Kaiserschmarrn dans une poêle en fonte, morceaux de crêpe épaisse déchirés et dorés sous le sucre glace, raisins secs, bol de compote de prunes, verre de vin blanc doux, table de bois

Dessert

Kaiserschmarrn autrichien : une pâte à crêpe épaisse montée aux blancs, cuite en une seule galette, déchirée à deux fourchettes dans la poêle et caramélisée au sucre, avec des raisins au rhum

Le Kaiserschmarrn, « la bouillie de l'empereur », est le dessert des refuges de montagne et des cafés de Vienne : une pâte à crêpe épaisse, enrichie de jaunes et montée aux blancs en neige, cuite au beurre en une seule galette haute, retournée, puis déchirée en morceaux à deux fourchettes dans la poêle même, et caramélisée une dernière minute avec une cuillère de sucre et une noix de beurre. Les raisins secs ont trempé dans le rhum. On le sert brûlant, sous une neige de sucre glace, avec une compote de prunes, le Zwetschkenröster. Le déchirer n'est pas une négligence : c'est ce qui multiplie les bords caramélisés.

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 10 min
  • Repos : 1 h de trempage des raisins
  • Économique
  • 4 personnes
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE POÊLE DE 26 CM EN FONTE OU À FOND ÉPAIS (L'OUTIL DU PLAT : une seule galette haute, puis déchirée dedans)
  • deux fourchettes (le déchirage)
  • un batteur (les blancs en neige souple)
  • une maryse (plier les blancs sans les casser)
  • une spatule large (retourner les quarts)
  • une petite casserole (la compote de prunes)

L'astuce du chef

Une crêpe ratée servie à l'empereur, dit la légende. Schmarrn : une bêtise, un rien.

Le dessert des refuges du Tyrol, servi dans la poêle, pour deux. À la cuillère.

Une pâte à crêpe deux fois plus épaisse, enrichie de jaunes. Lisse comme une crème.

Les blancs montés en neige souple, pliés en deux fois. La mie devient aérée, elle gonfle.

Les raisins ont trempé une heure dans le rhum. Parsemés sur la pâte, jamais dedans.

Une seule galette haute, quatre minutes sans toucher. Dessous doré, dessus qui prend.

Coupée en quatre pour la retourner, deux minutes. Une galette entière ne se retourne pas.

Puis déchirée à deux fourchettes, dans la poêle. Jamais au couteau : les bords doivent être irréguliers.

Beurre, une cuillère de sucre, feu vif, une minute. Le sucre caramélise sur chaque arête.

C'est là que naît le goût : dans les bords déchirés. Une crêpe entière ne les aurait pas.

Une neige épaisse de sucre glace, et la compote de prunes tiède. Le Zwetschkenröster.

On ne le laisse jamais refroidir. Froid, il redevient une crêpe.

Préparation pas à pas

  1. Raisins dans le rhum, 1 h ; quetsches, sucre, vanille, cannelle : compote 20 min 20 min

    Les prunes s'affaissent.

  2. Jaunes, lait, farine, sel, sucre vanillé : pâte lisse, épaisse comme une crème 5 min

    Deux fois plus épaisse qu'une pâte à crêpe.

  3. Blancs en neige souple avec 40 g de sucre ; pliés en deux fois à la maryse 5 min

    C'est la différence avec une crêpe.

  4. Beurre chaud dans la poêle ; toute la pâte, 1,5 cm ; raisins parsemés dessus 1 min

    Pas dedans, ils tomberaient au fond.

  5. Feu moyen 4 min sans toucher : dessous doré, dessus qui prend 4 min

    Elle gonfle comme un soufflé plat.

  6. Couper en quatre, retourner chaque quart, 2 min 2 min

    Doré des deux côtés.

  7. Déchirer à deux fourchettes en bouchées ; noix de beurre, 1 c. à s. de sucre, feu vif, sauter 1 min 2 min

    Les bords déchirés caramélisent.

  8. Sucre glace en neige ; servir brûlant avec la compote 1 min

    Froid, il redevient une crêpe.

Le conseil du caviste

Un dessert servi brûlant, caramélisé, avec des raisins au rhum et une compote acidulée.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux à 6 °C, très froid.

Le Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 6 °C.

Le Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 6 °C.

Un dessert chaud se boit glacé. Le Kaiserschmarrn arrive de la poêle, et c'est le contraste qui fait l'accord : un vin doux servi très froid, à 6 °C plutôt qu'à 8, rafraîchit la bouche entre deux cuillerées brûlantes et paraît moins sucré qu'il n'est, parce que le froid endort la perception du sucre. Le même vin à 12 °C serait sirupeux sur ce dessert. On sort donc la bouteille du réfrigérateur au dernier moment, et l'on sert le dessert dès qu'il quitte le feu : deux températures qui se répondent.

À éviter : un moelleux tiède, sirupeux sur le chaud, et un rouge, qui n'a rien à faire sur un dessert de crêpe.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Mon Kaiserschmarrn est plat et dense

Blancs pas montés, ou écrasés. En neige souple, pliés en deux fois à la maryse, et à la poêle aussitôt.

Il est cru au centre

Pâte trop épaisse dans une poêle trop petite, feu trop fort. 1,5 cm d'épaisseur, feu moyen, quatre minutes puis les quarts retournés.

