Blancs de poulet en sauce crémeuse dans une poêle noire, viande blanche dorée tranchée en biais, sauce ivoire nappante aux champignons de Paris poêlés, estragon frais, riz à côté, verre de blanc pâle, table de bois clair

Plat principal

Blanc de poulet en sauce : la recette crémeuse aux champignons, moelleuse et jamais sèche

  • Préparation : 12 min
  • Cuisson : 22 min
  • Repos : 0 min
  • Moyen
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE GRANDE POÊLE AVEC COUVERCLE (L'OUTIL DU PLAT : assez large pour que les 8 morceaux ne se touchent pas)
  • UN COUTEAU À LAME FINE (les blancs ouverts en deux dans l'épaisseur, à plat sous la paume)
  • un thermomètre à sonde (68 °C à cœur : c'est le seul contrôle qui ne trompe pas)
  • une pince à viande (les blancs retournés à la pince, jamais piqués à la fourchette)
  • une cuillère en bois (le fond de poêle gratté au vin blanc)
  • une assiette creuse (les blancs réservés récupèrent un jus qui retourne dans la sauce)

L'astuce du chef

Pourquoi le blanc de poulet sèche, et à quel degré exactement. C'est un muscle maigre, moins de 2 % de matière grasse, sans collagène utile et sans peau protectrice. Ses fibres se contractent à partir de 70 °C et expulsent leur eau : entre un blanc à 68 °C, juteux et nacré, et un blanc à 78 °C, sec et cotonneux, il y a moins de trois minutes de poêle. Il n'existe aucune marge de rattrapage, contrairement à une cuisse, qui supporte largement 85 °C. La seule méthode fiable est donc de viser 68 °C à cœur et de couper le feu.

Ouvrir le blanc en deux dans l'épaisseur. Le geste qui change tout, et celui qu'on ne fait jamais. Un blanc de poulet a une forme de goutte : trois centimètres d'un côté, un de l'autre. Cuit entier, la pointe est sèche quand le cœur est encore rose. Posé à plat, maintenu sous la paume et tranché horizontalement en deux escalopes, il cuit en six minutes, de façon parfaitement régulière, et il offre deux fois plus de surface à dorer, donc deux fois plus de goût. On peut aussi l'aplatir légèrement entre deux feuilles de papier, sans l'écraser.

Les champignons se poêlent à sec, et à part. Les champignons de Paris sont faits de 90 % d'eau. Jetés dans du beurre, ils la relâchent immédiatement, la poêle refroidit, ils bouillent dans leur jus et deviennent gris et caoutchouteux. On les jette donc dans une poêle très chaude, sans matière grasse, en une seule couche, et on attend : l'eau sort, s'évapore, et ils se mettent à chanter et à dorer. Le beurre n'arrive qu'après, deux minutes, pour le goût. Et on les fait avant le poulet, dans la même poêle, pour ne pas mouiller la viande.

Saisir puis finir dans la sauce, jamais cuire de bout en bout. Trois minutes par face sur feu vif donnent la croûte dorée et les sucs qui feront la sauce, mais laissent l'intérieur cru. On réserve, on construit la sauce, et on ne remet les blancs que pour quatre minutes à feu minimum, à couvert. La sauce chaude transmet une chaleur douce et homogène, très inférieure à celle d'une poêle nue, et la cuisson finit sans jamais dépasser le point de non-retour. C'est la même logique que la basse température, avec une poêle ordinaire.

Le vin blanc réduit presque à sec. Dix centilitres versés sur l'échalote, le fond de poêle gratté à la cuillère pour récupérer les sucs, et on laisse partir jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un sirop au fond. L'alcool s'évapore, l'acidité se concentre et devient un fond de goût au lieu d'une agression. Si l'on verse la crème sur un vin encore liquide, la sauce reste acide et risque de trancher, la caséine coagulant au contact de l'acide.

La crème entière, et seulement entière. 30 % de matière grasse minimum. Une crème allégée, à 15 %, n'a pas assez de gras pour stabiliser l'émulsion : elle tranche à la moindre ébullition et donne une sauce granuleuse, qu'aucun fouet ne rattrape. La crème entière, elle, supporte un frémissement de cinq minutes et nappe toute seule en réduisant, sans farine ni maïzena. On la fait réduire avant de remettre la viande, jamais après.

La moutarde hors du feu. C'est une règle de sauce, pas une précaution de confort. Les composés soufrés qui font le piquant de la moutarde sont volatils et se dégradent à l'ébullition : la sauce perd son mordant et gagne une amertume désagréable, et la moutarde peut faire grainer la crème. Une cuillère à soupe fouettée dans la sauce après avoir coupé le feu donne du relief et de la longueur, et c'est elle qui empêche la sauce d'être plate.

L'acide à la fin, qui réveille tout. Un filet de jus de citron, ou une cuillère de vin blanc cru, ajouté hors du feu juste avant de servir. Une sauce à la crème est grasse et ronde : sans un point d'acidité en finale, elle sature vite le palais et semble lourde dès la troisième bouchée. C'est le même rôle que l'estragon, dont l'anis frais tranche le gras. Persil plat, ciboulette ou cerfeuil font l'affaire si l'on n'a pas d'estragon.

