Gâteau invisible aux pommes démoulé sur une assiette, tranche coupée montrant les dizaines de fines lamelles de pomme empilées et dorées sur le dessus, presque aucune pâte visible, sucre glace, couteau, table de bois clair

Dessert

Gâteau invisible aux pommes : la recette où la pâte disparaît entre les lamelles

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : 60 min
  • Faible
  • 8 parts
  • Facile
  • Automne
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Ingrédients

8 parts

Ustensiles

  • UNE MANDOLINE (L'OUTIL DU GÂTEAU : 2 mm régulières, impossible à obtenir au couteau)
  • DU PAPIER CUISSON (le moule entièrement chemisé : c'est la seule façon de démouler entier)
  • un grand saladier (assez large pour mélanger 800 g de lamelles à la main sans les casser)
  • un fouet (l'appareil battu jusqu'à être parfaitement lisse, avant les pommes)
  • un économe (les pommes épluchées au fur et à mesure, sinon elles noircissent)
  • un moule à manqué de 20 cm (à bords hauts : le gâteau monte à 6 cm)

L'astuce du chef

Pourquoi il est invisible, et ce que cela implique. Un gâteau aux pommes ordinaire compte deux cents grammes de farine pour cinq cents grammes de fruit. Ici, c'est soixante-dix grammes de farine pour huit cents de pommes, soit un rapport inversé. L'appareil n'est plus une pâte mais un liant : il s'insinue entre les lamelles, cuit en un film très fin et les soude. Il n'y a donc presque rien pour tenir le gâteau, ce qui explique toutes les précautions qui suivent, du chemisage au refroidissement complet.

La mandoline n'est pas un luxe, c'est la recette. Les lamelles doivent faire entre un et deux millimètres, et surtout être toutes identiques. Au couteau, on obtient des tranches de trois à cinq millimètres, irrégulières : elles ne se tassent pas, l'appareil trouve des poches où s'accumuler, et le résultat est un gâteau aux pommes ordinaire avec de gros morceaux. À la mandoline, les lamelles se plaquent les unes contre les autres et c'est cet empilement serré qui fait le fondant si particulier.

Trancher directement au-dessus de l'appareil. Une pomme coupée brunit en deux minutes au contact de l'air, par oxydation enzymatique. Plutôt que de citronner, ce qui ajoute une acidité dont on n'a pas besoin, on épluche et on tranche une pomme à la fois, en laissant tomber les lamelles directement dans le saladier, puis on remue avant d'attaquer la suivante. L'appareil les enrobe et les isole de l'air.

Mélanger à la main, et seulement à la main. Huit cents grammes de lamelles fines forment naturellement des paquets collés. Il faut les séparer une à une pour que l'appareil passe partout, et aucune cuillère ne fait cela sans en casser la moitié. On plonge la main, on soulève depuis le fond, on écarte les paquets entre les doigts. C'est le geste le plus long de la recette et c'est celui qui décide de la texture.

Quelles pommes, et lesquelles éviter. Il faut une variété qui tienne à la cuisson sans devenir de la compote : reine des reinettes, boskoop, chantecler, golden. La granny smith donne un gâteau acidulé et très ferme, agréable mais moins fondant. Ce qu'il faut éviter, ce sont les pommes farineuses et très mûres, qui se délitent et rendent trop d'eau. On peut mélanger deux variétés, une qui tient et une qui fond, ce qui donne la meilleure texture.

Le moule chemisé, et pourquoi le beurre ne suffit pas. Un gâteau sans pâte n'a pas de structure propre : il adhère au métal et se déchire au démoulage. Beurrer et fariner ne suffit pas. On tapisse donc le fond et les parois de papier cuisson, en laissant dépasser deux languettes qui serviront à soulever le gâteau entier. Avec un moule à fond amovible, le papier reste utile pour le fond.

Quarante-cinq minutes, et un dessus presque brun. La couleur du dessus n'est pas un accident, c'est le signal : les lamelles du dernier rang caramélisent et forment une croûte fine qui contraste avec le fondant du dessous. Un gâteau sorti blond est un gâteau pas assez cuit, qui sera mouillé au centre. La lame d'un couteau plantée au milieu doit ressortir sans appareil liquide, même si elle est humide de jus de pomme.

Le refroidissement complet fait partie de la cuisson. À la sortie du four, il est encore fragile et se casserait en deux au démoulage. Une heure dans son moule, posé sur une grille, et l'appareil finit de prendre en refroidissant, comme un flan. Il se démoule alors d'un seul tenant en tirant sur les languettes de papier. Le lendemain, il est encore meilleur et se coupe au rasoir.

Les variantes qui tiennent debout. Aux poires, exactement dans les mêmes proportions, avec un peu de chocolat râpé entre les couches. Aux courgettes et au parmesan, en version salée, qui est la deuxième recherche la plus fréquente après la pomme. Aux pêches en été. Aux pommes et au caramel beurre salé versé sur le dessus à la sortie. La méthode ne change jamais : fruit tranché fin, appareil liquide, mélange à la main.

