Kibbeh libanais frits en fuseaux dorés au grain de boulgour visible, l'un ouvert montrant la coque fine et la farce d'agneau aux pignons

Entrée

Kibbeh : le boulgour ne se trempe presque pas, c'est la viande qui l'hydrate

Un boulgour fin trempé longuement est déjà saturé d'eau : il ne peut plus absorber le jus de la viande, et la coque devient molle et éclate à la friture. On le rince, on l'essore, et c'est la viande qui finit le travail.

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 20 min
  • Repos : 1 h de repos de la coque au réfrigérateur avant le façonnage
  • Moyen
  • 20 kibbeh
  • Difficile
  • Toute l'année
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Ingrédients

20 kibbeh

Ustensiles

  • une passoire fine (le boulgour se rince à l'eau froide puis s'essore à la main, franchement)
  • un robot à lame, ou un mortier (la coque se travaille jusqu'à devenir une pâte lisse, presque collante)
  • un bol d'eau glacée (on y trempe les mains pendant le façonnage : la pâte ne colle plus)
  • une friteuse et un thermomètre (180 °C : plus froid, la coque boit l'huile et se délite)
  • une écumoire et du papier absorbant

L'astuce du chef

Le boulgour fin est un blé déjà cuit. Précuit à la vapeur puis séché et concassé, il se réhydrate en quelques minutes et absorbe environ deux fois son volume.

Trempé, il arrive à saturation. Vingt minutes dans l'eau et il ne peut plus rien absorber : il devient une masse de grains mous qui ne s'accroche à rien.

Or c'est le jus de la viande qu'il doit boire. Ce transfert lie la pâte, la rend homogène et lui permet de s'étirer très fin sans se fendre.

On le rince donc, et on l'essore. Dix secondes à l'eau froide pour retirer la poussière, puis pressé à la main : il doit rester ferme.

Le pétrissage fait le reste. C'est en travaillant longuement le boulgour avec la viande que l'hydratation se fait, sous les mains.

L'eau ajoutée est glacée. Elle hydrate sans réchauffer la pâte : une coque tiède devient collante et se déchire au façonnage.

La viande de la coque est maigre. Le gras s'interpose entre les grains et empêche la pâte de se lier ; il est réservé à la farce, où il est indispensable.

Une heure de repos au froid change tout. Le boulgour finit d'absorber tranquillement et la pâte devient beaucoup plus docile.

Les mains restent dans l'eau glacée. C'est le seul moyen de façonner une coque de quelques millimètres sans qu'elle colle.

La farce entre froide. Chaude, elle ramollit la coque de l'intérieur et le kibbeh s'ouvre dans l'huile.

180 °C, par petites quantités. Plus froide, l'huile laisse la coque s'imbiber avant qu'elle ait durci, et le fuseau se délite.

Préparation pas à pas

  1. RINCER LE BOULGOUR ET L'ESSORER, sans le tremper 5 min

    À l'eau froide, dix secondes, puis pressé à la main. Il doit rester ferme : c'est sa capacité d'absorption qu'on préserve.

  2. Pétrir boulgour, viande maigre et oignon râpé 15 min

    Longuement, jusqu'à une pâte lisse et homogène. C'est le jus de la viande qui hydrate le grain, sous vos mains.

  3. Ajouter l'eau glacée SEULEMENT si ça se fend 3 min

    Une cuillerée à la fois. Glacée : elle hydrate sans réchauffer la pâte, qui doit rester froide pour tenir.

  4. Reposer la coque 1 h au réfrigérateur 1 h

    Filmée. Le boulgour finit d'absorber et la pâte devient nettement plus souple à travailler.

  5. Préparer la farce : oignons, agneau gras, pignons 20 min

    Revenus jusqu'à coloration, les pignons dorés à part. Refroidie complètement avant de garnir.

  6. Former les fuseaux, les mains dans l'eau glacée 25 min

    Une boule creusée à l'index, garnie, refermée en fuseau pointu aux deux bouts. La coque doit rester très fine.

  7. Frire à 180 °C, 5 à 6 minutes 15 min

    Par petites quantités. Ils doivent être brun doré franc, avec le grain du boulgour bien visible en surface.

  8. Égoutter et servir chauds, yaourt à part 5 min

    Sur papier absorbant. Un yaourt à l'huile d'olive et du citron : le contraste froid et acide fait le plat.

Le conseil du caviste

Le kibbeh est frit, épicé à la cannelle et aux sept-épices, et servi avec du yaourt. Il demande un rouge léger servi frais, ou un blanc vif.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, servi frais, est l'accord le plus juste : son fruit accompagne l'agneau et les épices douces.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 16 °C si vous les servez en plat, avec une salade.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C à l'apéritif, où son acidité coupe la friture mieux qu'un rouge.