Le repos, court mais réel. Deux minutes hors du feu, à couvert, avant de trancher : les fibres se détendent et retiennent leur jus. Un blanc tranché à la seconde où il sort perd son eau sur la planche, et c'est cette eau qui manquera en bouche. On tranche en biais, en travers des fibres, en trois ou quatre morceaux, puis on nappe.

Préparation pas à pas

  1. Blancs ouverts en deux dans l'épaisseur, épongés au papier, salés et poivrés sur les deux faces 5 min

    Deux fines tranches cuisent vite et à cœur ; un blanc entier sèche dehors avant d'être cuit dedans.

  2. Champignons émincés jetés dans la poêle chaude à sec, 5 min sans matière grasse, jusqu'à ce que l'eau soit partie ; 10 g de beurre, 2 min ; réservés 7 min

    À sec d'abord : le beurre versé sur des champignons humides les fait bouillir.

  3. Huile et 10 g de beurre chauffés ; blancs saisis 3 min par face jusqu'à blond doré ; réservés sur une assiette 6 min

    Ils ne sont pas cuits à cœur, c'est voulu.

  4. Échalotes ciselées et ail fondus 3 min à feu moyen dans la même poêle, sans colorer 3 min

    Les sucs du poulet se décollent déjà.

  5. Vin blanc versé, fond gratté, réduit presque à sec à feu vif, 3 min 3 min

    Réduit presque à sec : sinon la sauce reste acide et la crème tranche.

  6. Bouillon et crème versés, champignons remis, 5 min à frémissement doux jusqu'à ce que la sauce nappe 5 min

    Elle doit tenir au dos de la cuillère.

  7. Feu baissé au minimum, blancs remis avec leur jus, 4 min à couvert en les retournant une fois ; feu coupé 4 min

    68 °C à cœur au thermomètre, et pas un degré de plus.

  8. Moutarde, estragon ciselé et filet de citron ajoutés hors du feu ; goûté, salé, servi aussitôt 2 min

    La moutarde hors du feu : bouillie, elle devient amère et fait grainer la crème.

Le conseil du caviste

Des blancs de poulet en sauce crémeuse aux champignons, déglacés au vin blanc, finis à la moutarde et à l'estragon.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 10 °C, le blanc rond et souple, qui épouse la crème sans la couper.

Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 9 °C, le blanc vif et net, si la sauce est très crémée et qu'il faut de la tension.

Château Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs à 15 °C, le rouge léger servi frais, pour la version aux champignons bien poêlés.

La sauce commande, pas la volaille : un blanc de poulet n'a presque pas de goût propre, et c'est la crème qui décide du verre, donc un blanc rond et souple, sauvignon assoupli, bergerac ou montravel blanc, servi à 10 °C, assez gras pour épouser la sauce et assez vif pour la relancer ; sur une sauce très crémée, on gagne à monter d'un cran en tension avec un blanc sec plus nerveux servi à 9 °C, l'acidité jouant le même rôle que le filet de citron final ; et si les champignons sont nombreux et bien poêlés, ils ouvrent la porte à un rouge léger servi frais, parce que le champignon doré a des notes grillées que le fruit d'un rouge souple rejoint ; un blanc boisé double le gras au lieu de le trancher, et un rouge tannique devient métallique sur la crème. C'est la règle des volailles à la crème : rond d'abord, vif ensuite, jamais de bois. Le Magie d'Automne blanc, à 10 °C, est le verre du plat ; La Verrière, à 9 °C, sur la sauce la plus riche ; et les Frangins Flingueurs, à 15 °C, sur la version très champignonnée. La règle du blanc de poulet : 68 °C à cœur, et la moutarde hors du feu.

À éviter : un blanc boisé, qui alourdit la crème, et un rouge tannique, métallique sur la sauce.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Le poulet est sec

Trop cuit, toujours. Les blancs ouverts en deux, saisis 3 minutes par face, puis 4 minutes dans la sauce à feu minimum, et 68 °C au thermomètre.

La sauce a tranché

Crème allégée ou ébullition. Une crème entière à 30 %, un frémissement seulement, et la moutarde ajoutée hors du feu.

La sauce est acide

Le vin blanc n'a pas été réduit. Il doit partir presque à sec avant la crème ; on rattrape avec une cuillère de crème de plus et une pointe de sucre.

Les champignons sont gris et mous

Cuits au beurre dès le départ. Poêle très chaude, à sec, en une couche, jusqu'à ce que l'eau soit partie, et le beurre seulement à la fin.

La sauce est trop liquide

Pas assez réduite avant de remettre la viande. Blancs réservés au chaud, sauce réduite 3 minutes de plus à découvert, viande remise ensuite.

C'est fade

Il manque l'acide et le sel. Un filet de citron et l'estragon hors du feu, du sel goûté en fin de course, et la poêle bien grattée après le vin.

Conservation & préparation anticipée

Le plat se garde 2 jours au réfrigérateur, viande dans sa sauce : la volaille cuite s'altère vite, on ne dépasse pas 48 heures.