Ce qu'il n'est pas. Ce n'est ni un gâteau aux pommes, ni un clafoutis, ni un far. Sa texture est celle d'un fondant très humide, à mi-chemin entre le gâteau et la compote tenue, qui se mange à la fourchette et parfois à la cuillère. Ceux qui attendent une mie en seront déçus ; ceux qui cherchent un dessert de fruit peu sucré, avec cinquante calories de pâte, l'adopteront définitivement.

Préparation pas à pas

  1. Four à 180 °C ; moule entièrement chemisé de papier cuisson, fond et parois 4 min

    Chemisé partout : sans papier, le gâteau reste au fond.

  2. Œufs battus au fouet avec le sucre, le sel et la vanille, 1 min 2 min

    On ne cherche pas à faire mousser.

  3. Farine et levure tamisées dessus, fouettées jusqu'à disparition des grumeaux 2 min

    La pâte est encore épaisse à ce stade.

  4. Lait puis beurre fondu refroidi versés en filet ; fouettés jusqu'à un appareil très liquide et lisse 2 min

    Beurre refroidi : chaud, il cuirait les œufs et ferait des grains.

  5. Pommes épluchées et tranchées à la mandoline à 2 mm, jetées dans l'appareil au fur et à mesure 15 min

    Dans l'appareil aussitôt : à l'air, les lamelles brunissent en deux minutes.

  6. Tout mélangé à la main, doucement, en soulevant, jusqu'à ce que chaque lamelle soit enrobée 3 min

    À la cuillère, elles se cassent ; à la main, elles se séparent.

  7. Versé dans le moule, tassé du plat de la main pour chasser l'air ; 45 min à 180 °C 46 min

    Le dessus doit être franchement doré, presque brun.

  8. Refroidi complètement dans le moule, 1 h, puis démoulé ; sucre glace une fois tiède 60 min

    Démoulé chaud, il s'effondre : il n'a presque pas de pâte pour le tenir.

Le conseil du caviste

Un gâteau invisible aux pommes, 800 g de lamelles pour 70 g de farine, cuit 45 minutes et refroidi avant démoulage.

Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C, le moelleux de Bergerac, dont le coing et le miel rejoignent la pomme cuite.

Kagoshima, thé vert kuki hojicha japonais à 85 °C, le thé vert grillé du Kyushu, l'accord du goûter, dont le grillé répond au dessus caramélisé.

Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, le crémant demi-sec, pour finir un repas sans ajouter de matière.

C'est un dessert peu sucré, et c'est ce qui change l'accord : la règle qui veut qu'un vin soit toujours plus sucré que l'assiette reste vraie, mais comme l'assiette est ici discrète, avec soixante grammes de sucre pour huit parts et beaucoup de fruit frais, un liquoreux puissant l'écraserait au lieu de l'accompagner ; il faut donc un moelleux mesuré servi à 8 °C, dont les notes de coing, de pomme confite et de miel prolongent exactement le fruit sans le couvrir, et c'est le registre d'un côtes-de-bergerac moelleux bien plus que celui d'un grand liquoreux ; au goûter, où le vin n'a pas sa place, un thé vert grillé infusé à 85 °C répond au dessus caramélisé du gâteau et fait un accord très juste ; et pour clore un repas déjà long, un crémant demi-sec à 7 °C apporte du sucre et de la fraîcheur sans ajouter de poids ; un vin sec paraîtrait aigre, et un liquoreux très concentré ferait disparaître la pomme. C'est la règle des desserts de fruit peu sucrés : du moelleux, jamais du très liquoreux. Le Thenon moelleux, à 8 °C, est le verre du gâteau ; le Kagoshima, à 85 °C, celui du goûter ; et le Tour du Roy demi-sec, à 7 °C, celui de la fin de repas.

À éviter : un vin sec, aigre sur le sucre, et un liquoreux concentré, qui fait disparaître la pomme.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
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Dépannage

On voit la pâte, ce n'est pas invisible

Lamelles trop épaisses. Il faut 1 à 2 mm à la mandoline : au couteau, on obtient 4 mm et l'appareil s'accumule en poches entre les morceaux.

Le gâteau s'est effondré au démoulage

Démoulé chaud. Il n'a presque pas de pâte pour le tenir : 1 heure de refroidissement complet dans le moule, puis on tire sur les languettes de papier.

C'est mouillé au centre

Pas assez cuit, ou pommes trop mûres. Le dessus doit être presque brun, et la lame ressortir sans appareil liquide ; sinon 10 minutes de plus.

Les lamelles sont restées en paquets

Mélangées à la cuillère. On plonge la main et on sépare les paquets entre les doigts, en soulevant depuis le fond.

Les pommes ont noirci

Tranchées à l'avance. On épluche et on tranche une pomme à la fois, directement au-dessus du saladier, et on remue avant la suivante.

Il y a des grains dans l'appareil

Beurre fondu encore chaud versé sur les œufs, qu'il a cuits. On le laisse refroidir avant de l'incorporer en filet.

Conservation & préparation anticipée

Le gâteau se garde 3 jours au réfrigérateur, couvert, et il est meilleur le lendemain : l'appareil a fini de prendre et les tranches se coupent net.