La cannelle appelle du fruit : c'est une épice douce et boisée, qu'un vin lui-même boisé rendrait lourde.

À éviter : un rouge tannique et chambré, qui écrase les sept-épices et alourdit une friture.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
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Dépannage

La coque se fend au façonnage

Le boulgour était saturé d'eau. Rincé et essoré, il absorbe le jus de la viande pendant le pétrissage, et c'est ce qui lie la pâte.

Les kibbeh s'ouvrent dans l'huile

Même cause, ou une farce encore chaude qui a ramolli la coque de l'intérieur. La farce entre complètement froide.

La pâte colle aux mains

Elle est trop tiède. On trempe les mains dans l'eau glacée et on garde la pâte au réfrigérateur entre deux fournées.

La coque est épaisse et lourde

Elle n'a pas assez reposé. Une heure au froid la rend beaucoup plus souple et permet de l'étirer à quelques millimètres.

Ils sont gras et mous

L'huile n'était pas à 180 °C. Plus froide, la coque s'imbibe avant d'avoir durci et le fuseau se délite.

La pâte ne se lie pas du tout

La viande de la coque était trop grasse. Le gras s'interpose entre les grains : la coque se fait au maigre, la farce au gras.

Conservation & préparation anticipée

Les kibbeh crus se gardent 2 jours au réfrigérateur, sur un plateau fariné et couverts.

Ils se congèlent 3 mois CRUS, à plat et séparés, et se frient sans décongélation en ajoutant deux minutes.

Frits, ils se gardent 2 jours et se repassent 8 minutes à 180 °C au four, jamais au micro-ondes.

La pâte de coque se garde 24 h au réfrigérateur, filmée, et se retravaille brièvement avant façonnage.

La farce se prépare la veille et doit de toute façon être froide au moment de garnir.

Variantes

Kibbeh bil sanieh

Monté en plat, deux couches de coque et la farce entre les deux, cuit au four. Bien plus simple, et la règle du boulgour ne change pas.

Kibbeh au potiron

La version de carême, sans viande, où le potiron remplace le jus. Le boulgour y est encore moins trempé.

L'autre agneau haché du blog

Même viande, aucun boulgour : nos keftas.

La même friture en boulettes

Où c'est la légumineuse crue qui lie : nos falafels.

Questions fréquentes

Faut-il tremper le boulgour du kibbeh ?

Non, on le rince dix secondes et on l'essore. Trempé, il arrive à saturation et ne peut plus absorber le jus de la viande, qui est ce qui lie la pâte.

Pourquoi ma coque se fend-elle ?

Le boulgour était saturé d'eau et n'a rien absorbé pendant le pétrissage. La pâte reste alors une masse de grains humides qui ne s'accroche à rien.

Quel boulgour utiliser ?

Du boulgour fin, dit numéro 1. Le moyen et le gros ne se réhydratent pas assez vite et laissent une coque granuleuse qui se déchire.

Pourquoi de l'eau glacée ?

Elle hydrate sans réchauffer la pâte. Une coque tiède devient collante et impossible à étirer finement.

La viande doit-elle être grasse ?

Maigre pour la coque, grasse pour la farce. Le gras s'interpose entre les grains de boulgour et empêche la pâte de se lier.

Quel vin servir avec des kibbeh ?

Un Bergerac rouge fruité servi frais à 15 °C, ou un bordeaux blanc sec à 10 °C à l'apéritif, dont l'acidité coupe la friture.

La coque d'un kibbeh est une pâte de boulgour fin et de viande maigre, travaillée jusqu'à devenir lisse et malléable. Le geste qui la rate presque toujours est le plus banal : faire tremper le boulgour comme pour un taboulé.

Un boulgour fin, dit numéro 1, est un blé déjà cuit à la vapeur puis séché avant d'être concassé. Il se réhydrate donc très vite, et il absorbe environ deux fois son volume. Laissé vingt minutes dans l'eau, il atteint sa saturation : il devient mou, gonflé et incapable d'absorber quoi que ce soit d'autre.

Or dans un kibbeh, ce qu'il doit absorber, c'est le jus de la viande. C'est ce transfert qui lie la pâte, la rend homogène et lui permet de s'étirer sans se fendre. Un boulgour déjà saturé reste au contraire une masse de grains humides qui ne s'accroche à rien : la coque se déchire au façonnage et s'ouvre dans la friture.

La méthode tient donc en trois gestes : rincer le boulgour, l'essorer franchement, et le pétrir directement avec la viande. On ajoute seulement, si c'est nécessaire, quelques cuillerées d'eau glacée, qui hydratent en gardant le gras solide.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €

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