Le réchauffage se fait à feu très doux, à couvert, sans jamais faire bouillir la sauce : la crème tranche et le poulet, déjà cuit, sèche en quelques minutes.

La sauce seule se prépare la veille et se garde 3 jours ; on n'y fait cuire les blancs qu'au moment de servir, ce qui est la meilleure façon de prendre de l'avance.

Le blanc de poulet cru se garde 2 jours au réfrigérateur et se congèle 4 mois ; décongelé une nuit au réfrigérateur, jamais à température ambiante.

Variantes

L'escalope de poulet à la crème

Notre escalope de poulet à la crème, la même sauce sans les champignons, en 20 minutes.

Le poulet basquaise

Notre poulet basquaise, la version sans crème, aux poivrons et à la tomate.

Le poulet tikka masala

Notre poulet tikka masala, les mêmes blancs en sauce, à la tomate, à la crème et aux épices.

Le blanc de poulet au citron et aux câpres

La même méthode, sans crème : après le vin blanc réduit, 15 cl de bouillon, le jus d'un citron, 2 cuillères de câpres et 40 g de beurre froid montés hors du feu. Une sauce vive et brillante, pour les jours où la crème est de trop.

Questions fréquentes

Comment savoir si le blanc de poulet est cuit sans le couper ?

Au thermomètre à sonde, planté dans la partie la plus épaisse : 68 °C, et on coupe le feu. La chaleur résiduelle finit le travail pendant le repos. Sans thermomètre, la chair doit être ferme sous le doigt mais céder encore légèrement, et le jus qui perle doit être clair, jamais rosé. À 78 °C, il est déjà sec, et rien ne le rattrape.

Faut-il vraiment ouvrir les blancs en deux ?

C'est le geste qui fait la différence. Un blanc de poulet est deux fois plus épais d'un côté que de l'autre : cuit entier, la pointe est sèche quand le cœur est encore cru. Tranché horizontalement en deux escalopes, il cuit en six minutes, régulièrement, et il offre deux fois plus de surface dorée. On peut sinon l'aplatir légèrement entre deux feuilles de papier.

Peut-on la faire sans crème ?

Oui, et c'est même une bonne version. On remplace la crème par 25 cl de bouillon de volaille que l'on réduit de moitié, puis on monte hors du feu avec 40 g de beurre froid en parcelles : la sauce est brillante, nappante et beaucoup plus légère. Une cuillère de fromage blanc ou de yaourt grec hors du feu donne un autre compromis.

Pourquoi ma sauce à la crème tranche-t-elle ?

Deux causes. Une crème allégée, à 15 % de matière grasse, n'a pas assez de gras pour tenir l'émulsion et grène à la première bulle : il faut une crème entière à 30 %. Ou bien la sauce a bouilli, en particulier après l'ajout de la moutarde, qui doit toujours arriver hors du feu. Un frémissement, jamais une ébullition.

Avec quoi le servir ?

Tout ce qui prend la sauce : un riz blanc, des tagliatelles, une purée, des pommes de terre vapeur, ou du pain de campagne grillé. Côté légume, des haricots verts, des épinards tombés au beurre ou une poêlée de courgettes. La sauce étant riche, on garde l'accompagnement simple et peu gras.

Quel vin servir avec ?

C'est la sauce qui décide, pas la volaille. Un blanc rond et souple servi à 10 °C, bergerac ou montravel blanc, épouse la crème sans la couper ; sur une sauce très crémée, un blanc sec plus vif à 9 °C apporte la tension qui relance le palais. Si les champignons dominent et sont bien dorés, un rouge léger servi frais à 15 °C fonctionne. Ni blanc boisé, ni rouge tannique.

Le blanc de poulet est le morceau le plus vendu et le plus maltraité de la volaille : maigre, sans os, sans peau, il n'a aucune réserve de gras pour pardonner deux minutes de trop. Cuit comme une côte de bœuf, il sort sec et fibreux. Cuit comme il faut, c'est-à-dire saisi vivement puis terminé à chaleur douce dans une sauce, il reste blanc, nacré et moelleux. La sauce crémeuse aux champignons est sa version classique, celle du déjeuner de semaine : une poêle, une échalote, un peu de vin blanc, de la crème, une pointe de moutarde, et vingt-cinq minutes en tout.

Les ingrédients, pour 4 : 4 blancs de poulet, soit environ 600 g ; 250 g de champignons de Paris ; 25 cl de crème liquide entière ; 10 cl de vin blanc sec ; 15 cl de bouillon de volaille ; 2 échalotes ; 1 gousse d'ail ; 1 cuillère à soupe de moutarde ; 30 g de beurre ; 1 cuillère à soupe d'huile ; 1 branche d'estragon ; 1 filet de jus de citron ; sel et poivre.

La méthode : blancs ouverts en deux dans l'épaisseur, épongés, salés ; saisis 3 minutes par face, réservés ; champignons poêlés à sec puis au beurre ; échalote fondue, déglaçage au vin blanc, réduit presque à sec ; bouillon et crème, 5 minutes à frémissement ; moutarde hors du feu ; blancs remis 4 minutes à couvert, feu coupé ; estragon et citron.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €

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