Il se sert frais ou à température, jamais chaud, où il se tient mal ; sorti 20 minutes avant, il retrouve tout son fondant.

Il ne se congèle pas bien : les lamelles de pomme rendent leur eau à la décongélation et le gâteau devient spongieux.

Les pommes tranchées ne se préparent pas à l'avance : elles brunissent en 2 minutes. On les tranche directement au-dessus de l'appareil.

Variantes

La tarte aux pommes

Notre tarte aux pommes, le classique, quand on veut au contraire une vraie pâte dessous.

Le crumble aux pommes

Notre crumble aux pommes, l'autre dessert de pomme sans façon, avec du croquant dessus.

Le gâteau au yaourt

Notre gâteau au yaourt, l'exact inverse : beaucoup de pâte, peu de fruit.

Le gâteau invisible aux courgettes et au parmesan

La version salée, la plus recherchée après la pomme : 800 g de courgettes tranchées à 2 mm, le même appareil sans sucre, 80 g de parmesan râpé et du poivre. Il se sert tiède en entrée ou en accompagnement, et demande alors un blanc sec et rond.

Questions fréquentes

Pourquoi ce gâteau s'appelle-t-il invisible ?

Parce que la pâte ne se voit pas une fois coupé. Là où un gâteau aux pommes classique compte 200 g de farine pour 500 g de fruit, celui-ci n'en met que 70 g pour 800 g de pommes : l'appareil ne forme plus une mie, il s'insinue entre les lamelles et cuit en un film très fin qui les soude. On ne voit donc que des dizaines de couches de pomme empilées.

Peut-on le faire sans mandoline ?

Difficilement, et le résultat n'est plus le même. Il faut des lamelles de 1 à 2 mm toutes identiques : au couteau, même très bien affûté, on obtient 4 ou 5 mm irréguliers, les lamelles ne se plaquent plus les unes contre les autres et l'appareil s'accumule en poches. On retombe alors sur un gâteau aux pommes ordinaire. L'économe peut dépanner sur des pommes coupées en quartiers.

Quelles pommes choisir ?

Une variété qui tient à la cuisson : reine des reinettes, boskoop, chantecler ou golden. La granny smith donne un gâteau plus acidulé et plus ferme. Évitez les pommes farineuses et très mûres, qui se délitent et rendent trop d'eau. Le meilleur résultat vient d'un mélange de deux variétés, l'une qui tient et l'autre qui fond légèrement.

Pourquoi mon gâteau s'est-il cassé au démoulage ?

Parce qu'il était encore chaud. Avec 70 g de farine seulement, il n'a presque aucune structure propre tant que l'appareil n'a pas pris en refroidissant, exactement comme un flan. Il faut le laisser une heure complète dans son moule, sur une grille, puis le soulever en tirant sur les languettes de papier cuisson qui dépassent.

Peut-on le faire salé ?

Oui, et c'est la deuxième version la plus faite : 800 g de courgettes tranchées à 2 mm, le même appareil sans sucre, 80 g de parmesan râpé, du poivre et un peu de thym. Même cuisson, même refroidissement. Il se sert tiède en entrée ou en accompagnement d'une viande blanche, et se boit alors avec un blanc sec et rond.

Quel vin servir avec ?

Un moelleux mesuré servi à 8 °C, côtes-de-bergerac ou rosette, dont le coing et le miel prolongent la pomme cuite. Attention à ne pas prendre trop puissant : le gâteau est peu sucré, et un grand liquoreux l'écraserait. Au goûter, un thé vert grillé à 85 °C répond au dessus caramélisé. En fin de repas, un crémant demi-sec à 7 °C.

Le gâteau invisible est né dans les années 2010 et il a gagné son nom honnêtement : quand on le coupe, on ne voit pas de pâte. Ce qu'on voit, ce sont des dizaines de fines lamelles de pomme empilées les unes sur les autres, à peine tenues ensemble par un voile d'appareil qui a cuit entre elles. C'est un clafoutis retourné, où la proportion habituelle est inversée : neuf dixièmes de fruit pour un dixième de pâte. Il en résulte un gâteau très fondant, à peine sucré, et beaucoup plus léger que sa taille ne le laisse croire.

Les ingrédients, pour un moule de 20 cm : 800 g de pommes, soit 4 ou 5 ; 2 œufs ; 70 g de farine ; 60 g de sucre ; 20 cl de lait ; 50 g de beurre fondu ; 1 sachet de levure chimique ; 1 cuillère à café de vanille ou de cannelle ; 1 pincée de sel ; 1 cuillère à soupe de sucre glace pour la finition.

La méthode : appareil battu, œufs, sucre, farine, levure, sel, puis lait et beurre fondu, jusqu'à ce qu'il soit lisse et très liquide ; pommes épluchées et tranchées à la mandoline à 2 mm, au fur et à mesure, directement dans l'appareil ; tout mélangé à la main pour séparer les lamelles ; versé dans un moule chemisé de papier cuisson ; 45 minutes à 180 °C ; refroidi complètement avant démoulage ; sucre glace une fois tiède.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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