Le vin de coing appartient à la famille des vins de ménage, ces apéritifs qu'on faisait à la maison avant qu'on ne les achète : vin de noix en juin, vin d'orange en hiver, vin de coing à l'automne. Le principe est toujours le même — on fait macérer un végétal dans du vin, on sucre, on mute à l'eau-de-vie pour arrêter la fermentation et stabiliser l'ensemble.
Ce qui distingue le coing des autres, c'est qu'il ne donne rien à froid en quelques jours. Sa chair est dense, ses arômes sont enfermés, et il lui faut du temps : quarante jours au minimum, deux mois si vous n'êtes pas pressé. C'est la macération qui remplace ici la cuisson — on n'a jamais bu de coing cru, on boit ce que le vin lui a extrait.
Le résultat n'a d'équivalent nulle part en rayon. La couleur passe du jaune pâle à l'ambre au fil des semaines, le nez tient de la pâte de coing et du miel, la bouche reste tendue par l'acidité du fruit. Il se sert très frais, en apéritif d'automne et d'hiver, ou sur une tarte aux pommes.
Une bouteille se garde deux ans sans problème, et gagne à attendre la première année. C'est une recette qu'on lance en octobre pour les fêtes, et dont on refait le double l'année suivante.