Les raisins sont tous au fond

Mélangés dans la pâte. On les parsème sur la pâte une fois dans la poêle.

Il n'a pas de bords caramélisés

Pas de sucre à la fin, ou coupé au couteau en morceaux nets. Déchiré à deux fourchettes, puis une cuillère de sucre à feu vif, une minute.

Il a brûlé à la caramélisation

Trop longtemps. Une minute, en faisant sauter sans arrêt, et l'on sert.

Il est sec

Cuit trop longtemps, ou refroidi. Douze minutes en tout, et à table aussitôt, avec la compote.

Conservation & préparation anticipée

Le Kaiserschmarrn ne se garde pas : il se mange à la sortie de la poêle, et il redevient une crêpe en refroidissant.

La pâte se prépare 1 h à l'avance, sans les blancs ; on monte les blancs au moment.

La compote de prunes se garde 5 jours au réfrigérateur et se congèle 3 mois.

Un reste se réchauffe à la poêle avec une noix de beurre, une minute à feu vif ; jamais au micro-ondes.

Les raisins au rhum se gardent une semaine dans leur bocal.

Variantes

Kaiserschmarrn aux pommes

Une pomme râpée dans la pâte à la place des raisins : la version des enfants.

Kaiserschmarrn au four

Après le retournement, 5 min au four à 200 °C avant de déchirer : plus gonflé, celui des grands cafés.

Le strudel de la même table

Notre strudel aux pommes.

La crêpe fine, elle

Notre pâte à crêpes inratable.

Questions fréquentes

Pourquoi le déchirer ?

Parce que les bords déchirés, irréguliers, caramélisent au sucre à la fin et font tout le goût. Coupé au couteau, il aurait des bords nets qui ne caramélisent pas.

Pourquoi les blancs en neige ?

C'est ce qui le distingue d'une crêpe épaisse : la pâte gonfle comme un soufflé plat et la mie est aérée, tendre sous la croûte caramélisée.

Faut-il du rhum ?

Pour les raisins, oui, c'est la tradition ; on peut les tremper dans du jus de pomme pour les enfants.

Qu'est-ce que le Zwetschkenröster ?

La compote de quetsches autrichienne, cuite avec vanille et cannelle, servie tiède : l'acidité qui répond au sucre du dessert. Une compote de pommes fait l'affaire.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Non : il se mange à la sortie de la poêle. La pâte sans les blancs et la compote, oui.

Quel vin servir avec ?

Un moelleux très froid, à 6 °C : un dessert chaud se boit glacé, et le froid rend le vin moins sucré en bouche.

La légende veut que l'empereur François-Joseph ait reçu une crêpe ratée, déchirée par un cuisinier nerveux, et qu'il l'ait trouvée meilleure que les réussies ; une autre version dit que c'est l'impératrice Sissi qui refusait les desserts et que l'empereur mangeait les siens. Peu importe : le Schmarrn, en autrichien, c'est une bêtise, un rien, et ce rien est devenu le dessert que l'on commande dans tous les refuges du Tyrol, servi dans la poêle, pour deux.

La pâte est une pâte à crêpe deux fois plus épaisse : 4 jaunes battus avec 25 cl de lait, 120 g de farine, une pincée de sel, une cuillère de sucre vanillé, jusqu'à une pâte lisse comme une crème épaisse. Puis les 4 blancs, montés en neige souple avec 40 g de sucre, sont pliés dedans en deux fois, à la maryse : c'est ce qui fait la différence avec une crêpe, la pâte gonfle à la cuisson comme un soufflé plat, et la mie est aérée. Les raisins secs, 60 g, ont trempé une heure dans 3 cl de rhum ; on les égoutte et on les parsème sur la pâte dans la poêle, pas dedans, sinon ils tombent au fond.

La cuisson se fait dans une poêle de 26 cm, en fonte ou à fond épais, avec 30 g de beurre bien chaud : on verse toute la pâte, d'un centimètre et demi d'épaisseur, on parsème les raisins, et l'on cuit quatre minutes à feu moyen, sans toucher, jusqu'à ce que le dessous soit doré et que le dessus commence à prendre. On coupe la galette en quatre avec la spatule, on retourne chaque quart, deux minutes de plus. Puis vient le geste : avec deux fourchettes, on déchire la galette en morceaux irréguliers de la taille d'une bouchée, directement dans la poêle. On ajoute une noix de beurre et une cuillère à soupe de sucre, on monte le feu, et l'on fait sauter les morceaux une minute : le sucre fond, caramélise sur les bords déchirés, et c'est là que naît le goût, dans ces arêtes dorées et croquantes que jamais une crêpe entière n'aurait.

On sert dans la poêle ou sur un plat chaud, sous une neige épaisse de sucre glace, avec un bol de compote de prunes : des quetsches coupées en deux, cuites vingt minutes avec un peu de sucre, une gousse de vanille et un bâton de cannelle, jusqu'à ce qu'elles s'affaissent, servies tièdes. À défaut, une compote de pommes acidulée. On mange à la cuillère, en piochant, et l'on ne laisse pas refroidir : un Kaiserschmarrn froid redevient une crêpe.

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