-vie par litre et remettez au frais.

Le dessus du bocal a bruni pendant la macération

Le chapeau de coing a séjourné à l'air. Remuez chaque semaine pour le renoyer ; la partie brunie se filtre ensuite sans dommage pour le reste.

Variantes

Vin de coing rosé

Même recette sur un rosé sec plutôt qu'un blanc. La couleur tire sur le vieux rose et le fruit est plus gourmand, mais l'ensemble vieillit moins bien : à boire dans l'année.

Version épicée de Noël

Un bâton de cannelle, deux clous de girofle et trois grains de poivre long dans le bocal. On la lance mi-octobre pour qu'elle soit prête en décembre.

En cocktail long

6 cl de vin de coing, 10 cl de tonic sec, un zeste de citron. Il devient un apéritif léger de fin d'été indien, autour de 6 % au lieu de 18.

Coing et pomme

Remplacez un tiers du coing râpé par de la pomme à couteau acidulée. Le résultat est moins tannique, plus immédiat, et plaît davantage à ceux qui trouvent le coing austère.

Questions fréquentes

Combien de temps se conserve le vin de coing maison ?

Deux ans en bouteille bouchée, à la cave et à l'abri de la lumière. Il gagne même à attendre les six premiers mois. Une fois ouverte, une bouteille se tient un mois au réfrigérateur.

Faut-il éplucher le coing pour le vin de coing ?

Non, surtout pas. La peau porte l'essentiel du parfum. On la garde, on râpe le fruit entier et on ne retire que le trognon dur.

Pourquoi ajouter de l'eau-de-vie dans le vin de coing ?

C'est le mutage : elle porte le titre alcoométrique autour de 18 %, seuil où les levures s'arrêtent. Sans elle, le sucre repartirait en fermentation dans une bouteille fermée.

Quand récolter le coing pour faire du vin de coing ?

De la mi-octobre à la fin novembre, quand le duvet gris se détache sous le pouce et que le fruit embaume la pièce. Un coing sans odeur ne donnera rien.

Le vin de coing appartient à la famille des vins de ménage, ces apéritifs qu'on faisait à la maison avant qu'on ne les achète : vin de noix en juin, vin d'orange en hiver, vin de coing à l'automne. Le principe est toujours le même — on fait macérer un végétal dans du vin, on sucre, on mute à l'eau-de-vie pour arrêter la fermentation et stabiliser l'ensemble.

Ce qui distingue le coing des autres, c'est qu'il ne donne rien à froid en quelques jours. Sa chair est dense, ses arômes sont enfermés, et il lui faut du temps : quarante jours au minimum, deux mois si vous n'êtes pas pressé. C'est la macération qui remplace ici la cuisson — on n'a jamais bu de coing cru, on boit ce que le vin lui a extrait.

Le résultat n'a d'équivalent nulle part en rayon. La couleur passe du jaune pâle à l'ambre au fil des semaines, le nez tient de la pâte de coing et du miel, la bouche reste tendue par l'acidité du fruit. Il se sert très frais, en apéritif d'automne et d'hiver, ou sur une tarte aux pommes.

Une bouteille se garde deux ans sans problème, et gagne à attendre la première année. C'est une recette qu'on lance en octobre pour les fêtes, et dont on refait le double l'année suivante.

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